lundi 25 janvier 2016

Nicolas Sarkozy n'a pas tourné la page de la France...



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"La France pour la vie"
our quelqu’un qui est soi-disant hors course selon les sondeurs, la sortie du livre « La France pour la vie » de Nicolas Sarkozy surprend et fait parler ses adversaires qui l’avaient peut-être enterré un peu vite. Il ne s’agit pas de ses Mémoires mais d’un témoignage personnel sur la vision de son quinquennat. L’ancien président de la République ne fait pas son mea culpa mais il présente un inventaire, une autoanalyse de ses erreurs (fait rare de la part d’un homme politique). Ce n’est pas un livre programme, ni une déclaration de candidature mais une réflexion sur l’avenir.

« J'étais trop cartésien, trop anguleux peut-être même trop souvent simpliste. J'avais besoin d'être confronté aux difficultés de la vie pour comprendre et pour apprendre. Avec le recul, je perçois maintenant ce que j'ai pu avoir d'exaspérant pour les autres », avoue-t-il et d’ajouter «je suis resté quelques mois de trop l'homme alors qu'il aurait fallu être immédiatement le président ». Il « [regrette] d'avoir retardé des réformes qui auraient dû être engagées dès les premiers jours » considérant avoir « ouvert trop de sujets ». Un principe doit conduire la parole et l’action politique : « Tout dire avant, pour tout faire après ».

Au JDD, Nicolas Sarkozy explique la genèse de son livre et les trois années qui lui ont été nécessaires : « Il fallait que les choses se décantent. C’est le temps qu’il m’a fallu pour avoir un regard apaisé sur tout cela ». Son but étant de « redonner de l’authenticité à la parole politique. J’aimerais que celui qui lit ce livre se dise : 'Il m‘a vraiment parlé' ». Quant au désamour des Français il déclare : « Vous savez, dans un couple qui divorce, s’ils continuent à s’insulter, c’est au fond qu’ils s’aiment encore… C’est que la page n’est pas tournée. Peut-être que la page n’est pas tournée. »

Il regrette le « casses toi pauvre c… » et l’histoire du yacht de Bolloré qu’il considère comme « une bêtise » pour le premier et « une erreur de jugement incontestable » pour le second. Il estime qu’il aurait dû « aller au bout » de la réforme des 35 heures, de l’ISF et « faire davantage » sur la sécurité, l’immigration.

Sur le temps de travail, le président Sarkozy souhaite que « la liberté devienne la règle ». Il appelle à un « choc de confiance » dans le domaine fiscal. Il souhaite que « si le débat parlementaire devait s’enliser, alors se poserait la question du référendum ».

Concernant sa politique d’ouverture à des personnalités venant d’ailleurs que la droite, Nicolas Sarkozy « referai[t] le choix du rassemblement ». S’agissant de François Fillon, il ne regrette pas de l’avoir nommé à Matignon mais considère avoir « trop souvent pris les silences de François Fillon comme autant d'acquiescements », un trait à ses yeux « caractéristique d'un tempérament plus complexe que je ne l'avais imaginé ».

Nicolas Sarkozy affirme avec justesse avoir « eu raison avant l'heure » sur Schengen, la nationalité, l’identité et de n’avoir « jamais cédé à la rue » sur les réformes engagées.

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