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La Méchante Semaine n°2020-18


Cette semaine, votre blog a sélectionné 34 textes, majoritairement sur le sujet du Covid-19. Deux auteurs, Céline Pina et Mathieu Bock-Côté nous rappellent qu'il y avait une vie avant la crise sanitaire, en s'exprimant l'une sur les élections municipales et le clientélisme, l'autre sur l'université et les libertés.

Les auteurs qui éclairent l'actualité cette semaine sont : Arnaud Teyssier, Olivier Kessler, Nicolas Bouzou, Olivier Babeau, Nicolas Lecaussin, Cyrille Dalmont, Raul Magni-Berton, Jean-Philippe Delsol, Thierry Godefridi, Jean-Pierre Le Goff, Bertrand Soubelet, André Comte-Sponville, Alexandre Massaux, Laurence Havel, Philippe Bilger, Anne-Sophie Chazaud, Mathieu Bock-Côté, Philippe d'Irbane, Maxime Tandonnet, Pierre-Antoine Delhommais, Corentin de Salle, Nicolas Baverez, Pierre-Henri d'Argenson, Luc Ferry, Eric Delbecque, Pascal Bruckner, Céline Pina, Régis Debray, Ivan Rioufol.

Arnaud Teyssier : «La pratique administrative a été subvertie par une insupportable doxa»

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Pour l’historien et haut fonctionnaire, le coronavirus a révélé la désorganisation de l’État en France, qui coexiste paradoxalement avec des dépenses publiques très élevées.

Comme souvent en France, on a emprunté le pire des méthodes étrangères pour le mêler au moins bon de nos pratiques nationales. Et comme le politique, par manque de courage, ne voulait pas procéder aux arbitrages vraiment cruciaux, on a recouru à la méthode du « rabot. » 
C’est l’immense périmètre des dépenses sociales au sens large, tous transferts confondus, qu’il aurait fallu avoir le courage de méthodiquement questionner.


INSTITUT LIBERAL/RAPPORT - La protection de la santé est-elle plus importante que l'économie? Cette question implique une dichotomie entre «les intérêts de l'économie» d'une part et «la santé» d'autre part, qui n'existe pas dans la réalité. L'intuition que «l'économie» doive être subordonnée aux intérêts de la santé repose en grande partie sur une vision simpliste de l'économie. Elle postule que dans «l'économie», les acteurs agissent généralement en plaçant la poursuite égoïste d'une accumulation insensée d'argent au-dessus du «bien commun» et sont donc prêts à littéralement «marcher sur des cadavres» pour maximiser leur profit personnel. Il était cependant déjà clair pour Adam Smith que faire du bénéfice dans une économie de marché libre n'est possible que pour ceux qui se soucient du bien-être de leurs semblables. Il n'y a pas de profits légaux qui se font «au détriment d'autrui».

Une autre raison pour laquelle «l'économie» est supposée être subordonnée à «la santé» est basée sur l'hypothèse que faire de l'argent est moralement répréhensible en soi. Cependant, gagner de l'argent est une incitation essentielle à devenir économiquement actif d'une manière ou d'une autre, afin de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille et de pouvoir aider potentiellement d'autres personnes.

«La santé» et «l'économie» ne sont pas opposées. Seule la réalisation de bénéfices permet, par exemple, d'investir davantage dans les soins de santé, ce qui entraîne une amélioration des services et une augmentation de l'espérance de vie. Ceux qui prétendent que «la santé de la population» est plus importante que «les besoins de l'économie» et ceux qui, sous ce prétexte, restreignent sévèrement et de façon permanente la liberté économique, mettent au final en danger les deux.


L’EXPRESS/OPINION - Il va falloir s'habituer à vivre pendant de longs mois avec le coronavirus. L'occasion d'organiser à tous les niveaux une "économie de la distanciation physique".

Cette période compliquée offre l'opportunité unique de faire évoluer les rapports au sein des entreprises, mais aussi avec les clients.


VALEURS ACTUELLES - L'idée d'utiliser le backtracking pour tracer la circulation du coronavirus et les contacts de chacun a été évoquée pour gérer l'après-confinement. La crise sanitaire que nous traversons va accélérer une tendance de fond de notre société : la mutation de l'État providence en État surveillance.

