mercredi 28 décembre 2016

Berlin marque la failite du traitement des flux migratoires: arrêtons avec l'angélisme !

Par Laurent SAILLY


L'affaire du terroriste de Berlin, débouté mais non expulsable, traduit la faillite de nos dispositifs de traitement des flux migratoires. L'asile est devenu une voix légale pour l'immigration illégale, sans que de véritables mesures de contrôles et de régulation soient mises en place.


La France continue de voir le nombre de demandeurs d'asile augmenter. Le seuil des 100.000 demandes d'asile a été franchi en 2016. Là où le système a totalement dérivé, c'est qu'il n'y a quasiment plus de distinction entre les réfugiés auxquels nous devons protection - ce qui est notre honneur - et les déboutés du droit d'asile qui usent et abusent de notre générosité. Ceux-là pourtant n'ont pas leur place en Europe et en France et doivent être renvoyés dans leurs pays d'origine.

La Cour des comptes a rappelé que le taux d'éloignement chez nous ne dépasse pas 5 à 7 %. En clair: neuf déboutés sur dix restent en France. Or ils sont 40.000 à 50.000 par an !

Il faut en finir avec l'angélisme:
1. Le temps de placement en rétention doit passer de 45 jours à dix-huit mois, comme en Allemagne.
2. Il faut limiter la procédure de dépôt des demandes d'asile aux sept premiers jours à compter de l'entrée sur le territoire. 3. Il faut supprimer le caractère suspensif des recours.
4. Il faut mener une action diplomatique très forte vis-à-vis de certains pays pour qu'ils délivrent des visas de retour à leurs ressortissants en situation illégale dans notre pays.

En matière d'immigration, les bons sentiments conduisent à des drames et le message d'accueil de l'Allemagne, suivie docilement par la France, a accentué le nombre de morts en Méditerranée au lieu de le faire reculer.

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mardi 27 décembre 2016

Le salafisme est la vitrine politique du djihadisme : il faut l’interdire et le combattre !



L'unité nationale la seule riposte politique adéquate, précisément parce que les terroristes cherchent à faire vaciller la République. Nation, Patrie et République s’inscrivent en lettres d’or dans cette recherche d’unité.

La Nation, c’est le peuple qui partage une seule et même terre. La Patrie, le pays des pères, c’est la terre pour laquelle on est prêt à se sacrifier. La République est le régime politique qui unifie Patrie et Nation. En faisant référence à « nos ancêtres les Gaulois », Nicolas Sarkozy ne faisait rien d’autre que de rappeler l’origine de la terre partagée par les Français (la Nation). La République ne joue pas son rôle unificateur en refusant de reconnaître les origines gallo-romaines de la Patrie, ni les origines chrétiennes de la Nation.

La lutte contre le terrorisme djihadiste (et donc le salafisme) passe par une clarification politique  (et constitutionnelle) des origines de la France, et par une offensive militaro-policière des réseaux du radicalisme islamiste.






vendredi 23 décembre 2016

Terrorisme : Et si on leurs pétait la tronche ?

©Laurent SAILLY, pour Méchant Réac ! ®

J’en ai marre des mots compatissants des politiciens à chaque attentat : refuser l’amalgame, ne pas céder à la violence ou à la peur... Les Européens ont-ils encore la volonté de réagir ? Planqués derrière leurs acquis, vont-ils disparaître comme un autre temps l’Empire Romain ? A quel point nos libertés ont-elles été vendus au Qatar ou à l’Arabie Saoudite ?

Depuis le 11 septembre 2001, c’est près de 30.000 attentats commis au nom de l’islam. Il est temps de réagir et de combattre tous ceux qui exècrent la démocratie, le christianisme, la liberté. Il faut s’interroger sur quarante ans de politique migratoire, sur la place de l’islam dans nos sociétés. Rien ni personne ne peut justifier un assassinat. Encore moins dans un pays comme le nôtre où la liberté d’expression est totale.

Le courage politique est partout absent : chez les hommes politiques comme chez les électeurs. On exporte la guerre pour défendre les libertés au Mali, en Syrie, en Lybie… Mais qu’attendons-nous pour riposter là où nous sommes attaqués, c’est-à-dire sur notre territoire national ?

