vendredi 30 juin 2017

Et après? par Maxime Tandonnet

La vie politique française se trouve dans une nouvelle impasse qui s’amplifie de décennie en décennie: narcissisme, posture,  coups médiatiques, polémique stérile, aggravant la fracture démocratique entre la classe dirigeante et les Français. Après le « renouvellement » complet des visages que restera-t-il? La question ne se posera plus en termes de simple alternance des hommes et des femmes,  mais de transformation d’un système, d’un mode de gouvernement, d’un état d’esprit. Le vrai sujet sera la restauration de la res publica, de l’esprit public. Il faudra abolir le système de l’hyper-présidentialisme, la sublimation médiatisée d’un personnage pour masquer tout le reste,  qui pousse un pays à l’abêtissement et l’impuissance collective;  en finir avec toute forme de culte de la personnalité pour réhabiliter le bien commun; organiser un débat et une consultation nationale sur la réforme politique; repenser en profondeur le mode de désignation des dirigeants politiques, la démocratie locale, l’équilibre entre les pôles de pouvoirs présidentiels, gouvernementaux, législatifs, judiciaires, nationaux et européens; restaurer les  notions de volonté générale, de Gouvernement et de choix en faveur de l’intérêt public; bref réinventer la politique, au sens noble du terme. Dans quelque temps, le pays va se trouver au pied du mur. Il est de notre devoir de s’y préparer à travers une remise en cause globale, une réflexion sur la transformation profonde de la politique française qui s’impose, dans le sens de l’intérêt général, de l’action pour le bien commun et de la démocratie. L’idée n’est pas d’inventer une solution miracle à tous les problèmes – qui n’existe pas –  mais de replacer la France sur de bons rails. La grande question n’est plus celle du choix des acteurs mais celle de la règle du jeu. Ouvrir ce chantier, d’une extrême difficulté, celui de la restauration de la res publica, devrait être l’objectif prioritaire de l’opposition républicaine.

N'oublions pas.