dimanche 4 décembre 2016

La primaire de la droite et du centre n'est pas un succès populaire

Avec plus de quatre millions de participants, la primaire de la droite et du centre est un succès. Les débats ont été des succès d'audimat. Les réunions publiques ont  fait salles combles.

Pour autant, la primaire de la droite et du centre n'est pas un succès populaire. Ce système de désignation du candidat à la présidentielle se voulait plus démocratique car hors des parties. Le problème essentiel est que cet outil n'a intéressé que les retraités aisés et les urbains à partir de la classe moyenne-supérieure qui ont du temps à consacrer aux enjeux politiques.

Les citoyens français les plus défavorisés, les jeunes non diplômés, les femmes seules avec enfants et les chômeurs entre autres ne se sont pas sentis concernés par se processus de désignation renforçant, certainement leur sentiment d'exclusion.

La guerre des chefs de la droite a été contre-productif pour une catégorie de la population en recherche d'autorité. Les petits accords entre amis de l'après-primaire ont un peu plus encore discrédité la vie politique de notre pays. Comment comprendre que les lieutenants d'un candidat se jettent dans les bras du vainqueur dès le lendemain? La dignité, le courage politique, la conviction des idées semblent relégués au second plan, loin derrière le partage des honneurs et des marocains ministériels. 

Il y a un grand risque qu'au final la droite française est perdue définitivement contact avec ses tranches de la population au profit du Front National. Or si avec près de trois millions de voix, la victoire de François Fillon est incontestable, il ne faut pas oublier que pour devenir président de la République il en faut environ douze millions.

N'oublions pas.