Tout le monde veut la paix. Mais nous n’avons pas su préparer la guerre pour assurer cette paix. Nous sommes maintenant en guerre. Il faut l’accepter et réagir. Nous n’avons pas à porter une quelconque culpabilité. Nous avons fait des erreurs, nous avons été à l’origine de drames. Mais aujourd’hui nous sommes dans le « camp des gentils ». La morale et le droit sont de notre côté. Je veux rester dans le « camp des gentils ». Une chose est certaine, je ne serai pas dans le « camp des couillons ». Je suis un combattant et si je dois mourir de la violence aveugle de ces dingues se sera les armes à la main.

Les peuples européens, et les Français en particulier doivent faire face à l’ennemi. Une grande partie des médias, nourris à l’islamo-gauchiste, mettent en garde contre les politiques sécuritaires nécessairement liberticide. Entre la liberté et la vie, je choisis la vie. Entre la soumission et la mort, je choisis la mort.

Avant de vouloir rétablir le droit à l’étranger, faisons le ménage dans nos banlieues. Libérer Mossoul ou Alep est une mission honorable ; mais libérons ces millions de Français de toutes origines aux mains de petits caïds sans foi ni loi à Grigny, Mantes-la-Jolie, la Grande Borne etc… Libérons ces territoires avec les forces légales et sous l’égide la République pendant qu’il est encore temps.

Les Français ont les hommes politiques qu’ils méritent : lâches, égoïstes, nombrilistes. La France ne tiendra pas encore très longtemps. Déjà les mouvements et les cellules d’extrême-droites se réveillent. La France est au bord de la guerre civile. Il faut éviter à tout pris cette situation. Pour tout le monde. La réaction c’est maintenant. Demain il sera trop tard et il n’y aura plus que des larmes et du sang !

jeudi 22 décembre 2016

Le "fourre-tout" des organigrammes de campagne...

Le "fourre-tout" des organigrammes de campagne...

La constitution d’une équipe de campagne est un véritable « casse-tête » pour le candidat et pour ses proches. Sa composition constitue un « signal » adressé à l’intérieur de son propre camp comme à l’extérieur.

L’équipe de campagne doit non seulement intégrer des proches mais également faire suffisamment de place à des ex-concurrents ou à des membres de sensibilités opposées pour éviter les « couacs ».

Il lui faut aussi des compétences, ne serait-ce que pour affiner le projet au cours de la campagne ou pour répondre aux attaques de l’adversaire.

Or, à force d’associer le plus grand nombre, elle ressemble vite à une armée mexicaine. Il appartient donc au candidat de trouver le bon format quitte à constituer de façon informelle, une cellule plus restreinte chargée du pilotage quotidien des opérations.

Plusieurs postes, exposés médiatiquement, peuvent donner une première idée de la logique qui l’a emporté au moment de la composition, à commencer par celui de « directeur de campagne ».

La composition de l’équipe de campagne de Marine Le Pen est l’exemple type de ce qu’il faut faire. Pour muscler sa campagne, la candidate frontiste s'est dotée d'un comité stratégique composé de 34 cadres frontistes. « On ne sera pas nombreux. Marine Le Pen ne souhaite pas un comité trop large », expliquait Jean-Lin Lacapelle, l'important secrétaire national aux fédérations et à l'implantation. Les 34 cadres sont aux ordres du directeur de campagne David Rachline.

Rassemblement. Dans cette équipe on y trouve les proches de FlorianPhilippot, vice-président en charge de la stratégie du FN (Sophie Montel, Gaëtan Dussausaye). La présidente a pris soin de faire place à quelques très proches (Louis Aliot, Catherine Griset, Éric Domard, Jean-Lin Lacapelle). La vieille garde du parti est là pour rassurer la vieille base militante (Bruno Gollnisch, Wallerrand de Saint-Just, Joëlle Mélin, Jean-Michel Dubois, ou l'eurodéputé Jean-François Jalkh). Le rassemblement va jusqu’aux anciens mégrétistes, l'aile droite du parti (Nicolas Bay, Bruno Bilde).

Les experts. Talon d’Achille du parti, l’équipe de campagne cumule les  cautions économiques (Bernard Monot, Thibault de la Tocnaye, Jean-Richard Sulzer et l'économiste Philippe Murer). Les spécialistes de l'international, rôle fondamental d’un président de la République, ne font pas défaut (Ludovic de Danne ou Jean-Luc Schaffhauser).

Enfin, pour crédibiliser les possibilités de victoire au second trou de la présidentielle, on fait appel aux « héros des récentes élections » (Steve Briois, maire d'Hénin-Beaumont, JulienSanchez, maire de Beaucaire et Stéphane Ravier, sénateur-maire du 7e secteur de Marseille). L'étoile montante la députée du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen occupe une place à part.