Hier, c'était au nom de notre sécurité que se déployait en silence le réseau dense de la surveillance des populations. Demain, ce sera au nom de notre santé.


IREF - Là où l’État et les services publics ont failli malgré d’énormes moyens, c’est justement le marché et le privé qui devront prendre le relais. C’est le laissez-faire qui redressera la France, pas la planification étatiste.

On le sait maintenant. L’Etat obèse et les dépenses publiques les plus élevées au monde n’ont pas réussi à préserver la France du virus.

Moins d’impôts, moins de réglementations et plus de libertés devraient guider la France de l’après-coronavirus.
C’est le libre échange qui a enrichi nos sociétés. Il faut le rendre encore plus libre tout en gardant un minimum de normes à respecter.
C’est le laissez-faire qui redressera la France, pas la planification étatiste.


INSTITUT THOMAS MORE - Le gouvernement français travaille actuellement à la création d’une application de traçage numérique, baptisée StopCovid. Le mardi 28 avril, l’Assemblée nationale est appelée à se prononcer sur le plan de déconfinement ainsi que sur ses « innovations numériques dans la lutte contre l’épidémie de covid-19 ». Nous appelons les députés à voter massivement contre et les Français à prendre la mesure du danger qu’une telle initiative fait courir à nos libertés et à nos droits. Définition, acteurs impliqués, effets sur nos vies, risques éthiques, garde-fous techniques, garde-fous institutionnels, préparation de l’avenir : tous les aspects sont passés en revue. Cette note explique pourquoi il faut dire non au projet du gouvernement.

Le traçage numérique (en anglais, tracking), est une méthode employée pour connaître les déplacements des populations. Le « retour sur trace » ou « retour arrière » (en anglais, backtracking) permet quant à lui d’identifier les relations interpersonnelles des individus tracés par le système.
La technologie du traçage numérique n’est pas nouvelle en France puisqu’elle est déjà utilisée pour les personnes détenues à qui il est proposé, sous certaines conditions, le port d’un « bracelet électronique » ou Placement sous Surveillance Électronique (PSE).
Le traçage numérique représente intrinsèquement une atteinte majeure à la liberté fondamentale d’aller et venir. Cela représente également une atteinte à la vie privée. Il y a enfin un risque non négligeable que l’exception devienne la règle.
Désignation du « bon citoyen », risque de bascule vers un système obligatoire et menaces sur l’après-crise : le traçage numérique soulève de graves risques éthiques.
Bluetooth et anonymisation des données : l’illusion des garde-fous techniques.
CNIL, Conseil d’État et Conseil constitutionnel : les garde-fous institutionnels regardent ailleurs.
Le traçage numérique constitue une première étape vers la marchandisation des données de santé au niveau européen.
Le « souci de la liberté » cher à Camus, la morale la plus élémentaire, la prudence la plus banale, la recommandation de Montesquieu aux législateurs de tous les temps selon laquelle « il ne faut toucher aux lois que d’une main tremblante » ne sont manifestement plus des guides pour nos responsables politiques.
Préparer l’après : les libertés publiques et les droits fondamentaux ne sont pas faits que pour les jours heureux 


MARIANNE/DEBAT - Alors que l'exemple de l'Etat fédéral allemand est érigé en exemple pour déplorer les lourdeurs du "jacobinisme" français, Marianne confronte deux spécialistes aux visions opposées sur la décentralisation : Raul Magni-Berton, qui souhaite l'approfondir, et Benjamin Morel, qui préconise de revenir dessus.

Les principes qui expliquent l’efficience des pays fédéraux en temps normal expliquent aussi qu’en situation de crise ils réagissent mieux : meilleure adaptation au contexte, émulation, légitimité accrue…
Le problème de notre système est que quand l’Etat fait une erreur, l’effet est amplifié parce qu’il s’applique à tout le territoire.
Qui décide qu’une compétence est mieux administrée au niveau local ? Aujourd’hui, c’est l’Etat. On a donc à faire à une subsidiarité descendante : l’Etat décide de ce que les collectivités doivent ou non administrer. Avec une subsidiarité, au contraire, ascendante, les collectivités pourraient revendiquer les compétences qu’elles souhaitaient, et la démocratie locale aurait un sens. C’est la proposition phare de Génération Libre est de mettre en place une subsidiarité ascendante.
L’unité nationale n’est pas menacée si les impôts, le droit du travail, les enseignements de l’école diffèrent selon qu’on se trouve en Bretagne, en Alsace ou dans le Midi. Quand les gens sont libres, ils ne veulent pas partir.
Aujourd’hui, les gens votent au niveau communal, et apprennent ensuite que des compétences partent au niveau intercommunal, là où leur maire n’a pas la main.


