https://mechantreac.blogspot.com/p/dabstraction-zouaves-pontificaux-ce.html https://raymondaronaujourdhui.blogspot.com/p/raymond-aron-aujourdhui.htmlhttps://mechantreac.blogspot.com/p/la-bibliotheque-ideale-dun-liberal.html

La Méchante Semaine n° 2020-21


Les 26 textes sélectionnés par Méchant Réac ! ® cette semaine sont signés : Philippe Bilger, Jean-Philippe Delsol, Maurice Cusson, Gilles-William Goldnadel, Jacques Garello, Gal Bertrand Soubelet, Henri de Castries, François Sureau, René Chiche, Mark Hornshaw, Bérénice Levet, Frédéric Rouvillois, Guillaume Jeanson, Shmuel Trigano, Renaud Girard, Rafik Smati, Alexandre Massaux, Yannick Chatelain, Vincent Delhomme, Benjamin Morel, Luc Ferry, François d’Orcival, Philippe d’Iribarne et Henri Guaino.

1.Loi Avia ou la haine de la liberté.

Faut-il absolument, pour satisfaire une ambition et amplifier le cours d'une carrière, se battre pour une mauvaise cause et donner son nom à des dispositions législatives dangereuses ? Pour Philippe Bilger, avoir confié à Facebook, à Twitter et à YouTube la mission de supprimer les "contenus haineux" que les utilisateurs leur signaleront est une erreur. Ce qui aurait dû relever de l'autorité judiciaire lui a été soustrait par une loi liberticide. La loi Avia s'inscrit dans cette continuation perverse qui prétend régenter, caporaliser, interdire parce qu'il serait intolérable de laisser s'épanouir la liberté même avec ses excès ; on préfère une éradication avec des effets dévastateurs bien plus considérables. A force de vouloir, par la loi, purger l'humanité de ce qu'elle a de mauvais, on va détruire ce qu'elle peut avoir de bon dans sa nature. Il faut haïr la loi Avia !

Rafik Smati revient sur la Loi Avia et sur ses conséquences et ses implications sur la société française et sur le plan démocratique. Dans un  texte court et efficace, le président l’Objectif France constate la mort d’une liberté : "Ainsi s’éteint la liberté, sous une pluie d’applaudissements".

In fine, la loi Avia, en l’état, n’a-t-elle pas le même potentiel coercitif que les lois Runet ? Les lois et les censures compromettent la liberté de pensée bien moins que ne le fait la peur. Toute divergence d’opinion devient suspecte et seuls quelques très rares esprits ne se forcent pas à penser et juger comme il faut (André Gide). La loi Avia est-elle la première loi soviétique française ? demande Yannick Chatelain.

Et Philippe d’Iribarne de s’inquiéter : la loi Avia est une aubaine pour l'islam politique. Celle-ci risque de s'avérer une arme de plus à disposition des islamistes pour tenter d'interdire toute critique de leurs menées conquérantes.

2.Réformer pour libérer

Le 11 mai nous introduit dans une nouvelle période de la théocratie impériale de Jupiter nous dit Jean-Philippe Delsol. Nous serons surveillés par des brigades d’anges gardiens. L’épidémie justifie-t-elle un tel renoncement aux libertés publiques qui sont bien souvent des droits naturels humains ?

Le Président de la République a annoncé aux Français que le moment d'une « refondation » est venu. Il a raison : la crise a révélé les dramatiques faiblesses de nos institutions et de nos politiques face aux défis de la mondialisation. Encore faut-il savoir quelle refondation et avec quels moyens. Pour Jean-Philippe Delsol et Jacques Garello il faut plutôt libérer la société. Il faudra laisser s'épanouir la liberté et la liberté fera le reste : Réformer pour libérer.

A l'occasion de la sortie de L'Or du temps, François Sureau fait le constat suivant : "La démocratie représentative est à peu près morte en France". Dans son nouvel opus, l'écrivain célèbre la "liberté grande" et plaide pour une France qui renoncerait à attendre son salut des dirigeants. Car il y a chez nous comme un esprit latent de guerre civile, où la France qu'on défend est la seule vraie. L’auteur réclame le droit de haïr ceux qui, par bêtise ou par inculture, attentent à notre démocratie dans ce qu'elle a d'essentiel. Le public blâme le gouvernement, le gouvernement sermonne le public. Il y avait quand même plus d'énergie dans le dadaïsme. Cette période a été obsessionnelle. Pas seulement à cause de la peur, diffuse, compréhensible, mais parce que le gouvernement est entré chez nous, partout, de manière permanente.