A contrario, l’équipe de François Fillon est typiquement l’exemple d’armée mexicaine. Au total, pour l'instant, ce sont 123 postes qui ont été créés autour du candidat à la présidentielle. On voit difficilement comment celle-ci pourrait correspondre « à une volonté politique de rassemblement et à une volonté d’efficacité opérationnelle » (Sébastien Lecornu, proche de Bruno Le Maire, devenu directeur général adjoint de la campagne). La direction de la campagne, toujours assurée par Patrick Stefanini, est complétée par le juppéiste Vincent Le Roux, au poste de conseiller.

Rassemblement. Les perdants (NathalieKosciusko-Morizet, Jean-Francois Copé ou Jean-Frédéric Poisson, Bruno Le Maire) trouvent une place en fonction de la qualité de leur soutien. Absents dans le nouvel organigramme du parti, les proches d’Alain Juppé (Benoist Apparu, Hervé Gaymard, Gilles Boyer, Jean-Pierre Raffarin et Valérie Pécresse) et de Bruno Le Maire (Sébastien Lecornu, Thierry Solère) font un retour en force. Les sarkozystes sont également dans l’équipe (Laurent Wauquiez, Gérald Darmanin, Christian Jacob, Frédéric Péchenard et Eric Ciotti). Un « conseil stratégique de 45 membres » y pourvoi.

Elargissement. Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, et le président des députés UDI, Philippe Vigier, sont dans l'organigramme ainsi que deux représentants de Sens commun (Christophe Billan et Madeleine de Jessey), mouvement opposé au mariage homosexuel, qui a soutenu la candidature de M. Fillon.Cette équipe déjà très large sera encore complétée par de nouveaux noms en janvier.

Y seront nommés de nouveaux orateurs nationaux et des responsables thématiques.

En revanche, les femmes sont peu nombreuses au sein de l’équipe de campagne de François Fillon. La députée LR des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer a été écartée du porte-parolat.

Le noyau dur. Entre les conseillers politiques, les conseillers stratégiques et les différents pôles de compétence, difficile de s'y retrouver. Et c'est évidemment une équipe de six personnes, composée des fillonistes de la première heure, qui va être le moteur de cette grosse machine.

Pour les ténors d'un futur gouvernement Fillon, il faudra en revanche attendre. Patrick Stefanini a assuré que ce n'était absolument pas d'actualité. Révéler le nom de ses "principaux ministres" quatre mois avant la présidentielle fait pourtant partie des promesses de campagne du candidat Fillon au cours de la primaire.

La stratégie des candidats à la primaire de la Belle Alliance Populaire organisée par le PS est tout autre. D’une part, il s’agit d’une équipe provisoire appelée soit à disparaître, soit à être remodelé dès la fin janvier. D’autre part, elle répond (en tout cas les deux équipes connues à ce jour) à une volonté de faire passer un message politique.

Ainsi, l’équipe pléthorique de Vincent Peillon, candidature improvisée, affirme : « Non, je ne suis pas seul ! ». Six porte-parole coordonnés par deux personnes et un comité politique touffu, c’est une centaine de personnes qui gravitent autour de l’ancien ministre, pour seulement un petit mois de campagne. Beaucoup d'élus parisiens, dans le sillage de la maire Anne Hidalgo, ont intégré cet organigramme (Bruno Julliard, George Paul-Langevin, Rémi Féraud, Christophe Girard, Catherine Baratti-Elbaz, Colombe Brossel, Sarah Proust, Afaf Gabelotaud, ou encore Emmanuel Grégoire) et quelques élus « hollandistes » orphelin (Julien Dray et Kader Arif en tête).

A titre de comparaison, l’équipe de campagne de Manuel Valls, soutenu par une dizaine de ministres, compte 19 personnes. Le message est clair : expérience et efficacité sont rassemblées autour de l’ex-premier ministre pour poursuivre l’action du gouvernement Valls. Cependant, avec 8 porte-paroles, l’intelligibilité du discours risque d’être brouillé.

