jeudi 3 septembre 2015

"Ah si j'étais riche..."


Le cas de Michel Combes est là pour nous le rappeler : les Français n’aiment pas les riches !

Mais qu’est-ce qu’un riche ?

Le revenu mensuel est-il un indicateur ? Non car il faut affiner cette variable en fonction du nombre de personnes composant la famille, du lieu de vie (province ou à Paris), du nombre d’heures de travail nécessaire pour atteindre ce revenu.

Le patrimoine est-il un bon choix ? Difficile. Il faut s’interroger sur sa composition (immobilier ou financier), le temps qu’il a fallu pour le constituer, l’existence d’encours de crédits.

On est toujours plus riche que quelqu’un ou plus exactement, pour rester dans l’esprit français, on est toujours plus pauvre qu’un autre. Suffisamment pauvre pour se dédouaner de l’effort financier complémentaire éventuel à accomplir et à le laisser à son voisin.

S’il est difficile de donner une définition du riche, il y a des catégories identifiées comme extrêmement riches par l’ensemble de l’opinion publique : de riches capitaines d’industrie, des patrons du CAC 40, des héritiers célèbres. Plus rarement des sportifs, des acteurs, des chanteurs… qui parfois gagnent plus que certaines personnalités des trois premières catégories.

Pourtant, plus un pays compte de riches, plus il l’est. Ainsi, les 1% des Français ayant les plus gros salaires règlent 37% de l’ensemble de l’impôt sur les revenus. Cette « participation » permet à 50% des Français de ne pas payer cet impôt. De même, les gros salaires consomment plus et chaque fois l’Etat récupère 20% de TVA. Quand un riche gagne de l’argent en bourse ou sur d’autres placements financiers, il paie un impôt sur les plus-values et de multiples cotisations sociales. Quand un riche décède, même en ayant anticipé sa succession, des droits de successions sont prélevés.

Je vous parle dans ce blog régulièrement de la dette abyssale de la France. C’est parce qu’il y a encore des riches dans notre pays, ce qui rassure le marché, que la France peut continuer d’emprunter à des taux raisonnables.

Sans oublier que pour la quasi-totalité de ces riches, leur fortune est en grande partie composée d’entreprises et donc d’emplois. Enfin il y a ce qu’on ne voit pas : les dons aux œuvres caritatives et ce qui est plus ostentatoire, les fondations pour l’art etc…

Alors arrêtons de malmener nos riches ! Soyons en fiers ! Dans le dernier classement des 10 Français les plus riches, 6 sont à l’origine de leur fortune (cf. mon article sur Piketty).

N'oublions pas.