lundi 14 septembre 2015

Et si Angela Merkel était en train de manipuler l’Europe ?

Angela « la gentille », celle qui était prête à recevoir tous les miséreux de la planète, serait-elle redevenue Angela « la méchante » contre qui les Grecs avaient bataillé ?

En décidant de réinstaurer le contrôle aux frontières, la chancelière prend tout le monde à contre-pied. Certes, l’Allemagne ne peut « accueillir toute la misère du monde » et en quelques jours, les Länder ont accepté sur leurs territoires plus de migrants que ce à quoi s’est engagée la France sur deux ans !
S’agit-il d’une maladresse du chef du gouvernement germanique ? J’ai beaucoup de mal à croire qu’Angela Merkel n’ait pas mesuré l’appel d’air qu’elle offrait par ses déclarations. Mais face à l’inaction des états européens, notamment de la France, et le « rideau de fer hongrois » ayant fait long feu, la n°1 allemande était obligée de sortir de sa tanière. Or, la douloureuse histoire allemande contraignait nos voisins à prendre fait et cause pour les populations déplacées. Aussi, à grand renfort médiatique, ceux-ci montraient ostensiblement leur sens de l’hospitalité. L’Allemagne était devenu irréprochable, insoupçonnable. Au passage, Angela faisait accepter sa politique des quotas.

Avec une maîtrise parfaite du calendrier, l’Allemagne, victime présupposée de sa générosité, fermait ses frontières, la veille de la réunion des ministres des affaires étrangères et de l’intérieur européens. La chancelière rend ainsi un accord nécessaire et obligatoire dont elle conduira la négociation.
Affichant un succès économique exemplaire, victorieuse des dernières élections et à l’initiative sur tous les dossiers européens depuis 2012 (Crimée, Grèce…), la chancelière, débarrassée de son principal rival, Nicolas Sarkozy, se présente comme le leader incontesté de la zone euro. Soixante-dix ans après, l’Allemagne a obtenu sa revanche.

N'oublions pas.