Tous les candidats appellent à a formation d’un gouvernement resserré et à réformer le mille-feuilles administratif français. Cette réforme semble compliquée tant qu’il y aura autant de monde à récompenser !

dimanche 18 décembre 2016

Marina Foïs : une réflexion au niveau de la « Foïs sceptique »

Par Laurent SAILLY

Les médias doivent-ils encore donner la parole à Eric Zemmour, dont les idées et les propos défraient régulièrement la chronique ? C'est la question que s'est posée Marina Foïs lundi soir sur le plateau du "Gros Journal" de Mouloud Achour sur Canal+. "J'en veux beaucoup aux médias qui donnent trop la parole aux gens qui portent un discours de merde et qui sortent des bouquins débiles pour véhiculer de la merde", explique-t-elle en référence à l'auteur du "Suicide français". S’arrête là sa réflexion sur la liberté d’expression. N’est pas Voltaire qui veut.

"La pensée merdique, c'est comme l'humidité, ça pénètre, ça infuse", poursuit la comédienne, expliquant qu'il faut "absolument empêcher l'infusion". Marina Foïs invoque sa volonté de "protéger (ses) enfants", estimant qu'il y a "des pensées qu'ils n'ont pas besoin de connaître". La vulgarité est généralement la figure de style de ceux qui n’ont pas d’arguments. Car on ne sait pas ce qu’elle reproche à Zemmour. Quant à ses idées (est-ce d’ailleurs le terme ?) Elle nous gratifiera d’un « L’immigration est une chance. » Original… Elle aurait pu ajouter que la guerre « c’est pas beau » et que la famine « c’est triste ». Marina Foïs n’est pas Simone Signoret non plus.

Elle est ensuite revenue sur ses trois participations (en 2007, 2009 et 2010, ndlr) à "On n'est pas couché" du temps où Eric Zemmour était chroniqueur dans l'émission. "Pourquoi je ne me suis jamais levée ?, s'agace-t-elle. Pourquoi on est si soumis ? C'est ça ma question !". Pourquoi ? Peut-être que Marina Foïs fait passer ses intérêts économiques avant ses principes idéologiques. Je ne lui reproche rien, seulement de ne pas avoir le courage de ce Zemmour qu’elle méprise tant. On ne peut pas tous être Jean Moulin.

Tout de même, le miracle survient puisque Marina Foïs se déclare "complètement coupée du monde" et se gratifie d'être "un bobo bisounours". En fait, il serait plus juste de dire « bobo-débilo-gaucho-bisounours ». Car elle déclare « Noël dure trop […] j’éradiquerais cette date ultra facilement. » Christianophobe Marina ? je n’ose y croire, mais qu’aurait-on dit si la déclaration portait sur l’éradication de « l’Aîd » ! Marina Foïs est pour la mixité sociale, même si elle n’a pas fréquenté les immigrés dans sa jeunesse puisqu’elle vivait dans « une banlieue de profs » (sic) où « on n’était pas mélangés ». Je ne pense pas qu’elle vive aujourd’hui en banlieues difficiles. Dernière « réflexion » « Si on décide de déposer notre cerveau et réagir avec nos tripes, on ne va pas s’en sortir… » En tout cas ce soir-là elle avait déposé son cerveau comme elle n’avait pas su sortir ses tripes chez Ruquier pour marquer son opposition au polémiste. Ce n'est pas facile d'être Zemmour.

Invitée du Journal Inattendu, elle a une nouvelle révélation : "Je trouve pathétique de faire commenter la politique à des acteurs. ". Pathétique Marina Foïs ? On aura au moins été d’accord une fois.

jeudi 15 décembre 2016

Manuel Valls : « Candidat à la présidentielle cherche responsable de la communication. Urgent ! »  



Manuel Valls se perd dans sa communication sur le fond comme sur la forme.

Sur le fonds, Manuel Valls semble ne pas toujours être de son avis pour paraphraser le poète Paul Valéry (« Je ne suis pas toujours de mon avsi »).

En quelques jours, l'ancien Premier ministre est passé de "Ma candidature est une révolte" à "une force tranquille". Pour cela, Manuel Valls va avoir du boulot.

Depuis son entrée au gouvernement, Valls s'est construit un personnage de dur. Il répétait en boucle les mots « fermeté » et « autorité ». Il était prêt à déchirer la majorité pour faire passer la loi travail, la déchéance de nationalité, expulser une collégienne, Léonarda Dibrani, ou faire passer la loi Macron. Aujourd’hui, il clame vouloir rassembler la gauche pour la primaire de la Belle Alliance Populaire de janvier prochain plaçant sa candidature sous le signe du « rassemblement, de la conciliation et de la réconciliation ». Lui qui a été si souvent accusé de «cliver», qui avait pointé "la gauche passéiste, celle qui s'attache à un passé révolu et nostalgique, hantée par le surmoi marxiste et par le souvenir des Trente Glorieuses" (interview à "L'Obs", le 22/10/2014) ou les "positions irréconciliables à gauche" (réunion publique avec ses partisans à Corbeil-Essonnes en Essonne, le 15/02/2016), joue désormais la carte de l'unité avec comme slogan : «faire gagner tout ce qui nous rassemble».