IREF - Dans le mythe de la caverne de Platon, les hommes sont prisonniers et enchaînés au fond d’une caverne, face contre le mur. Ils ne voient du monde que les ombres projetées sur le mur depuis l’ouverture de la caverne. Seuls quelques prisonniers parviennent, par l’éducation reçue de la Cité et leur intelligence, à se libérer des fers et rejoindre le vrai monde à la lumière du soleil. Ces philosophes ne veulent plus retourner dans la caverne, mais la République de Platon veut qu’ils soient convaincus de le faire, à tour de rôle du moins, pour rejoindre les prisonniers et les diriger. Ainsi, dit-il, l’Etat sera bien gouverné parce qu’il le sera par des gens vertueux et sages.


PALINGENESIE.COM - La « gouvernementalité » est un concept créé par le philosophe français Michel Foucault. Il désigne le mode d'exercice du pouvoir qui se retrouve, notamment, dans les institutions d'un Etat, son gouvernement et son administration. Elle se traduit dans une forme de contrôle sur la population et sur la manière dont la société est organisée et fonctionne.


FIGAROVOX/TRIBUNE - Le sociologue et philosophe décrit la perception de la crise sanitaire par le confiné et dépeint la perplexité de celui-ci. Le déconfinement est un impératif. Mais la sortie de crise pose la question de l’exercice de l’autorité et de la confiance à l’ère des démocraties individualistes.

L’être humain ne peut pas vivre dans la « distanciation sociale » et le « confinement » comme un mollusque dans sa carapace. L’homme est un être de relation qui a besoin de la présence et de l’échange direct avec ses semblables.
Une différenciation s’est opérée entre les beaux parleurs et ceux qui peuvent constituer des repères au milieu de la tourmente. Les principes et les « valeurs » qui se proclament aisément ne prennent leur sens qu’incarnés et en situation.


FIGAROVOX/TRIBUNE - Face au risque d’une généralisation des émeutes, l’État doit anticiper les risques et réagir avec fermeté chaque fois que son autorité est menacée, soutient le vice-président d’Objectif France.

Un problème dont on ne parle pas n’existe pas.
Le temps de crise exige que l’État prenne des décisions de bon sens.
Plus on attend pour régler une difficulté, plus les conséquences sont graves.


FIGAROVOX/CHRONIQUE - Les conséquences économiques de la pandémie frapperont d’abord les plus modestes, estime notre chroniqueur Olivier Babeau. Selon lui, le processus de démocratisation des conditions de vie observé au XXe siècle est en passe de se refermer, laissant la place à un essor brutal des inégalités.

Une large partie des classes populaires a pu utiliser la consommation pour accéder à un statut social supérieur.
La chute de la richesse produite se traduira par un chômage massif et une stagnation voire une régression des salaires.
Le nouveau mode de vie imposé par le coronavirus touchera d’abord les personnes modestes.
Le XXe siècle, époque de démocratisation de l’accès et d’unification des modes de vie, semble en passe de s’achever.


L’ECHO/ENTRETIEN – Le philosophe livre ses impressions sur la crise sanitaire actuelle et s’insurge contre le politiquement correct.

Tout se passe comme si les médias découvraient que nous sommes mortels. Il meurt 600.000 personnes par an en France, cela n’empêche pas le Covid-19 d’être une crise sanitaire majeure, mais ce n’est pas une raison pour ne parler que de ça. Ce n’est pas la fin du monde !
Faire de la santé (et non plus de la justice, de l’amour ou de la liberté) la valeur suprême, revient à confier à la médecine, non seulement notre santé, ce qui est normal, mais la conduite de nos vies et de nos sociétés. Les experts sont là pour éclairer le peuple et ses élus, pas pour gouverner.
La peste noire, au 14ème siècle, a tué la moitié de la population européenne, et la mondialisation n’y était pour rien. En revanche, cette crise nous apprend qu’il est dangereux de déléguer à d’autres pays, les industries les plus nécessaires à notre santé.
Pas question, sur le long terme, de sacrifier la liberté à la santé.
La philosophie peut nous aider en nous poussant à prendre du recul.
Trois principes positifs peuvent être tirés de cette crise : l’importance de la solidarité ; le goût de la liberté ; l’amour de la vie.