Pour le président de l’Institut Montaigne, Henri de Castrie, c’est moins la mondialisation que l’État qui a montré son impéritie pendant cette crise, car « ce virus n’est ni capitaliste ni libéral! Il est universel ». Il salue l’inventivité des entreprises et appelle à davantage de souplesse dans l’organisation du temps de travail pour permettre la reprise. La France a poussé si loin la théorisation du principe de précaution qu’elle l’a transformé en une quasi-obligation de risque zéro. Une société qui se pense ainsi se condamne à la rétractation. Notre démocratie est devenue la caricature d’elle-même. Réclamons la réinvention de la gouvernance du pays, plutôt qu’un changement de système.

Le déconfinement révèle un système de pouvoir inédit qui frôle le totalitarisme selon le sociologue Shmuel Trigano. L’individu n’est plus appréhendé en vertu de ses actes, mais en fonction de son état de santé. Que l’état de santé soit tenu objectivement pour relever d’une responsabilité dont il faille rendre compte est quelque chose d’inédit. Le pouvoir politique s’est abrité derrière le comité d’experts médicaux pour ne pas rendre de comptes. Le déconfinement se paie d’un surcroit de contrôle sur le terrain. «L’épidémie a donné naissance à un système de pouvoir d’un genre nouveau». La décantation de cette expérience cauchemardesque sera longue. 

En ordonnant un confinement qui n’était qu’un des choix possibles, les pouvoirs publics sont comptables du préjudice subi par chefs d’entreprise et travailleurs indépendants et ils leur doivent réparation, plaide l’avocat Jean-Philippe Delsol : « C’est l’État qui a contraint les entreprises à s’arrêter et il ne peut plaider la force majeure ». Le rôle de l’État est de garantir aux citoyens l’exercice de leurs libertés fondamentales parmi lesquelles il y a celle d’aller et venir, de travailler, de commercer. La situation sanitaire s’est imposée à tous, mais la façon de la traiter a été un choix. À dire vrai, ça n’est pas si simple, car l’État français cherche toujours à limiter sa responsabilité selon l’ancienne tradition qui voulait que « le roi ne peut mal faire ». 

Au début de la crise du Covid-19, l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, fut l’un des premiers à reconnaître la gravité de l’épidémie et la nécessité de protéger les plus fragiles. Aujourd’hui, il dénonce la mise en place d’«une politique de la peur», qui pourrait faire, selon lui, plus de victimes que l’épidémie. On a l’impression, dans l’ambiance morbide qui est entretenue, qu’on ne meurt plus que du Covid. Personne, aujourd’hui, ne peut dire dans quelle mesure le confinement total a été bénéfique, et de conclure que « l’hygiénisme est un réel danger. »

Vincent Delhomme explique pourquoi nos droits sont menacés : « Dès qu'il s'agit d'un but vertueux, les libertés passent à la trappe ». La France se situe dans le peloton de tête des restrictions en Europe. Avec l’Observatoire des libertés confinées, le think tank GénérationLibre veut s’assurer que toutes les libertés finissent par être déconfinées. La France est un pays paradoxal : la contestation de ceux au pouvoir ne cesse jamais, mais le pouvoir, lui, n’est jamais questionné.

3.Pas de liberté sans sécurité…

Dans une nation moderne, le premier devoir de l’Etat est d’assurer la sécurité de chaque citoyen. C’est le fondement du contrat social qui permet à chacun de s’épanouir et de vivre le plus harmonieusement possible. Dans ce contexte, la chaîne pénale est une réalité qui débute avec la constatation des infractions par les forces de sécurité et se termine par les mesures de suivi et de réinsertion de ceux qui ont fini leur peine. Dans une vidéo, le Général Soubelet fait pour les quartiers difficiles, une proposition choc.

