dimanche 12 février 2017

Français, vous n’êtes vraiment pas sérieux !

Par Laurent SAILLY

Nous risquons d’assister à un paradoxe politique dont seule la France a le secret. Si François Fillon est mis en examen, le candidat de la droite pourrait être Alain Juppé, si l’on en croit certains. Le paradoxe ? On va refuser à un candidat « présumé innocent » la possibilité de se présenter pour le remplacer par un candidat « jugé coupable » (2004, affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris).
Une large majorité des Français seraient favorables à une inéligibilité à vie des élus condamnés, selon un sondage OpinionWay pour l’association Powerfoule.org en 2014.

Mais si vous ne voulez pas d’élus condamnés, ne votez plus pour eux !

Condamné en mai 1996 à quinze mois de prison avec sursis, 200.000 francs d’amende et deux ans d’inéligibilité pour avoir fait travailler pour son compte trois employés municipaux, Patrick Balkany est réélu maire de Levallois-Perret dès le premier tour en 2002.
Maire de Béthune de 1977 à 1996, Jacques Mellick démissionne de ses fonctions en 1996 suite à sa condamnation pour témoignage de complaisance. En 2002, il est réélu maire de Béthune dès le premier tour.
Condamné en 1997 à dix-huit mois de prison avec sursis et deux ans de privation de ses droits civiques, Henri Emmanuelli est réélu député en 2000 et président du conseil général des Landes en 2001.
Condamné en 1998 à dix-huit mois de prison avec sursis et 30.000 francs d’amende pour recel d’abus de biens sociaux, Harlem Désir est élu député européen en 1999, 2004 et 2009 et élu conseiller municipal à Aulnay-sous-Bois en 2001.
Xavier Dugoin est condamné en 2000 pour abus de confiance et prise illégale d’intérêts à dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis, 100.000 francs d’amende et deux ans d’inéligibilité. Il est réélu maire de Mennecy, dans l’Essonne, en 2008.
En 2000 puis en 2005, Jean-François Mancel est condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et 30.000 euros d’amende pour prise illégale d’intérêts. Il est réélu président de la communauté du pays de Thelle en 2001 ; il est élu député en 2002 et réélu en 2007.
François Bernardini, condamné en 2002 pour une série d’affaires politico-financières à dix-huit mois de prison avec sursis, 400.000 francs d’amende et cinq ans d’inéligibilité, est réélu en mars 2008 à la mairie d’Istres.
Condamné en 2003 à un an de prison avec sursis pour « détournement de fonds publics et recel », l’ex-maire de Dieppe, Christian Cuvilliez, est réélu en 2008 au conseil municipal.
Condamné en 2006 à dix-huit mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux, Pierre Bédier (maire de Mantes-la-Jolie) est réélu en 2013, une fois sa peine purgée, conseiller départemental des Yvelines.
Condamné en 2009 à une amende de 10.000 euros pour agression sexuelle, Jacques Mahéas, maire de Neuilly-sur-Marne, a été réélu en 2014 au premier tour.
En Polynésie, Gaston Flosse, condamné à plusieurs reprises pour corruption et détournement de fonds publics, a réalisé le meilleur score aux municipales 2014.
Français, vous n’êtes pas sérieux !

jeudi 9 février 2017

Non ! Toutes les femmes et tous les hommes politiques ne sont pas pourris !

Par Laurent SAILLY

« L’affaire Fillon » est une affaire, parmi tant d’autres, qui salit chaque jour un peu plus la classe politique de notre pays. Je suis rarement tendre avec nos élus. Mais je voudrais rétablir une vérité : tous ne sont pas pourris ! L’impression nous vient des ténors, des leaders aux ego surdimensionnés, quelques-uns qui ont transformé à leur profit la démocratie de NOTRE République française en oligarchie.

Ainsi, au 1er janvier 2016, la France comptait plus de 36.600 maires. 31.500 d’entre eux administraient moins de 2.000 habitants chacun pour une indemnité maximale de 1.600 € par mois. Ils sont assistés d’environ 300.000 conseillers municipaux et adjoints (un premier adjoint percevant, dans ces communes, moins de 700 € d’indemnités par mois).
Croyez-vous qu’ils puissent s’enrichir à titre personnel ?
Le raisonnement est le même pour les élus n’ayant qu’un mandat de conseiller départemental ou de conseiller régional.

Bien sûr, dès que l’on s’intéresse aux présidents des conseils départementaux ou régionaux, les choses se gâtent. Mais ils sont moins d’une centaine en France. Portons le chiffre à deux mille, si on y ajoute les vice-présidents et conseillers avec des attributions de toutes sortes.

Ça ne s’arrange pas si on porte le regard sur les 925 membres du Parlement (Sénat et Assemblée nationale). Mais, là encore, on se focalise sur quelques-uns d’entre eux dont les professions sont surreprésentées par rapport à la population française : avocats, médecins, enseignants, fonctionnaires, administrateurs d’entreprises… Savez-vous que le Parlement français compte seulement 14 techniciens, 32 agriculteurs, 1 garagiste, 6 commerçants ou représentants de commerce, 1 marin-pêcheur, 5 ouvriers, 2 salariés agricoles, 10 salariés ? Mais, là encore, la grande majorité des parlementaires servent d’abord et avant tout la nation.