I.P.J. - La semaine dernière, les émeutes et les affrontements avec la police se sont multipliés dans les quartiers dits « sensibles » un peu partout en France.

Interrogé sur BFMTV et RMC jeudi dernier, le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, a commencé par minimiser en estimant qu’il s’agissait là de simples « tensions » qui n’étaient pas « d’un niveau de gravité exceptionnel ».
Puis, comme si cela ne suffisait pas, Christophe Castaner a tenu des propos ahurissants visant à excuser les actes de délinquance extrêmement graves qui se produisent tous les jours dans nos « banlieues ».
« Les causes sont nombreuses », a-t-il expliqué « mais il y a notamment l’effet du confinement, la dureté du confinement pour ces jeunes gens ».
« Mais je pense aussi à cette galère dans laquelle ils sont, à cette pauvreté qu’ils vivent auprès de leurs proches et qui peut provoquer une colère.
Peut-on imaginer une expression plus claire de la culture de l’excuse ? Peut-on dire plus explicitement que les délinquants sont des victimes de la société ?
Et celui qui tient ces propos, c’est la personne qui est à la tête de toutes les polices de France.
Et ce n’est pas mieux du côté de la Justice. Nicole Belloubet a déjà remis en liberté plus de dix milles détenus depuis le début du confinement au motif de « désengorger » les prisons.
La ministre de la Justice fait remettre en liberté des milliers de délinquants, certains au casier judiciaire long comme le bras. Le ministre de l’Intérieur est plein de sollicitude pour les voyous qui s’en prennent aux forces de l’ordre et qui mettent des pans entiers de notre territoire en coupe réglée.
C’est une situation à laquelle nous ne devons jamais nous habituer et contre laquelle notre association ne cessera jamais de lutter.


IREF - L’idée qui prédomine pour justifier les mesures de confinement dans la plupart des pays est que la santé doit passer avant l’économie. Cette approche est néfaste.

La plupart des pays développés ont mis en place des confinements au motif de réduire la saturation des hôpitaux. La dureté de ces mesures varie selon les pays : elles sont plus strictes en Italie, en France et en Espagne qu’en Allemagne. L’Inde quant à elle, a institué des mesures draconiennes suspendant la quasi-totalité de l’économie ainsi que les transports. L’idée qui prédomine pour justifier de telles mesures dans la plupart des pays est que la santé doit passer avant l’économie. Cette approche se révèle néfaste. Elle néglige cette évidence : l’économie ne se résume pas à de l’argent ou à des cours d’actions dans les bourses ; ce sont avant tout les interactions entre des individus qui en font ce qu’elle est. Les confinements, et leurs conséquences, vont très concrètement impacter la vie des gens. Déjà, ils touchent plus brutalement les populations les plus vulnérables et creusent les inégalités.
Les minorités et les pauvres : principales victimes du confinement.
Explosion de la pauvreté et risque d’un nombre massif de morts dans les pays défavorisés.
L’économie c’est la survie !


JUSTICE AU SINGULIER - Bien sûr, je ne comprends rien à rien. Tous les gens qui savent vont me rire au nez, à l'esprit. Comment peut-on être si naïf dans un monde qui se vante d'être si réaliste, et parfois jusqu'au cynisme qu'on n'est pas loin de présenter comme une qualité de l'extrême intelligence qui serait habile et dupe de rien...


VU DU DROIT - Au cours du long embrouillamini de mesures plus ou moins bricolées présentées par le Premier ministre Edouard Philippe devant l’Assemblée nationale, ayant pour objet de fixer les modalités d’un déconfinement plus nébuleux que jamais, celui-ci a commis une curieuse embardée qui a pu sembler quelque peu marginale au regard du sujet principal, mais qui révèle une des fixations voire obsessions de la gouvernance macronienne, décidément peu à l’aise avec l’exercice des libertés publiques.

