jeudi 26 novembre 2015

Le double jeu de la Turquie



Le très grave incident, qui s’est produit en début de semaine entre la Turquie et la Russie, rend peu probable la constitution d’une grande coalition internationale contre Daesh.

Membre de l’OTAN, aspirant à intégrer la Communauté européenne, la Turquie, par sa situation géographique, devrait être engagée à fond dans la lutte contre l’Etat islamique. C’est maintenant qu’elle doit montrer son utilité à l'Europe !

Mais la priorité d’Ankara n'est pas de combattre les djihadistes. Son objectif est, avant tout, de contenir les kurdes de Syrie, de peur de voir se créer à la frontière une région autonome dominée par le PKK. Quand à une participation à une éventuelle coalition internationale, elle est soumise à la condition que, une fois Bachar el Assad destitué, le nouveau régime réponde favorablement à ses propres intérêts. On voit là un terrain de désaccord entre le président Erdogan et le président Poutine, ce dernier n’étant pas prêt à lâcher (sans condition) le dictateur syrien.

Il est temps de cesser de faire croire à la Turquie qu’elle intégrera un jour l’Union européenne. Il est temps de dénoncer le double jeu d'Ankara. La dérive autoritaire du régime d’Erdogan et les déclarations intempestives du président turc sur l'égalité hommes-femmes qui serait « contre nature », ou bien sur l'Amérique qui aurait été découverte par des musulmans, éloignent encore plus Ankara de la vieille Europe.

N'oublions pas.