vendredi 19 mai 2017

Pourvou qu'ça doure !

Par Philippe Bilger

C'était ce qu'exprimait la mère de Napoléon face au fulgurant et trop beau destin de son fils.
Ce n'est que le début, d'accord, d'accord, si je suivais la chanson de Francis Cabrel.
J'ai bien conscience de la fragilité et de la fraîcheur de ces instants graves et dignes qui depuis le 14 mai nous "clouent" devant notre télévision. Une solennité non empesée dont nous avions la nostalgie.
Il y a quelque chose d'étrange et de nouveau sous le ciel démocratique français.
Comme une stupéfaction civique d'avoir su collectivement franchir le pas si considérable d'élire un président qui n'a même pas encore quarante ans. Et peut-être demain d'accorder au pouvoir une majorité confortable en ne cédant pas à cette tentation française d'avoir deux fers au feu : celui du l'Elysée et celui du Parlement. C'est un état qui entre indifférence et absence de liesse populaire relève d'une sorte d'étonnement admiratif comme si on n'osait pas encore y croire tout à fait mais qu'on espérait pour une fois ne pas être déçu.
Il est clair, pour reprendre l'expression de Philippe Labro, que ce président "a tout simplement la grâce" et qu'il a beaucoup réfléchi sur les quinquennats précédents. En faisant preuve d'une capacité inouïe pour rectifier le tir, tirant les leçons du soir du premier tour, sachant placer son épouse dans la lumière quand l'officiel l'exigeait et dans la discrétion lorsque le pouvoir était seul concerné.

http://www.philippebilger.com/blog/2017/05/pourvu-que-%C3%A7a-doure-.html


N'oublions pas.