Le chef du gouvernement a également pris à partie, sans qu’on ait bien saisi le rapport concret avec le déconfinement sur lequel les Français attendaient en revanche un peu plus de clarté et de réelles lumières, ces « commentateurs » de quelque « démocratie médiatique » subitement vouée aux gémonies sitôt qu’elle s’éloigne de la ligne du Parti Unique. Cette petite musique n’est pas nouvelle. L’exécutif macroniste a décidément du mal à se souvenir que c’est l’opinion publique qui produit la démocratie et non le gouvernement des experts.
Il convient par conséquent de rappeler à cette fine équipe que l’opinion publique non seulement ne se taira pas mais s’amplifiera, que les opposants politiques sont, jusqu’à plus ample informé, encore libres de faire leur travail de lecture critique et de contre-pouvoir, cela s’appelle la démocratie et les Français y semblent plutôt attachés, et que les médias bien que souvent complaisants ne sont plus soumis à un quelconque contrôle du Ministère de l’Information. Ceux qui avaient misé sur le confinement et la crise pour verrouiller, une fois de plus, la liberté d’expression et la nécessité du contrôle critique de l’action publique, en seront pour leurs frais.


CAMPUSVOX/ENTRETIEN - Mathieu Bock-Côté est un sociologue québécois bien connu en France. Dans son dernier ouvrage, L’Empire du politiquement correct (éditions du Cerf, 2019), il dénonce les régressions de la liberté d’expression et le politiquement correct, notamment dans le système universitaire. Mais il est aussi un pourfendeur des nouvelles théories importées des universités anglo-saxonnes, racialisme, gender studies…Retour sur les dérives qui gangrènent le monde universitaire.

Théoriquement, l’université devrait être le lieu du libre examen de toutes les idées. Telle n’est pas la réalité. En philosophie politique comme en sciences sociales, certaines tendances idéologiques sont hégémoniques et dominent complètement la vie académique. Elles travaillent à exclure. Du point de vue de groupuscules de l’ultra-gauche, la liberté d’expression n’est qu’une ruse « conservatrice » servant à légitimer l’expression de propos haineux ou discriminatoires.
Pour certain, le mérite est une fiction libérale cherchant à normaliser sous le signe du succès individuel la reproduction de rapports de pouvoir entre groupes antagonistes.
Cela fait des années que ceux qu’on appelle les conservateurs tiennent tête au politiquement correct et il est heureux de voir qu’ils ont du renfort (comme avec le livre de Caroline Fourest, « Génération offensée »).


FIGAROVOX/ANALYSE - Confiner uniquement les zones les plus affectées par le virus serait accepté chez nos voisins mais heurterait en France pour des raisons culturelles, explique avec finesse le sociologue et directeur de recherche au CNRS.

La diversité humaine de notre pays n’est-elle pas un élément crucial de ce que nous vivons ?


FIGAROVOX/ENTRETIEN - Quelques jours après qu’un jeune homme ayant prêté allégeance à Daech a foncé en voiture sur des policiers à Colombes, faisant deux blessés graves, l’expert en sécurité intérieure Éric Delbecque fait le point sur les conditions de travail et l’action de nos forces de l’ordre.

Les forces de l’ordre sont observées et jugées par la population en tant qu’extension directe de l’exécutif.
L’opération « Répondre présent » mise en place par la Gendarmerie nationale est une initiative très positive.
Il est faux de penser que le confinement décourage les actions terroristes.


FIGAROVOX/CHRONIQUE - Si l’on ne veut pas tomber de haut, il vaut mieux se méfier de l’invraisemblable capacité de récupération dont font preuve aujourd’hui les idéologues.

La vérité c’est que, dans les pays développés grâce à cette mondialisation, on mange assez peu de chauves-souris et de pangolins.


FIGAROVOX/TRIBUNE - La pandémie révèle des évolutions profondes du système international que les Occidentaux ont souvent été tentés d’ignorer, analyse le haut fonctionnaire Pierre-Henri d’Argenson. Seules une politique de puissance et une vision réaliste des enjeux mondiaux permettront selon lui à l’Europe d’éviter la marginalisation stratégique.

