En dénonçant la "naïveté" belge, Michel Sapin fait preuve de lucidité

"Je ne sais pas s'il faut dire la Belgique en tant que telle mais je pense qu'il y a eu une volonté ou une absence de volonté de la part de certains responsables politiques, peut-être par envie de bien faire, peut-être par sentiment que, pour permettre une meilleure intégration, il faut laisser des communautés se développer, peut-être aussi une forme de naïveté. (...) Mais nous savons, et la France le sait peut-être plus encore que d'autres (...), que ce n'est pas la bonne solution et que lorsqu'un quartier hier, aujourd'hui, est en danger de se communautariser, on doit agir". (Michel Sapin)

La vice-présidente du parti socialiste belge, Laurette Onkelinx, l'ex-ministre de la Ville François Lamy, proche de Martine Aubry, la député PS Chantal Guittet sont tombés sur le pauvre ministre des finances français pour avoir fait preuve de lucidité. Bien que prenant ses distances avec son ministre, le chef du gouvernement déclare néanmoins qu'"on a fermé les yeux, mais partout en Europe et aussi en France, sur la progression des idées extrémistes du salafisme dans des quartiers qui à travers ce mélange de trafics de drogues et d'islamisme radical ont perverti (...) une partie de la jeunesse". Le député LR, Eric Ciotti rejoint d'ailleurs le premier ministre : "Il n'y a pas que les Belges qui ont péché par naïveté, il y a aussi la France", mettant en cause "les comportements d'un certain nombre de municipalités socialistes en France".
Alain Marsaud, député républicain et ancien responsable du parquet antiterroriste, pointe l'inefficacité et la lenteur de la police belge et de ses services de renseignements dans l'arrestation d'un terroriste qui planquait sa barbe sous leur nez.

Comment ne pas penser le contraire ? C'est même pire que de la naïveté. C'est de l'inconscience, de la stupidité. Pire peut être... de la collaboration !

Lors des dernières élections communales belges en 2012, un nouveau venu a fait son apparition sur les listes de certaines communes bruxelloises (Anderlecht, Molenbeek et Bruxelles Ville) : le parti "Islam". La liste Islam a présenté quatre candidats, dont deux ont été élus. 5150 électeurs ont voté pour cette liste : 1833 (soit 2,9 %) à Bruxelles-Ville, 1839 (4,13 %) à Anderlecht, et 1478 voix (4,12 %) à Molenbeek. Ces chiffres montrent le poids électoral réel de ce parti, qui semble être la réincarnation d’une ancienne formation politique (Noor) qui avait échoué jusque là à décrocher un siège dans le scrutin communal.

Il faut être plus que naïf (ou sourd, ou con) pour laisser s'exprimer l'un des dirigeant de cette liste librement sans lui apporter la contradiction ! Redouane Ahrouch, qui évite de serrer la main ou de croiser le regard des journalistes féminines de l’assemblée, présente ainsi son parti : "Nous sommes des élus islamistes mais nous nous sentons avant tout musulmans". Mais il ajoute : "Je suis pour la Charia (...) C’est un combat de longue haleine qui prendra des décennies voire un siècle mais le mouvement est lancé". Et d'expliquer qu' "il faut d’abord sensibiliser les gens en douceur et leur faire comprendre l’avantage d’avoir des dirigeants et des lois islamiques, pour aboutir pourquoi pas, tout naturellement à un état islamique en Belgique".

A l'occasion d'une conférence en octobre 2012, les leaders de cette liste donne leur vision de l'islam: « global, il embrasse tous les domaines de la société », il règle « les lois de l’univers, aussi bien la rotation des planètes, les comportements des gens que le fonctionnement du métabolisme »

Cette naïveté belge s'exprime également dans les déclarations qui vont suivre l'arrestation de Abdelslam et avant les attentats sanglants du 22 mars.
Le 20, pour l'élue écologiste Sarah Turine, en charge de la jeunesse, de la cohésion sociale et du dialogue interculturel à Molenbeek, Abdeslam "n’a pas de soutien dans la communauté molenbeekoise !"
Le 21, Ahmed El Khannouss, premier adjoint à la mairie de Molenbeek modère, sur Europe 1, l'aide qu'il a pu recevoir. "Il n'a bénéficié que d'un soutien très, très restreint",  refusant de voir la population associée au terrorisme. "Les habitants de Molenbeek en ont plus que marre d'être associés, stigmatisés, suite à ce drame du 13 novembre".

Les premières conclusions de l'enquête sur les complicités dont à bénéficier Abdeslam lors de son long séjour à Molenbeek et sur les auteurs des terribles attentats du 22 mars tendent pourtant à prouver (s'il était besoin) que Molenbeek est un nid à terroristes !

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