dimanche 2 juillet 2017

Le pouvoir rend-il fou? par Maxime TANDONNET

Avertissement: le billet ci-dessous procède d’une réflexion générale et historique, et ne s’applique à aucune situation particulière.

« Le pouvoir rend fou et le pouvoir absolu rend absolument fou ». Le cerveau humain est fragile. Il est dominé par de puissantes passions qui agissent comme les courants des profondeurs marines: parmi ceux là, la vanité l’emporte sur tous les autres. L’idée du pouvoir suprême, de la place de premier à la tête d’un groupe social est de nature à provoquer un choc  et des dégâts vertigineux au niveau de la conscience, de la lucidité, de la vision du monde, du sens des réalités et du bien commun, favoriser le glissement dans un monde parallèle. Le chemin qui mène à l’hôpital psychiatrique n’est jamais très éloigné de n’importe quel trône. Pour résister dans ces conditions, il faut une personnalité hors normes, une intelligence visionnaire, une culture et une éducation exceptionnelles permettant de relativiser les choses, de sentir la vanité du monde auquel on appartient, la finitude de l’existence entre les deux infinis (Pascal). Les rois de France étaient élevés dans l’idée de leur humilité, notamment à travers la soumission au divin, jusqu’à ce que la dernière dynastie s’égare à son tour: la chute de Louis XVI et son assassinat sont en germes dans la magnificence du règne de Louis XIV. Enfin, tel est mon avis. les grands esprits d’une envergure exceptionnelle, nourris des humanités, capable de dominer par l’intelligence, la culture personnelle ou la foi en Dieu l’extrême violence des pulsions mégalomanes, n’existent probablement pas dans le monde moderne dominé par le nihilisme, l’ivresse de l’émotionnel et les néons aveuglants du spectacle médiatique. L’unique solution serait de concevoir des formes de pouvoir qui permettent d’enfermer les passions vaniteuses dans le principe d’une démocratie équilibrée, modeste, et d’une œuvre collective tournée vers l’intérêt général. Autrefois, cela s’appelait la République, la res publica, la chose publique, mais celle-ci, en France, dans le climat de conformisme et de bêtise ambiant, est devenue hélas un mot galvaudé, servi à toutes les sauces, tellement banalisé que largement privé de sens.

Merci de tout cœur à d’éventuels commentaires de respecter le caractère général, historique et anonyme de ce billet: il porte sur toute forme de pouvoir personnalisé à l’excès et en aucun cas sur telle ou telle situation particulière.  

N'oublions pas.