En entrant  l'Assemblée nationale, on pouvait se douter que la personnalité de Cédric VILLANI, tout nouveau député LREM de l'Essonne, n'allait pas passer inaperçu.

Sa déclaration d'intérêts et d'activités, déposée le 20 août dernier auprès des instances de la Haute Autorité à la Transparence de la Vie Publique (HATVP), ne fait pas exception.

Ainsi, alors qu'encore beaucoup de déclarants semblent hésitants et restent parfois succinct dans les informations transmises, que certains ne comprennent pas exactement la question posée ou que d'autres se contentent de publier une série de chiffres, Cédric VILLANI nous présente une étonnante (et très précise) déclaration.

On notera au passage la qualité de la syntaxe du titulaire de la Médaille Fields en 2010 (qualité qui tranche avec celles de ces coreligionnaires du Palais Bourbon), qui démontre qu'on peut être à la fois "meilleur mathématicien du monde" et excellent en français !

Extraits de la déclaration transmise à la HATVP:

Concernant son poste de Professeur des Universités, en délégation, à l'Université Claude Bernard Lyon 1, le nouvel élu nous explique:
"En août 2010 j'ai été recruté professeur à l'Université Claude Bernard Lyon 1 (UCBL), en mutation depuis l'École normale supérieure de Lyon. À l'époque j'étais déjà en délégation auprès de l'Université Pierre et Marie Curie (UPMC) en tant que directeur de l'Institut Henri Poincaré (IHP, école interne de l'UPMC). L'accord conclu avec les présidents de l'UCBL et de l'UPMC était le suivant : je restais payé à plein salaire par l'UCBL, avec titre, affiliation, signature d'articles scientifiques à l'UCBL; je dispensais ponctuellement des cours à l'UCBL; je consacrais mes activités administratives à la direction de l'IHP, et recevais à ce titre un complément de salaire de l'UPMC et du CNRS. À l'issue de mon élection, j'ai démissionné de la Direction de l'IHP. J'ai conservé mon poste de professeur d'Université à l'UCBL, et je compte continuer à y dispenser des cours ponctuellement, pour un niveau de salaire qui pourrait être égal au quart du salaire d'un service plein. Ce nouvel arrangement est en cours de discussion et quel que soit l'accord trouvé, il pourrait prendre effet à partir de septembre 2017."
Viennent ensuite des précisions concernant des primes perçues dans le cadre de ses activités annexes de Professeur des Universités (comme par exemple la direction de l'Institut Henri Poincaré).

Puis le détail précis est fait sur les activités scientifiques du mathématicien, qu'il s'agisse de ses droits d'auteur ou de son activité d'éditeur ou producteur.

Non sans malice, celui-ci note son activité de conférencier, activité où il déclare se mettre en scène et percevoir une rémunération :
"correspond uniquement au paiement de ma prestation d'"acteur" (...)"
Les revenus sont précis à l'unité prés quand beaucoup des membres de l'Assemblée nationale se contentent d'estimation.

Les observations générales détaillent encore la source des revenus du scientifique:

"Parmi mes revenus ponctuels il y a eu : contributions et chroniques pour des journaux scientifiques ou grand public (Le Monde, Le Point, Air France Magazine, ARTE); préfaces pour Le Cherche Midi, Seuil, Universal, Zones Sensibles,... ; conférences et animations de débats pour des institutions variées : Fondation Cartier pour l'Art Contemporain (4 prestations); Doc Forum (3 prestations); NellyRodi, Microsoft, MTB, McKinsey, Jane Street, Total, Footprints, Viseo, Alliance7, ARP, SCOR, Science & Vie, Winton Capital, Club des Jeunes Dirigeants, AIG, Von Holtzbrinck, Bregenz Music Festival, Villa Europa, Thales, Valeo, Club ALMA, Batigère, Nexthink, Fondation Gulbenkian, Festival Spin2016, Festival ConCiencia 2016, Dalkia, Plastic Omnium. Tous ces revenus apparaissent dans ma déclaration soit au titre d'activité scientifique, soit par mon activité d'auto-entrepreneur, soit en tant que dividendes de ma société (SASU) AIR^2, qui a servi à émettre les factures et recevoir les fonds correspondants. Enfin je n'ai pas mentionné les récompenses et prix scientifiques : 15000 euros en 2012, 5000 euros en 2013, 17603 euros en 2015."
Cédric VILLANI mérite la Médaille de la transparence. On en oublie les sommes perçues et on est impressionné par la quantité de travail fournit.

Bravo M. le Professeur, vous êtes un exemple à suivre dans la pratique du "faire de la politique autrement".

Consulter ICI la déclaration HATVP.

Articles les plus consultés