samedi 16 janvier 2016

François Hollande, président de la commémoration française...

François Hollande commémore; Il commémore même à tour de bras. L'actualité historique lui offre de multiples occasions de remplir son agenda du centenaire de la première guerre mondial ou 70ème anniversaire de la seconde (qui risque d'ailleurs de devenir la deuxième) en tête. Puis il y a tous les tristes anniversaires des attentats de 2015. Enfin, il y a les évènements secondaires tel la mort du président Mitterrand ou le bicentenaire de la Caisse des dépôts et consignation. Ajoutez à cela la dizaine de cérémonies des vœux (pour commémorer la nouvelle année) et vous transformez un président de la république en "grand maître des cérémonies"*.

Certes, le devoir de mémoire est important. C'est un moment de recueillement et d'union nationale où se tait les polémiques et les critiques. Mais le devoir de mémoire doit s'ouvrir sur un droit à la compréhension pour les victimes et les citoyens.

Or, depuis les évènements tragiques de janvier 2015, l'accumulation des commémorations diverses empêche l'ouverture de ce droit à la compréhension. François Hollande, spécialiste de l'évitement, cherche ainsi à fuir les questions et ses responsabilités.

Car les victimes des attentats et les citoyens français s'interrogent d'une part pour permettre le travail de deuil de se faire et d'autre part pour que les responsabilités soient miss à jour :

- dans quelle mesure la rupture des relations diplomatiques avec Damas a empêché la collaboration entre services de renseignements français et syrien ? 

- des informations provenant des services secrets marocains ont-elles été ignorées ? Si oui, pourquoi et par qui ?

- pourquoi  les inquiétudes du policier en poste à Charlie Hebdo ou les alertes lancées par certains hauts gradés de l'armée ou de la gendarmerie ont-elles été ignorées ?

- pourquoi l'état d'urgence n'a pas été déclenché dès le début d'année ?

- quelle est la réelle efficacité du plan Vigipirate et du suivi des fameuses fiches "S" ?

- dans quelle mesure les autorités françaises avaient connaissance du foyer de terroristes de Molenbeek en Belgique et de Saint-Denis en France ? et dans les prisons françaises ?

- l'armée française a-t-elle les moyens des missions qui lui sont confiées ? et la police ?

- quelle est la part de responsabilité de certains de nos "alliés" dans le financement de Daesh ? Quelle est notre part de complicité ?

Toutes ces questions doivent obtenir une réponse. Il sera inutile de se cacher derrière une ultime commémoration : début de la bataille de Verdun, 80ème anniversaire du Front Populaire, 250éme anniversaire du rattachement de la Lorraine au royaume de France... et autres "journées" nationales ou internationales.

*Merci à Patrick D. de m'avoir soufflé la formule.