Nous ne croirons plus à l’article de la doxa mondialiste qui prétend que tout le monde est chez soi partout.
La Chine est le seul « challenger » ayant à la fois la capacité et la volonté de détrôner les États-Unis et l’Occident de leur place de leader mondial.
L’Europe est aujourd’hui devenue la zone tampon de l’affrontement entre la Chine et les États-Unis.
L’Europe doit se recentrer sur son marché intérieur.
Si les États-Unis veulent conserver leur leadership, il leur faudra faire des concessions à l’Europe.
Cette crise nous offre peut-être une occasion d’échapper à la décomposition poursuivie depuis quelques décennies.


L’EXPRESS/ENTRETIEN - L'essayiste Nicolas Baverez récuse les accusations formulées à l'encontre de la mondialisation. Et met en garde : "Soit l'Europe se refonde, soit elle se décompose."

En Europe, aucun pays, même l'Allemagne, ne peut développer une industrie compétitive sur son seul marché national.
Le système totalitaire et le mercantilisme chinois sont incompatibles avec une mondialisation stable.
L'Europe n'a jamais été aussi nécessaire.
La France est hors-jeu.
Dans ce monde éclaté et volatil, la grande question sera de nouveau celle de la guerre ou de la paix.
La mondialisation n'est ni providentielle, ni diabolique.
Le confinement, c'est l'arrêt de la vie nationale, le pire des aveux d'échec


JUSTICE AU SINGULIER - Quand tout semble aller à vau-l'eau sur le plan judiciaire, on a le droit de délirer. J'écris "semble" parce que des magistrats dévoués, compétents et courageux, au parquet comme au siège, en première instance comme en appel, ont continué d'assumer leur mission en l'absence, souvent, d'avocats qui déploraient de n'avoir pas toutes les garanties sanitaires.

Je relève aussi que l'institution a été livrée à la garde des Sceaux, donc à elle-même, en regrettant que jamais elle n'ait été mise explicitement au rang des préoccupations gouvernementales. De quoi donner le moral aux serviteurs de ce service public capital !
Alors pourquoi évoquer, dans mon titre, des "délires judiciaires" alors que j'ose leur donner un contenu positif ? Comme des avancées qui ne seront jamais concrétisées parce que trop provocatrices mais qui pourtant auraient l'heureux effet d'éradiquer mille dysfonctionnements au centre et dans la périphérie de la Justice et de vider la bureaucratie omniprésente de sa substance. Il y a des révolutions dont l'absence me pèse.


MON BLOG PERSONNEL - Nous nous disions, attention, la démocratie libérale est d’autant plus précieuse qu’elle est fragile. Mais nous n’y croyons pas vraiment, nous la pensions, au fond, immortelle. La preuve est faite que non.


IFRAP - La survenue du Covid-19 constitue un indicateur pertinent permettant de vérifier le véritable degré d’e-administration de notre pays à l’épreuve du confinement. Il résulte cependant des choix effectués dans l’urgence par les pouvoirs publics que notre niveau de développement en la matière devrait être sérieusement amélioré.


LE POINT/ANALYSE - Une aggravation de la crise économique risquerait de causer des dégâts sanitaires encore plus grands que la pandémie de Covid-19.


FIGAROVOX/TRIBUNE - Les virus ont historiquement accompagné le développement de l’Eurasie, rappelle le philosophe et juriste Corentin de Salle. S’il faut évidemment se protéger de cette pandémie, il serait absurde d’en faire notre seul horizon et de penser que l’on peut vivre dignement sans prendre de risques.

Nous sommes exposés aux virus depuis presque 10 000 ans en Eurasie.
L’agriculture et l’élevage sont apparus et se sont diffusés beaucoup plus rapidement dans le continent eurasien.Nous n’avons jamais réagi de manière aussi disproportionnée à une menace.
On peut légitimement se demander si nous ne vivons pas la période la plus peureuse de l’histoire.
Coexister avec le virus signifie refuser fermement qu’il occupe toute la place dont nous avons besoin pour exister.


LE POINT/POSTILLON - Selon le philosophe, la distanciation sociale va imposer un nouveau rapport aux autres. Il faudra bien du talent pour continuer à vivre en bonne intelligence.