Alors qu’en deux ans, l’ancien premier ministre a dégainé six fois le 49.3, il déclare (sans rire) vouloir le supprimer « purement et simplement » le jugeant « trop brutal » (France Inter). Pourtant, le 6 mai dernier, à l'heure où l'ombre du 49.3 planait autour du palais Bourbon faute de majorité pour faire adopter la loi Travail, Manuel Valls déclarait sur Public Sénat qu'il ne fallait « jamais renoncer à un moyen constitutionnel ». Une fois celui-ci dégainé, le premier ministre justifiait le 26 mai sur RMC que le 49.3 représentait « tout l'inverse d'un passage en force» et voyait dans son utilisation «un acte démocratique ». Cocasse. Ce n’est pas la première fois que Valls change d’avis sur le 49.3. Lors d'un débat parlementaire sur la réforme constitutionnelle souhaitée par Nicolas Sarkozy, Manuel Valls avait alors déposé un amendement pour « une réforme ambitieuse [qui] devrait au moins interdire tout recours à l'article 49.3».

Sur la forme aussi le message se disperse. A croire qu’il a relu entièrement le « Becherel ». Passant du style martial au lyrisme, il cumule jusqu’à la nausée, anaphore, épiphore et métonymie (Manuel Valls, discours de candidature à la présidentielle, Évry):

Anaphore - groupe de mots répété en début de phrase: "Je ne veux pas que les fonctionnaires travaillent plus pour gagner moins, je ne veux pas que les déremboursements massifs de médicaments empêchent les plus modestes de se soigner, je ne veux pas que nos enfants aient moins de professeurs, que nos villes et nos campagnes aient moins de policiers ou de gendarmes, je ne veux pas que l'on casse notre sécurité sociale, l'hôpital public, que nos aînés aient moins de protection, et que les salariés attendent 70 ans, 70 ans, pour toucher une retraite à taux plein. Ma candidature est aussi une révolte."

Épiphore - groupe de mots répété en fin de phrase : "On nous dit que la gauche n'a aucune chance mais rien n'est écrit. On nous dit qu'elle ne rassemblera jamais, qu'elle en est incapable, rien n'est écrit. On nous dit que l'extrême droite est qualifiée d'office pour le second tour, rien n'est écrit. On nous dit que François Fillon est déjà le prochain président de la République, rien n'est écrit".

Métonymie - remplacer un concept par un autre:"La réussite ne se mesure pas au montant du compte en banque, elle se mesure à la lumière que l'on a dans les yeux et je veux que mes compatriotes retrouvent tous, tous cette lumière dans les yeux".

Manuel Valls va réussir à nous faire regretter Jacques Séguéla !

mardi 13 décembre 2016

"Allô Fillon, pourquoi tu tousses ?"

Par Laurent SAILLY


Ça patauge dans les équipes de François Fillon.

Sur la Sécuritésociale, le candidat de la droite (et du centre) a établi un diagnostic précis, juste et sévère et s’est montré, tout au long de la campagne de la primaire, intransigeant et déterminé.

Son programme tenait en 6 points :

1.    Mettre en place une règle d‘or imposant l’équilibre des comptes

2.    Focaliser l‘assurance publique universelle sur les affections graves ou de longue durée

3.    Suppression u tiers payant

4.    Créer une agence de contrôle et de régulation

5.    Redéfinir les missions de l’Etat en matière de santé

6.    Mettre en place le Dossier Médical Personnel Informatisé

Les attaques viennent de la gauche (qui cherche un sujet sur lequel ils peuvent se mettre d’accord) comme de l’extrême-droite (qui a bien l’intention ainsi de faire oublier les couacs internes).