Un drame survenu à Argenteuil alimente depuis quelques jours la haine des policiers, sans que la responsabilité de ceux-ci n’ait pour l’heure été établie. L’avocat Guillaume Jeanson décrypte les ressorts de ce sentiment délétère et appelle à faire cesser la haine anti-flics. Les forces de sécurité intérieure sont confrontées, dans l’exercice de leurs missions, au développement d’une violence accrue à leur égard. Les actes de bravoure de la police en sont occultés.

ETUDE : L'efficacité de la lutte contre les violences criminelles. Dans cet article, le célèbre criminologue canadien Maurice Cusson analyse l’efficacité des efforts des professionnels de la sécurité et de la justice en s’appuyant sur deux corpus de recherches. Le premier porte sur l’évolution pluriséculaire des homicides en Europe et le deuxième corpus analyse les facteurs qui rendent compte des variations des homicides dans 146 pays du monde. Mis ensemble, ces travaux nous apprennent qu’une nation lutte efficacement contre la violence létale si elle réunit trois conditions. Premièrement, elle dispose d’un personnel policier intègre et respecté qui parvient à élucider des pourcentages élevés de crimes. Deuxièmement, les juges et autres magistrats des nations pacifiques sont indépendants et respectueux de la règle de droit. La troisième condition de la non-violence, c’est tout simplement une éducation à la civilité et au contrôle de soi.

5. Affaire Herrou : les droits de l’homme contre la souveraineté nationale.

La Cour d’appel de Lyon a relaxé le militant, poursuivi pour avoir aidé des migrants à entrer clandestinement en France. Pour l’avocat Gilles-William Goldnadel, le «principe de fraternité» retenu par le juge ouvre la voie à toutes les dérives. Impossible de ne pas voir l’antinomie flagrante entre les droits de l’homme et la souveraineté nationale. Un autre principe républicain sacré semble avoir été foulé aux pieds : celui d’égalité. La relaxe de Cédric Herrou révèle les dangers d’un gouvernement des juges. Le juriste comme le citoyen pétri de principes républicains ne peut qu’en être dépité.

6. Le coronavirus lève le voile sur une « haine de soi » très française !

Pour l’universitaire, Benjamin Morel, la crise du Coronavirus a révélé nos pulsions décadentes. Selon lui, nous faisons, depuis 40 ans, le choix de ce qui nous détruit en croyant choisir ce qui devrait nous faire perdurer. La haine de la nation et le peu de considération pour le bien commun ont fait surface chez grand nombre de nos élites. Avoir fait le choix de ce qui nous détruit.La régionalisation et la différenciation auront raison de notre unité nationale comme c’est le cas de l’Espagne, l’Italie, la Belgique ou Royaume-Uni.

7.L’Europe, la Chine, les Etats-Unis, le monde

Ce début de XXIe siècle a vu l’Amérique et la Chine affirmer leur puissance de manière de plus en plus brutale. Curieusement, l’UE a suivi une courbe inverse analyse Renaud Girard. Face à la Chine, l’Europe n’a cessé de se résigner. Non-application des règles de l’OMC, vol de propriété intellectuelle, dumpings en tous genres, cyberespionnage, achat d’entreprises stratégiques, création du groupe des 16+1 (Chine et seize pays d’Europe orientale et balkanique) : assourdissant fut le silence de la réponse européenne. Sur les grands dossiers de politique étrangère, l’Europe a disparu. Aussi, est-il temps que l’Europe arrête de se coucher !

L’épidémie de Covid-19 a montré que la force du régime de Xi Jinping résidait dans les capacités de production de son industrie selon François d’Orcival dans un article «Quand la Chine fait trembler le monde».

Pour Alexandre Massaux, il est fort probable que même sans la crise actuelle, la guerre froide entre les États-Unis et la Chine aurait eu lieu. En effet, depuis le début du XXIe siècle, les États-Unis ont commencé un tournant vers l’Asie. Ce contexte d’escalade a poussé le professeur américain Graham Allison à parler de « piège de Thucydide » : une puissance dominante entre en guerre contre une puissance émergente de peur que cette dernière ne prenne sa place. Un phénomène qui rythmerait les relations internationales depuis l’Antiquité.Si Washington veut affronter la Chine, une posture plus réaliste serait de reproduire, tout en l’adaptant, la stratégie utilisée contre l’URSS : la stratégie du containment. En effet, elle visait à encercler géopolitiquement l’adversaire en utilisant les alliés des Américains et en bloquant l’extension de l’influence de l’ennemi.

