samedi 27 août 2016

Le débat sur le "burkini" ou le simplisme à la française

© Laurent SAILLY pour Méchant Réac ! ®

Sans hystériser le sujet, reconnaissons qu'il y a bien en France une question de l'islam, faute d'une démonstration convaincante, à travers une évolution suffisante de la culture islamique, de sa compatibilité avec les valeurs de la République. D’autant que la version radicalisée de l’islam revendique un certain nombre de pratiques religieuses qui, sans être interdites ni toujours contradictoires avec la laïcité, deviennent problématiques quand elles s'exercent sur un mode provocateur, agressif, intransigeant

Il revient donc aux musulmans - les démocrates, lucides et effarés - de faire entrer dans le lit de la laïcité une doctrine qui lui est étrangère. Car iI n'y a aucune raison de dispenser la minorité musulmane des contraintes qu'ont eu à subir par le passé les chrétiens et les juifs. Inviter les musulmans à la « discrétion » (Jean-Pierre Chevènement) est la moindre des choses. Dans ce rapport de force, la solidité de la République est à l'épreuve. Sa pente serait de reculer encore. Aux Français réveillés de s'y opposer. L'écrivain Tahar Ben Jelloun demande aux siens (Le Monde, 30 juillet) « de renoncer à tous les signes provoquants d'appartenance à la religion de Mahomet », à moins de « faire nos valises ». C'est en ces termes que le débat se pose.

Mais nous devons aussi repenser à la France et à l'essence de la République en les mettant en perspective dans une histoire et un héritage, de sainte Geneviève à de Gaulle, ou de Jeanne d'Arc au Capitaine Dreyfus. Car la République s'est développée sur le refus, en grande partie, de son passé tant royal que catholique, tant colonial que collaborationniste.

Les « valeurs de la République » sont la voie royale de la sortie de crise. Loin du débat sur le burkini qui fait le jeu d’un côté de l’islam radical et de l’autre des mouvements d’extrême-droite. L’islam agit comme un puissant révélateur de notre propre désarroi de civilisation, ici en Occident. Mais l’islam tel qu’il veut s’imposer en France n'a pas actuellement le moteur culturel nécessaire pour être une fabrique de civilisation et va à l’encontre de la modernité.
L’islam doit faire son autocritique pour entrer dans une phase de transition. Le reconnaissance d’un islam français (car il n’est « ni de France », « ni en France ») passe obligatoirement par l’admission de la primauté culturelle du christianisme constituée à travers des racines gréco-latines.

N'oublions pas.