mercredi 5 juillet 2017

Immigration, islam : les deux sujets oubliés

Ivan Rioufol, Liberté d'expression.
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La Haute-Macronie lit-elle les sondages qui l’ennuient ? Sur l’immigration et l’islam, les chiffres alarmants se suivent et se ressemblent. Cette fois, c’est une enquête parue dans Le Monde de mardi qui fait apparaître que 65% des Français estiment qu’"il y a trop d’étrangers en France". 60% des sondés déclarent que, "aujourd’hui, on ne se sent plus chez soi comme avant". 61% des personnes interrogées jugent que "d’une manière générale, les immigrés ne font pas d’efforts pour s’intégrer en France". Concernant l’islam, 74% des Français partagent le sentiment que cette civilisation "cherche à imposer son mode de fonctionnement aux autres". 85% jugent l’intégrisme islamiste comme "un problème de plus en plus préoccupant". Enfin ils sont 46% à penser que, "même s’il ne s’agit pas là de son message principal, l’islam porte malgré tout en lui des germes de violence et d’intolérance". Mais il faut croire que ces truismes, qui valent généralement à ceux qui les rappellent d’être remisés dans la "fachosphère" par la maréchaussée médiatique, ont des allures de "fake-news" pour le président de la République et son Premier ministre. Alors que les tensions identitaires raidissent la France, Emmanuel Macron a préféré broder, lundi devant le Congrès réuni à Versailles, sur son "projet humaniste pour le monde", tandis qu’Edouard Philippe, mardi devant les députés, a stigmatisé "les autruches" qui nient le réchauffement climatique. En Haute-Macronie, les autruches sont reines.
Je reconnais à Macron d’avoir clairement parlé de "terrorisme islamiste" et d’avoir critiqué "le déni des réalités, ce refus de voir le réel en face". Mais ses imprécisions sur la pression migratoire en cours et son ode à "l’inclusion de tous", cette braderie de l’assimilation et de l’intégration, sont autant de non-réponses à l’immigration et à l’islam. Il faut dire que des décennies durant, la première a été présentée officiellement comme "une chance pour la France" et le second comme "une religion de paix et de tolérance". C’est d’ailleurs ce registre poussif que semble poursuivre Philippe. Sur le "défi migratoire", son obscurité est celle du chef de l’Etat. Sur l’islam, le mot n’est pas même prononcé, ce qui en dit beaucoup sur la capacité du premier ministre à garder la tête dans le sable. S’il a bien décrit le "fossé" entre la France des métropoles mondialisées et la France périphérique, il n’a rien dit de la contre-société qui s’islamise et s’éloigne de la communauté nationale. Philippe s’est gardé de faire comprendre que son plaidoyer pour la laïcité s’adressait à cette civilisation nouvelle. Cette laïcité, il a dit vouloir la faire "respecter sans outrances" mais de manière "déterminée". Cette notion d’outrance est d’abord l’argument de l’islam politique, qui n’accepte aucune contrainte de la République. Il se confirme que la Haute-Macronie ne sera pas un obstacle à l’immigration ni à l’islam politique.

N'oublions pas.