Richard H. Thaler, prix nobel d'économie


Chaque jour, nous prenons des décisions, qu’elles concernent des options professionnelles, les écoles des enfants ou la simple composition d’un repas. Malheureusement, nous faisons parfois les mauvais choix.

Longtemps la science économique a considéré l'homme tel qu'il devrait être, rationnel, parfaitement informé, maître de lui-même et de ses propres intérêts, ce qu'on a appelé l'Homo oeconomicus. Mais on sait désormais que c'est une fiction. La réalité est tout autre : l'homme de la rue - nous tous — a une rationalité limitée, des préférences sociales biaisées et il manque de self-control (de contrôle de soi).

Richard Thaler, l’inventeur de l’économie comportementale, nouvelle science qui intègre la recherche psychologique dans la théorie économique, et Cass Sunstein, l’un des plus grands juristes américains, nous invitent à étudier l'homme tel qu'il est et non tel qu'il devrait être.

Quels sont les mécanismes sociaux et psychologiques qui entrent en ligne de compte quand il s'agit de décider ? Où sont les limites du rationnel dans la prise de décision des consommateurs ou des investisseurs ?


Comment amener l'individu à prendre des décisions dans l'intérêt général


C'est l'idée que Richard H. Thaler développe dans « Nudge », publié en 2008 et sous-titré La méthode douce pour inspirer la bonne décision. Un best-seller mondial, livre de chevet de l'ancien président américain Barack Obama.


Tout d'abord sur le caractère limité de notre raison. Richard Thaler et ses équipes de Chicago ont ainsi étudié le cas du chauffeur de taxi qui veut arbitrer au mieux ses gains et son temps libre consacré à sa famille. Ainsi a-t-il décidé de se fixer un objectif de gain quotidien et d'arrêter de travailler quand il l'a atteint. Très sage en apparence. Moyennant quoi il rentre tôt à la maison quand il y a beaucoup de demande, et inversement quand le trafic est faible. Il aurait été en réalité beaucoup plus rationnel pour lui de maximiser ses gains de la journée quand il y a beaucoup de clients. Non seulement il aurait gagné beaucoup plus pour lui-même et mieux occupé son temps, mais la clientèle aurait trouvé des taxis plus facilement.
Deuxième genre de problème, les « préférences sociales ». Chaque individu a une idée de ce qui est « socialement juste ». Ainsi se révoltera-t-on si l'on voit que le marchand de parapluies a brutalement augmenté ses prix au moment de l'orage imprévu, au point que sa clientèle risque alors de le boycotter. Ce qui finira par l'obliger à adopter un comportement moins égoïste. Plus généralement nous avons tendance à nous fixer des « références », des limites de prix que nous jugeons acceptables ou non.
Or ces références sont plus ou moins rationnelles en soi. Ainsi Richard Thaler, à partir de travaux de laboratoires, a-t-il pu démontrer que des salariés acceptent plus facilement des hausses de salaires nominales inférieures à l'inflation quand celle-ci est forte, alors qu'ils refuseront des réductions de revenus nominaux limitées quand il n'y a pas d'inflation ni croissance économique. Voilà qui peut sembler banal, mais cela éclaire la problématique des rigidités salariales, notamment en France en période de morosité économique.

« Nudge » est un véritable manifeste, utilisant les récentes recherches comportementales pour aider les particuliers comme les entreprises, ou des organismes gouvernementaux, à prendre de meilleures décisions. Il engage le lecteur à changer fondamentalement sa façon de penser, sans jamais aliéner sa liberté de choix.

Dans la veine d’un ouvrage comme Freakonomics, ce livre très drôle nous donne gentiment un coup de pouce (« Nudge » en anglais) sur des questions très sérieuses.
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