mardi 27 juin 2017

Fausse route par Maxime Tandonnet

Mme Pécresse et M. Wauquiez seraient tous deux candidats pour prendre la tête de LR, l’une version chiraquienne et l’autre « droitisation ». Tous deux, je les connais un peu. Valérie est une ancienne camarade de « promo » et Laurent m’a reçu à l’Assemblée et à dîner. Tous deux sont  simples, charmants, intelligents. Mais à mes yeux, ils font fausse route. Après une débâcle sans précédent historique du camp des républicains modérés, ils reproduisent les errements qui l’ont conduit au désastre. L’image de la guerre des chefs est dévastatrice.  Chirac/VGE,  Chirac/ Balladur, Sarkozy/Villepin, Copé/Fillon, Fillon/Juppé/Sarkozy. Et maintenant nous aurions Pécresse/Wauquiez? Je ne crois guère au succès de l’expérience Macron, malgré tout ce qu’elle a aujourd’hui  de sympathique et de vivifiant. Elle me semble reproduire les causes profondes de l’échec de toutes les présidences: vider de leur substance les outils de l’exercice du pouvoir, les leviers de la puissance publique et de l’autorité –  le Premier ministre, le Gouvernement, le Parlement – au profit de l’image sublimée d’un visage médiatique, devenu l’enjeu suprême de la vie publique. C’est tout autre chose qu’il faudrait faire: en finir une fois pour toutes avec guerres des chefs et que les présidents de régions et de départements, les maires de grandes villes du camp des républicains modérés se réunissent et se mettent à l’écoute de la Nation, notamment de ses 84% de Français qui n’ont pas voté pour un candidat d’En Marche et se voient plongés dans le désarroi. Le temps est à la réflexion et non à la conquête des postes qui ronge le pays et l’a entraîné sur un champ de ruines. Quelles erreurs avons-nous commis pour être ainsi rejetés? Et comment préparer l’avenir en commun, collectivement, renouer avec la politique au sens noble du terme, le Gouvernement de la cité en vue du bien commun? Comment restaurer la démocratie française,  l’autorité de l’Etat, réhabiliter le discours de la vérité, répondre aux angoisses et aux souffrances de la Nation? Déjà, cinq ans à l’avance, la nouvelle empoignade pourrait donner le sentiment que certains pensent aux prochaines présidentielles plutôt qu’ à la France! Erreur tragique, source de tous nos maux.

N'oublions pas.