Au final, sur un peu plus de 600.000 élus, combien font l’objet d’une procédure judiciaire ? D’une mise en examen (qui, souvent, fait suite à une demande de l’élu lui-même pour avoir accès au dossier) ? Si on prend toutes les affaires impliquant des élus entre 1997 à 2012, on dénombre moins de 200 condamnations ou mises en examen (pour lesquelles la culpabilité de l’élu n’est pas établie). 200 sur 600.000 élus, on est loin du « tous pourris ». Il est vrai que l’impact est plus important si cet élu est député (ministre, parfois) ou président d’un gros exécutif local.
En fait, la suspicion généralisée des Français vis-à-vis des élus s’explique d’abord par leur incapacité à régler les problèmes structurels du pays depuis des décennies (chômage, croissance atone, insécurité, immigration) et le poids que ce même État fait, par ailleurs, peser sur eux (lois, contraintes, matraquage idéologique).
Alors, oui, quand l’un des représentants de cet État à la fois inefficace et inquisiteur enfreint la loi, ou seulement l’éthique, la colère gronde contre tous.

samedi 4 février 2017

Lettre ouverte aux élus et aux autorités de l'Etat


LETTRE OUVERTE AUX ELUS ET AUX AUTORITES DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE

PROPOSITION DE LOI CONSTITUTIONNELLE

« Pour un nouveau pacte républicain entre des élus engagés & des électeurs responsables »

Laurent SAILLY, Simple Citoyen français
Linas, le 4 février 2017,

Monsieur le président de la République, Monsieur le premier Ministre,
Monsieur le président du Sénat, Monsieur le président de l’Assemblée nationale,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Monsieur le président du Conseil constitutionnel,
Monsieur le vice-président du Conseil d’Etat,
Monsieur le président du Conseil économique, social et environnemental
Monsieur le Défenseur des droits,
Mesdames, Messieurs les députés, Mesdames, Messieurs les Sénateurs,
Mesdames, Messieurs les représentants au Parlement européen,
Monsieur le premier président de la Cour de Cassation, Monsieur le procureur général près cette Cour,
Monsieur le premier président de la Cour des Comptes, Monsieur le procureur général près cette Cour,
Mesdames, Messieurs les candidats à l’élection présidentielle,

 A une époque où une grande partie de la classe politique s’imagine capable d’occuper la plus haute fonction de notre pays, vous laisserez au simple citoyen éclairé que je suis s’imaginer être un éminent constitutionnaliste. Certes je ne suis pas l’Abbé Sieyès mais je n’ai pas rencontré de Bonaparte, je ne suis pas Michel Debré mais je n’ai pas vu de Général De Gaulle, je ne suis ni Georges Vedel ni Guy Carcassonne, mais je n’ai croisé ni de Georges Pompidou ni de Raymond Poincaré, pas plus de Clémenceau ou de Chaban-Delmas. Même pas un Mitterrand !
Ne pouvant me résoudre à assister passivement à la destruction programmée de la République française, je saisie chacun d’entre vous pour vous faire part de la réaction d’un citoyen en colère devant l’impuissance généralisée de nos classes dirigeantes et l’épuisement des institutions de la Vème République.
La crise de régime que nous traversons depuis plusieurs dizaines d’années doit prendre fin. Nous sommes en 2017 comme en 1787, le pain et les jeux en plus. Ne croyez pas que cette colère restera longtemps étouffée. Le peuple gronde et jamais la guerre civile n’a été aussi proche. Vous avez choisi de représenter la souveraineté nationale pour les uns, l’autorité d l’Etat pour les autres, et je vous en remercie. Mais il est maintenant temps pour nombre d’entre vous de rompre avec les appareils partisans et de vous dresser contre les egos pour faire entendre la voix de la démocratie et de la France
Toute l’histoire de France est parsemée de femmes et d’hommes, célèbres ou inconnus, qui ont redressé l’étendard de la France. Il n’existe pas de femme ou d’homme providentiel. Il n’existe que des femmes et des hommes plongés dans une période exceptionnelle (et dramatique) de l’histoire et qui se sont révélés exceptionnels.
Il est temps, avant qu’il ne soit trop tard, pour la Nation que vous représentez, de signer un nouveau pacte républicain avec le peuple français. Le texte que je vous soumets est un point de départ. Le pire n’est jamais certain, mais, pour le moins nous pourrons dire : « on a essayé ! ».
Avec mes respectueux hommages, je vous prie d’agréer, Monsieur le président de la République, Monsieur le premier Ministre, Messieurs les présidents des Assemblées, Mesdames, Messieurs les Ministres, Mesdames, Messieurs les représentants de la Nation, Messieurs les représentants de l’autorité judiciaire, l’expression de ma très haute considération.

Laurent SAILLY




N'oublions pas.