samedi 1 juillet 2017

Autour d'Emmanuel Macron...

Philippe BILGER, Justice au singulier.

Les journalistes sont vexés parce que l'entretien traditionnel du 14 juillet n'aura pas lieu puisque la "pensée complexe" du président ne résisterait pas, ou trop bien, à leur questionnement binaire. Pourtant c'est une évidence.
Il est tout à fait possible d'avoir le 3 juillet un discours présidentiel face au Congrès et un discours de politique générale le 4 par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale. D'une part les grandes orientations, d'autre part leurs modalités concrètes et détaillées (BFMTV).
On raisonne sur les "pleins pouvoirs" du président comme s'il les avait extorqués et qu'ils ne résultaient pas de choix démocratiques.
Il n'a pas fallu longtemps pour que le groupe dit des "constructifs" révèle ce qu'il était : un opportunisme. Dans l'opposition, pour se servir. Dans la majorité, pour servir.
Réquisitoire cinglant de la Cour des comptes contre la gestion de François Hollande. Le Premier ministre a joué la surprise mais a dit ce qu'il fallait dire. Cet audit n'était pas sans risque pour le président de la République puisqu'il aura droit au reproche d'avoir un peu participé à la débâcle. Courageux donc de l'avoir demandé.
Des considérations médiatiques à n'en plus finir sur le portrait officiel du président de la République. Il y aurait réfléchi et aurait cherché à donner une certaine image de lui avec l'attitude, les livres et les drapeaux. En effet cette photographie pour cinq ans n'est pas le fruit du hasard et son dessein est cohérent. Président, totalement président, un président à la fois classique et singulier, de l'allure avec un léger sourire dans le regard.
Manuel Valls ne succombe pas. Il continue à bien penser et à parler juste. En tout cas sur certains sujets. "Dès qu'on sort de l'explication économique et sociale, souvent la gauche est perdue. Elle est en difficulté sur les questions d'identité" (Libération).
C'est tout à fait exact. Pour l'identité mais également pour les problèmes de sécurité et de Justice. Pour celle-ci, le vice est non pas de sortir "de l'explication économique et sociale" mais de la mettre partout. Au point d'abolir ou au moins d'altérer ce qui relève, en matière pénale, de la liberté et de la responsabilité individuelles.
J'ai un regret. La "task force" élyséenne contre le terrorisme est une excellente initiative. On pourra espérer une coordination exemplaire et efficace.
Le président de la République a "structuré sa task force économique" (Le Figaro).
Je me demande pourquoi le domaine sociétal, la politique pénale, la Justice, le pénitentiaire, la sécurité, cette part capitale du régalien n'ont pas droit eux aussi à une attention privilégiée du président de la République. Pour l'économique et le terrorisme, il y a des ministres mais cela n'a pas interdit la constitution "d'unités" présidentielles qui apporteront un plus. Pour certains secteurs les ministres seraient suffisants mais pour d'autres le président aurait à s'en mêler de plus près.
Alors à quand une "task force" Justice ?

N'oublions pas.