lundi 4 janvier 2016

Subventions aux associations : comme une odeur de clientélisme !

Les dirigeants français (de droite comme de gauche) ont une conception typiquement anti-libérale de la répartition du financement des associations. Ils considèrent que l'argent utilisé par l’état est plus utile à la société que lorsque l'individu ou l’entreprise l'utilise librement dans des choix personnels et en libre arbitre. Cette conception providentielle de l'Etat se répercute sur l'approche de l'impôt. Il faut confisqué l'argent privé à leurs propriétaires qui en ferait, si non, mauvais usage (d'où l'impôt progressif et une pression fiscale importante).

Près de 32 000 subventions ont été versées en 2013 pour un montant total de 1,85 Md€. Que l'Etat subventionne les associations qui œuvrent pour des missions telles que  le travail, l'emploi, la culture, la recherche, l'enseignement supérieur, le sport ne me choque pas. Mais il faut éplucher les 32.000 lignes du tableau contenu dans le tome 3 du "Jaune Budgétaire" pour constater l'approche clientéliste de ces attributions.

Ainsi, plusieurs centaines de millions d'euros sont versées à des associations d'œuvres à caractère social dont les bénéficiaires uniques sont les fonctionnaires. La palme revient au Ministère des finances qui compte dans ses rangs parmi les associations les plus riches. Ainsi, l'ALPAF (association d'aide à l'accession à la propriété réservée aux fonctionnaires de Bercy) s'est vu octroyer une subvention de 26 millions d'euros. Plusieurs dizaines de millions d'euros sont partagés entre l'EPAF (association pour les vacances des fonctionnaires du ministère des finances), l’AGRAF (repas des fonctionnaires du ministère des finances) et l’ATSCAF (sport et culture, association réservée également aux fonctionnaires de Bercy).

Alors pourquoi un tel silence de l'ensemble de la classe politique ? Tout simplement, de droite comme de gauche, un grande majorité de nos dirigeants sont issus de la fonction publique (dont beaucoup du ministère des finances) et bénéficient de ces avantages !

Nous avons là un cas remarquable où nos représentants savent travailler ensemble !

"C.Q.F.D. n° 156"

N'oublions pas.