8.L’instant « Conservateur »

Le coronavirus “n'aime pas l'art de vivre à la française”, a déclaré le président de la République le 24 avril dernier lors d'une rencontre avec les restaurateurs et les hôteliers. Comme souvent avec le chef de l'État, le diagnostic est pertinent. Il reste toutefois à prouver, selon l'essayiste Bérénice Levet, que les Français aiment plus que le Covid-19 cet art de vivre à la française. Une France masquée, oui, une France voilée, non ! Si aujourd'hui le masque est prescrit dans le contexte de la pandémie de coronavirus, pourquoi demain ne le resterait-il pas face à cette autre atteinte sanitaire qu'est la pollution atmosphérique ? Et sur les réseaux sociaux de l'islamosphère, les prédicateurs le sont, triomphants, ils plantent le drapeau de la victoire réécrivant, avouons-le, l'histoire à leur manière.

Bérénice Levet : Quand se montrer farouche devient une vertu. Au temps du coronavirus, sortir de chez soi, c’est s’exposer. S’exposer à l’autre homme et cet autre homme, tout vigoureux et sémillant qu’il paraisse – le porteur du virus pouvant être « asymptomatique » pour parler cette novlangue à laquelle les médias ont réussi à nous convertir en quelques semaines – représente une menace : potentiellement affecté, il est celui par qui la mort peut me frapper. Si bien que la vigilance – ce mot tant chéri de nos progressistes – se doit d’être de tous les instants. La moindre distraction pourrait se révéler fatale. Mais il est vrai que toute réalité n’est pas bonne à dire dès lors qu’elle ne ratifie pas la thèse des femmes éternelles victimes des hommes ! Quel pays mieux que la France se reconnaît dans les mots, admirables, de Joseph de Maistre : « N’avez-vous jamais réfléchi à l’importance que les hommes ont attachée aux repas pris en commun ». Toutefois, ne cédons pas à quelque vaine nostalgie, l’art de la sociabilité avait déjà bien du plomb dans l’aile. Le règne de l’individu libéral-libertaire ayant été inamical, voire funeste à la civilité, à l’urbanité à la française.

Frédéric Rouvillois : Théorie du grain de sable. Le devenir machine de l’homme était bien avancé, le plan presque parfait. C’était oublier qu’un jour ou l’autre tout rouage se grippe. Aux yeux des modernes, la nature a cessé d’être un modèle pour penser le monde : elle n’est plus qu’une matière première dont l’Homme, affirmait Descartes, s’est rendu comme « maître et possesseur ». Une vieille machine à écrire pouvait tomber dans une baignoire sans cesser de fonctionner, tandis qu’un portable construit un siècle plus tard ne résistera pas à une tasse de thé manipulée sans prudence. Le principe de précaution n’est jamais que la transcription normative de ce « bon sens » dont Descartes, encore lui, nous expliquait qu’il était la chose au monde la mieux partagée.

9.Et aussi…

9a. Mark Hornshaw analyse combien la politique keynésienne nous a affaiblis devant la crise qui vient. Une économie privée d’épargne est bien peu résistante au moindre choc.

9b. Dénoncer les «failles et les excès» de l’humanité «mondialisée» relève d’amalgames apocalyptiques tout juste bons à faire peur aux petits enfants. Pour Luc Ferry, il n’y a « pas d’écologie sans capitalisme ». Sans capitalisme, pas de libération des esclaves, pas de droit des femmes, pas de protection des animaux, pas non plus de systèmes de santé modernes ni de ce souci de l’environnement qui en est l’une des conditions.

9c. Sabre au clair, René Chiche, professeur de philosophie et vice-président du syndicat Action et démocratie, étrille l'Éducation nationale, machine à breveter la “désinstruction nationale” et dénonce le “mensonge d’État” autour du système éducatif. Un crime contre l'humanité et une faute majeure envers nos enfants.

Laurent Sailly, directeur de la publication
https://pourunenouvellerepubliquefrancaise.blogspot.com/https://grandeschroniquesdefrance.blogspot.com/https://parolesdevangiles.blogspot.com/https://raymondaronaujourdhui.blogspot.com/

#JeSoutiensNosForcesDeLOrdre

 




Cliquez sur le bandeau ci-dessous !