lundi 21 septembre 2015

Bienvenue en Abistan…


Il est 2 heures du matin. Encore une nuit blanche. Mais cette nuit c’est autre chose. Je suis bouleversé par la lecture que je viens de terminer. J’ai lu d’une traite les 288 pages de « 2084, la fin du monde ».

2084
Boualem Sansal nous emmène en Abistan. L’immense empire dirigé par le prophète Abi, "délégué" de Yölah sur terre, depuis la fin de la grande guerre sainte mortifère, la Char, remportée par les adeptes d’une « forme gravement dégénérée d’une brillante religion ». Le peuple vit, officiellement, dans le bonheur de la foi du dieu unique. En réalité, les sujets d’Abi, amnésiques, obéissants, perpétuellement sous surveillance et sous le joug d’une justice expéditive, n’ont pas le droit de circuler sauf pour participer à d’interminables pèlerinages ou assister à des châtiments publics.

Le personnage central, Ati, a obtenu une autorisation de circuler pour se rendre dans un sanatorium pour soigner sa tuberculose. Pendant son périple, il rencontre Nas, un ethnologue fonctionnaire qui vient de mettre au jour un village antique. Ses certitudes implosent. Il se lance dans une enquête sur l'existence d'un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion…

L’Abistan, c’est Daech en Europe avec l’organisation politico-militaire du IIIème Reich.

Né en 1949, Boualem Sansal vit à Boumerdès, près d’Alger. Son œuvre a été récompensée par de nombreux et prestigieux prix littéraires, en France et à l’étranger.

Son éternel sourire figé sur son visage, Boualem Sansal résume ainsi son livre dans des termes qui rappellent le projet mis en œuvre par Daech : "La peur de Dieu sera plus forte que celle des armes" et "les gens pourront vivre de peu. Ils auront juste besoin de mosquées pour prier, par conviction ou par peur".


L’Abistan c’est notre futur si on ne réagit pas ! Le présent est à la réaction. Le présent est aux réactionnaires !

N'oublions pas.