vendredi 26 mai 2017

La transparence sans outrance

Par Yves Thréard

Il n’est pas anodin qu’Emmanuel Macron ait voulu faire de la moralisation de la vie publique la première grande réforme de son mandat. Il répond ainsi à une demande pressante de l’opinion publique.
La multiplication des affaires a installé un climat détestable, mélange de suspicion et de défiance. La campagne de l’élection présidentielle l’a souligné avec François Fillon, les électeurs exigent de leurs gouvernants probité et exemplarité. Cette nécessité d’agir est aussi l’occasion de montrer, pour le jeune chef de l’État, qu’une page se tourne avec lui. Il a fait de l’introduction de nouveaux usages en politique l’un des symboles de sa présidence.
Tout aurait été parfait si Richard Ferrand, son plus fidèle lieutenant, aujourd’hui ministre, n’était pas rattrapé lui-même par une affaire : une opération immobilière conclue au profit de sa compagne et l’embauche de son fils comme attaché parlementaire pendant quelques mois. L’intéressé devra-t-il quitter le gouvernement ? L’avenir le dira.
Cette histoire illustre, en tout cas, la difficulté parfois de faire la part des choses entre le droit et la morale, et de s’expliquer pourquoi des pratiques connues et acceptables naguère sont à présent répréhensibles.
Des affaires sont scandaleuses et doivent être condamnées. D’autres, relayées à grand bruit médiatique des semaines durant, se terminent par un non-lieu. Souvent prononcé dans l’anonymat, ce dernier n’empêche pas des réputations d’être brisées à jamais.
Gare donc...

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