Tout ce qui était merveilleux se révèle dangereux, tout ce qui était banal se révèle merveilleux. Partager un café, dîner entre amis, donner une fête équivaudra à danser au-dessus de l'abîme. En 2020, Éros et Thanatos s'embrassent sur la bouche, avec un masque.
Pascal Bruckner convoque la figure du promeneur pour analyser ces changements à venir. Le plaisir de flâner au milieu de la foule ou à la table d’un café est désormais suspect, car chacun peut transporter le virus.
Aujourd’hui, l’autre est un ennemi pour moi comme je le suis pour lui, nous n’avons pas assez de toute la rue pour nous éviter. Nous avons perdu l’innocence du contact au profit de la société du mètre et demi.
Le philosophe compare également l’épidémie de Covid-19 à celle du sida, en rappelant que le préservatif suffisait à enrayer sa propagation alors que dans le cadre du coronavirus, la salive est plus difficile à maitriser.
Le philosophe s’interroge également sur l’érotisme du demain et ce que la distanciation sociale pourrait modifier dans les rapports amoureux : le « Coronasutra ».
Pascal Bruckner revient aussi sur les pratiques sociales prisées sur d’autres continents. Constat : en Asie ou en Amérique, le contact était déjà pudique bien avant l’épidémie. En Asie, on s’incline en joignant les mains, on a acquis l’instinct du nombre quoi n’est pas comme chez nous le conformisme du troupeau, mais l’art de vivre ensemble à plusieurs dizaines de millions.
Cependant le philosophe n’envisage pas que de telles habitudes soient appliquées en Europe où une tradition latine veut que des échanges soient chaleureux.
On peut le dire maintenant sans se faire traiter de réac : oui, c’était mieux avant, c’est-à-dire il y a deux mois. Nous jouissons d’une liberté, d’une nonchalance que nous avons sous-estimée. L’épreuve aura révélé à quel point nous étions heureux sans le savoir, à quel point l’ordinaire était extraordinaire.


LE POINT/TRIBUNE. Malgré son développement économique et sa surveillance généralisée, la Chine a été incapable de contenir le virus. La faute à une bureaucratie totalitaire.

Et si l’épidémie provenait des laboratoires de Wuhan ? La peur de déchainer les théories du complot interdit, semble-t-il, de poser la question.
Le nouveau virus n’est pas une arme bactériologique et la Chine n’a pas provoqué sciemment cette épidémie. Mais l’origine du coronavirus qui a provoqué la pandémie ce Covid-19 ne doit pas être taboue. 
Il se peut tout à fait qu’il ait provoqué par une défaillance grave des protocoles de biosécurité dans les laboratoires de la ville de Wuhan.


CAUSEUR/TRIBUNE - Le premier tour des élections municipales a confirmé l’emprise des islamistes sur de nombreuses banlieues françaises. Alliés aux caïds de la drogue, ils s’infiltrent aussi bien à droite qu’à gauche pour mettre les villes sous coupe réglée.


CHRONIQUE - Face au Covid-19, plusieurs pays ont mobilisé la science, qui incarne la plus haute autorité, pour justifier une chose et son contraire.

La diversité des réponses à la crise, d’un pays à l’autre, nous rappelle l’importance du jugement politique et d’un vrai sens de la décision, ancré dans une connaissance concrète de son pays.


JDD/ENTRETIEN - Le philosophe Régis Debray examine la manière dont l'épidémie de Covid-19 réinterroge les relations entre le pouvoir et les scientifiques. Selon lui, le politique, lorsqu'il est mis en cause, a souvent la tentation de s'abriter derrière l'avis des sachants.

Fichons la paix au savant, laissons au philosophe la tâche d'emmerder le monde et demandons aux politiques de faire le moins mal possible.
Le problème, c'est qu'une science expérimentale est par définition pleine de controverses et de tâtonnements.
On ne tire pas sur le pianiste quand il n'y a pas de partition préalable, et qu'il doit improviser chaque jour.
C'est très impudique, une épidémie, ça déshabille, on ne peut plus tricher, les rois sont nus.
Dans une guerre, on meurt pour quelque chose, et il y a deux camps. Mais un virus est neutre et tout le monde est contre.
Le problème est de savoir si les managers qui ont méticuleusement décomposé le programme du Conseil national de la Résistance peuvent le reconstruire.


CHRONIQUE - La tentation est grande, pour un pouvoir affaibli et contesté, de s’affirmer en Père Fouettard face à des citoyens rendus craintifs et dociles.

Les Français sauront-ils se garder de la tyrannie du nouvel hygiénisme ? Ce n’est, hélas, pas ce qui ressort de leurs comportements.

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