mardi 3 novembre 2015

Affaires contre affaires: existe-t-il deux poids deux mesures dans la presse française ?


Il est étonnant que l'on connaisse tout des affaires dans lesquelles on tente de "mouiller" l'ancien chef de l'Etat, et que la presse se fasse plus discrète sur les affaires du président de la République.

Certes, ces derniers jours a été évoquée "l'affaire Thomas Fabius". Mais sans plus. Quel écho aurait trouvé dans la presse la même affaire si elle avait concerné Louis Sarkozy ?

Qui se souvient : 

1/ du fils de Marisol Touraine, ministre des affaires sociales, qui a été incarcéré à la Santé ? Les ennuis judiciaires du frère de Rachida Dati ont fait les beaux jours de "Voici" et les choux gras des journaux dit "sérieux" (le Point, le Monde, 20minutes...) et continuent d'occuper la première page de Google.

2/ d'une longue enquête  Médiapart qui accuse un conseiller de François Hollande d’avoir été rémunéré 12 500 euros en 2007 par un laboratoire danois, Lundbeck, alors qu’il travaillait à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Si la prise illégale d’intérêt est caractérisée, il risque deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.

3/ de la révélation du journal Le Monde concernant Jean-Jacques Augier, trésorier de François Hollande pendant la présidentielle, actionnaire de deux sociétés offshore dans les îles Caïmans. Une pratique pas forcément illégale mais qui fait mauvais genre.

4/ de la mort de René Teulade, suppléant de François Hollande à l'Assemblée nationale dans les années 1990, ce qui épargnera au président de se présenter devant la cour d’appel de Paris où il était cité comme témoin dans une affaire d'abus de confiance

5/ de Gérard Dallongeville, ex-maire PS d’Hénin-Beaumont (condamné pour 18 détournements de fonds publics, 11 délits de favoritisme, 6 usages de faux et une corruption passive) qui assure que l’état-major du PS n’ignorait rien des combines de sa fédération. Le chef de l’Etat a également été cité comme témoin.

6/ de Faouzi Lamdaoui, le conseiller “égalité et diversité” de François Hollande, qui est accusé de recel d’abus de biens sociaux et de fraude fiscale. Lamdaoui aurait été “gérant de fait” de deux sociétés – Alpha Distributions et Alpha (devenue Cronoservice) – et aurait touché des rémunérations élevées, non déclarées au fisc d’après l’Express.

7/ de l'ancienne ministre de la francophonie Yamina Benguigui (mai 2012 - mars 2014), citée à comparaître devant un tribunal correctionnel, soupçonnée d'avoir fait des déclarations de patrimoine et d'intérêts incomplètes lorsqu'elle était au gouvernement.

8/ de Kader Arif, ministre délégué puis secrétaire d'Etat aux anciens combattants (mai 2012-novembre 2014), dont les membres de la familles sont soupçonnés d'avoir été avantagés dans l'obtention de marchés publics dans la région de Toulouse et avec le ministère de la défense par son entremise.

9/ de Thomas Thévenoud accusé de ne pas avoir payé ses impôts pendant trois ans, au moins à partir de l'exercice fiscal 2012.

10/ de Jean-Marie Le Guen accusé par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) d'avoir sous-évalué son patrimoine immobilier dans sa déclaration de patrimoine. Après échange avec la HATVP, le secrétaire d'Etat a corrigé sa déclaration.

Je vous fais cadeau des Guérini, Navarro, Kucheida, Andrieux… nombre de barons socialistes aux prises avec la justice. 

N'oublions pas.