A gauche, Marisol Touraine, ministre de la santé, accuse François Fillon de vouloir différencier les risques graves, qui seraient remboursés, et les risques mineurs qui seraient à la charge des personnes comporte des risques. Ce serait une “rupture dans le consensus français pour la Sécurité sociale”, “un programme dangereux de retour en arrière qui va fragiliser les classes moyennes, les personnes âgées, les familles”. Marine Le Pen, candidate Frontnational à la présidentielle, a accusé dimanche François Fillon de vouloir "privatiser" la Sécurité sociale pour offrir "un nouveau marché" à "son ami" Henri de Castries, ex-PDG d’Axa. C’est ce qu’elle a affirmé lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.  Avec Fillon, le petit risque médical est un grand risque pour la sécurité sociale précise un article du site du Front National. En réaction à la proposition de François Fillon de ne réserver la sécurité sociale qu'aux affections de longues durées et aux graves affections, un collectif vient de lancer une pétition, mise en ligne sur le site change.org, pour sauver la sécurité sociale. Les syndicats ne sont pas en reste. «En termes de Sécurité sociale, le projet annoncé est très inquiétant, s’est encore alarmé le 8 décembre LaurentBerger, le numéro 1 de la CFDT.

La défense de l’équipe Fillon est brouillonne et certainement pas à la hauteur des enjeux.

« La vérité est qu’il n’y aura pas de déremboursement », assure Bernard Accoyer. Le député Serge Grouard, qui a piloté l’élaboration du programme de François Fillon durant la primaire, se veut aussi rassurant. « Les petits soins et les consultations lambda chez le médecin généraliste continueront d’être remboursés par la Sécurité sociale comme aujourd’hui, détaille-t-il. Et je n’ai jamais reçu de demandes particulières d’Henri de Castries ou de tout autre patron de compagnies d’assurance pour amender le projet de François Fillon sur ce thème. »

Et ce ne sont pas les déclarations de Jérôme Chartier ce lundi matin 12 décembre qui devraient apaiser le débat. La prise en charge des rhumes sera-t-elle toujours remboursée? "Le rhume, ça dépend de quel rhume. Il faut entrer dans le détail", a-t-il répondu. "C'est comme ce qu'on appelle la médecine de confort, c'est quelque chose qui n'est pas défini dans le code de la Sécurité sociale", a-t-il ajouté. "Je ne suis pas médecin, je ne suis pas capable de vous le dire, c'est le médecin qui pourra le dire, un rhume si ça tourne mal, ça peut devenir beaucoup plus qu'un rhume, c'est le médecin qui va le déterminer", a expliqué Jérôme Chartier.

"Je vous demande de ne pas céder aux sirènes de l'immobilisme. Les syndicats sont inquiets, mais vous vous attendiez à quoi?", a lancé M. Fillon, lors de la réunion hebdomadaire du groupe LR à l'Assemblée, selon plusieurs participants. "Ne vous laissez pas impressionner par ces caricatures", a-t-il réaffirmé, ajoutant: "Le redressement national, c'est maintenant et tous ensemble", suscitant rires et applaudissements de son public.

Dans une longue tribune au Figaro, François Fillon semble rétropédaler. "L'Assurance-maladie obligatoire et universelle, pilier de la solidarité, doit rester le pivot dans le parcours de soins dont le médecin généraliste est l'acteur clé", écrit-il ainsi. "Il n'est pas question de toucher à l'Assurance-maladie et encore moins de la privatiser", insiste-t-il. Fini les notions de petits risques et de gros risques, les premiers devant être pris en charge par les complémentaires, les seconds par la Sécu. Fini aussi la distinction entre affections graves et maladies bégnines, dont le remboursement devait répondre à la même logique. Bref, c’est "le panier de soins solidaires", l’un des pans de son projet présidentiel, que l’on trouve toujours en ligne, qui est abandonné. Le principe : focaliser "l’assurance maladie notamment sur les affections graves ou de longue durée, et l’assurance complémentaire sur le reste". "Il revient à la position gaulliste de la Sécurité sociale, je salue cette clarification", a déclaré sur Europe 1 l’ancienPremier ministre, Jean-Pierre Raffarin, qui n’a pas caché la position délicate dans laquelle se trouvait son candidat et validant le retour en arrière de celui-ci. "Ce n'est pas du renoncement. François Fillon n'a pas varié d'un cil", ose Jérôme Chartier devant Jean-Jacques Bourdin (BFMTV mardi matin) différenciant « projet présidentiel » et « programme ».


On reprochait à François Hollande de céder devant la pression de la rue. Une nouvelle étape semble atteinte, à se demander à quoi bon voter. François Fillon n’a pas commencé à avancer qu’il recule déjà : on n’est pas arrivé.

N'oublions pas.