mardi 10 janvier 2017

L'enquête "Noir-Jaune-Blues" éclaire la France "Black-Blanc-Beur"

L'enquête "Noir-Jaune-Blues" éclaire la France "Black-Blanc-Beur"

« De toute la Gaule, les Belges sont les plus courageux » (Jules César, in « Astérix chez les Belges » de Uderzo et Goscinny).


Il me fallait bien débuté par une phrase d’humour pour saluer le courage de nos voisins belges de rendre public l’enquête menée par « Survey and Action » pour la RTBF, le quotidien belge « Le Soir » et la Fondation « Ceci n’est pas une crise » portant sur la perception de la société. Les résultats ne surprennent pas mais ont le mérite d’apporter des éléments chiffrés à un sentiment largement partagé. La limite de cette enquête est qu’elle n’a porté que sur la population belge. Aucun média français, ou institutions gouvernementale française, n’a eu le courage de commanditer une telle enquête. Pourtant, je ne crois pas me tromper en affirmant que les résultats obtenus en France serait proche de ceux de nos cousins belges.

Que nous révèle, ou plus exactement, nous confirme cette enquête:
- 6 Belges sur 10 considèrent que la société est devenue un énorme chaos ou ne correspond plus à eurs attentes, voire la fin d'un système pour la moitié d'entre eux;
- 77% affirment sans détour qu'ils ne se considèrent plus chez eux;
- 1 sur 2 déclare qu'un immigré ne sera jamais réellement Belge même après plusieurs générations;
- pour 74% des gens, la religion musulmane n'est pas tolérante et cherche à imposer son mode de fonctionnement aux autres, six personnes sur dix voientr la communauté musulmane plutôt comme une menace pour l'identité du pays et le même nombre pense que l'Islam n'accepte pas les autres religions;
- 45% soutiennent le gouvernement du premier ministre hongrois Victor Orban de construire un mur pour stopper les migrants et 70% réclament un pouvoir fort. 

A contrario, plus d’un tiers des musulmans vivant en Belgique déclare ne pas apprécier les mœurs occidentales et estiment que les lois de l’islam sont supérieures aux lois belges.

Combien d’entre vous auraient répondu la même chose ? Si oui, êtes-vous (sommes-nous) racistes ? Je ne crois pas ! Pour moi je réponds clairement : NON. Alors la faute à qui ?

Là encore, les réponses de nos amis Belges (faute de questions posées à nos compatriotes) nous éclairent. Depuis plus de trente ans, la souffrance, l’angoisse et l’inquiétude des peuples européens sont traités avec mépris par nos dirigeants successifs. Mépris idéologique pour certains, mépris d’ignorance pour d’autres. Certes, les défis qui se présentent en ce début de XXIème siècle sont d’une incroyable complexité. Mais c’est là que nos représentants doivent faire la différence. Sont-ils des hommes d’état ou de simples hommes politiques ? Tout le monde n’a pas la carrure d’un président. Ce n’est pas grave, nous avons besoin de tout le monde. Mais la prolifération des candidats à la présidentielle marque bien ce nombrilisme politique ?

Qui saura redonner confiance à ce  français qui a largement perdu confiance dans les institutions qui composaient jusque-là les armatures de la société et qui voit, d’autre part, s’évaporer sa confiance dans les valeurs qui guidait sa vie. Qui saura améliorer sa vie ?

La France “Black-Blanc-Beur” est une foutaise publicitaire qui n’a jamais existé. La preuve ? Souvenez-vous de 2002: quatre ans après, cette soi-disante France explosait aux yeux du monde politique qui ne sauva sa peau qu’au prix d’une alliance contre-nature. Il y a un problème avec le immigrés et plus spécialement avec les musulmans. Il faut le reconnaître si on veut affronter le défi. Il faut tirer des conclusions de trente ans de la théorie du “vivre-ensemble” qui ne fonctionne pas. Il faut reconnaître l’échec du multiculturalisme et de la mixité sociale, si on veut avancer.
Cela demande une véritable réforme pour les partis, les syndicats, mais plus globalement tous ceux qui croient aujourd’hui encore détenir une part de ce pouvoir visiblement rejeté, décrié, délégitimé. Mais cela exige aussi des citoyens qu’ils ne soient pas que dans la plainte et le regret du bon vieux temps, qu’ils croient à la force et la puissance de leur mobilisation et de la prise en main créative, revendiquée et habitée de leur destin.