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La Méchante Semaine n° 2020-22



Maxime Tandonnet, Pierre-Henri Tavoillot, Alain Laurent, Gaspard Koenig, Philippe Bilger, Nicolas Baverez, Julia de Funès, Mathieu Lainé, Ivan Rioufol, Jean-Philippe Delsol, Pascal Salin, Gilles-William Goldnadel, Anne-Sophie Chazaud et Frédéric Mas nous offrent leurs réflexions et pensées pour cette nouvelle méchante semaine. Eugénie Bastié et Alexandre Devecchio nous proposent deux entretiens passionnants, respectivement de Matthew Crawford et Graham Allison. 

Macronscopie

Quel est le centre de gravité de la majorité LREM ? Dans le JDD, Gérald Darmanin plaide pour une politique pour le peuple et Elizabeth Borne a lancé un appel aux patrons afin qu'ils s’engagent pour l’écologie. Où est la cohérence globale du discours au sein de la macronie ? Maxime Tandonnet se demande si les mots-clés du macronisme post-covid décrivent sa réalité…

Le syndrome Raoult, une invraisemblable querelle idéologique : l'émergence de la figure du professeur Didier Raoult traduit-elle un échec de la promesse du macronisme ? La polarisation du débat entre les personnes favorables et celles qui s'opposent au professeur Raoult sur le plan de la croyance plutôt que sur le plan de la vérité scientifique est-elle symptomatique de l'esprit politique français ?

Coronavirus

Pour Pierre-Henri Tavoillot : «Il est excessif de dire que les jeunes ont été sacrifiés par le Covid-19».  Selon le philosophe, la crise touche toutes les générations, qui font preuve de solidarité. Le souci des générations futures, le constat inquiet de la disparition du « monde d’hier », celui de la France rurale, le caractère abstrait de notre nouveau rapport à la nature.

Le plus édifiant de cette crise, nous dit Alain Laurent, c’est d’avoir occasionné un stupéfiant et offensif retour des vieilles phobies antilibérales et autres pathologies statolâtriques (l’« étatisme viral », l’autre épidémie du moment) propres à notre pays.

La crise sanitaire a renforcé un peu plus encore la volonté d'édicter règles et interdictions, si chère à notre administration. La France est championne en termes de production de normes, au point que le respect de la loi par les citoyens, écrit Gaspard Koenig, vire parfois à l'absurde. Là où la crise sanitaire aurait pu déclencher une vague de civisme, la gestion policière du confinement n’a fait que renforcer le cercle vicieux de l’infantilisation et de la rébellion. Alors, la Loi, une passion française ?

L’eurodéputé LR, François-Xavier Bellamy, a été désigné par le Parti populaire européen, où il est le chef de la délégation française, pour conduire une réflexion sur la droite. Philippe Bilger dresse le cadre de la mission qui pourrait se révéler impossible : refonder la droite, un travail d'Hercule ?

Europe et Monde

Pour Nicolas Baverez, l’engrenage fatal de la dépression ne peut être enrayé que par un ambitieux plan européen de reconstruction. L’Union, seule, peut en effet accélérer la reprise et prévenir l’éclatement de l’euro et du grand marché.

Dans son best-seller « Vers la guerre. L’Amérique et la Chine dans le piège de Thucydide ? » (Odile Jacob), Graham Allison, prédisait que les États-Unis et la Chine se dirigeaient vers un conflit militaire. Il analyse la crise du coronavirus dans la perspective du bras de fer entre les deux pays. Dans un entretien avec Alexandre Devecchio, le professeur émérite à Harvard et conseiller de plusieurs secrétaires à la Défense, affirme que la crise sanitaire pourrait radicaliser la rivalité Pékin-Washington.

La société d’après le confinement : la liberté, la démocratie, la peur, la vie et la mort

La philosophe Julia de Funès est l'auteure de plusieurs livres, dont "Développement (im)personnel" (L'Observatoire, 2019) et le livre numérique "Ce qui changerait tout sans rien changer" (L'Observatoire, 2020). Celle-ci revient avec nous sur ce dernier ouvrage qui analyse les changements en cours depuis le confinement. La période confinée nous a imposé un temps long plus propice à la remise en question et à la réflexion. Oui il y a des sots métiers, qui sont indignes pour les personnes qui les exercent. L’humain a besoin de se sentir agissant, actif, sujet et pas simplement applicateur de procédures. La menace d'une société hygiéniste plane, or une société hygiéniste est une société malade, en mal d’idéaux politiques.

Le célèbre roman de Lampedusa, Le Guépard, est éclairant alors que les éternelles préconisations liberticides fleurissent sous prétexte de sortir de la crise, estime Mathieu Lainé et affirme : « Ne nous habituons pas au confort de nos nouvelles servitudes ». Enivrés aux volutes du pouvoir d’interdire, ils dirent non à tout : au retour en classe, au muguet, aux parcs et jardins, à la suppression du mètre de distance dans les transports. Démasquons l’impéritie de l’État. Valorisons les territoires. Parlons aux êtres par le haut. Cessons de les infantiliser. Aidons-les, bien plus, à contribuer, à coopérer, à travailler. Ne rien adapter, c’est se faire l’esclave des plis bureaucratiques, des rentes, des connivences malsaines.

Figure originale du paysage intellectuel américain, le philosophe Matthew Crawford, auteur d’Éloge du carburateur (La Découverte), s’inquiète de la facilité avec laquelle nous avons autorisé les experts à remodeler nos vies à l’occasion de la crise du Covid-19 et, déclare à Eugénie Bastié : « Le précautionnisme, refus de tout risque de la vie, connaît un moment de triomphe ». Le précautionnisme est devenu un moyen d’intimidation ­morale. Le politiquement correct, au contraire, semble être un effort pour éviter toute pollution provenant de la prise en compte du réel.

Quant à Nicolas Marquès, l’enjeu n’était pas de choisir entre les vies ou l’économie. En effet, on entend souvent dire que la gestion d’une pandémie telle que le coronavirus dépend des choix sociétaux. L’alternative serait de sauver les vies ou les économies. Les données sanitaires et économiques montrent que la réalité est bien plus complexe que ce dilemme caricatural. Certains pays arrivent à concilier ces enjeux. D’autres, tels la France, enregistrent à la fois une mortalité élevée et un recul significatif de l’économie. L’Autriche, l’Allemagne, le Danemark ou la Norvège montrent qu’il est possible de préserver les profits et les vies. L’un et l’autre ne sont pas contradictoires.

L’urgence absolue est de sortir de cette absurde politique de la « peur pour tous » : elle tétanise les citoyens et produit des interdits qui défigurent la démocratie clame Ivan Rioufol. L’acharnement qu’ils mettent à le faire taire, et à humilier la médecine libérale en remettant en cause la liberté de prescrire, montre une macronie brutale, injuste, arrogante. La France ne peut devenir ce lieu cotonneux, précautionneux, vétilleux, pour qui les réalités de la vie sont des dangers permanents.

Economie, chômage et finances publiques

Ceux qui rêvent d’un retour en arrière, d’un monde en décroissance sont des ignorants qui n’ont jamais eu faim, s’insurge Jean-Philippe Delsol dans un article intitulé : la décroissance ou le chemin de la pauvreté. La pauvreté a été le lot d’une très grande majorité des populations mondiales tant que la croissance restait modeste sinon inexistante. Les pays occidentaux se sont développés quand la liberté a débridé la créativité et permis le progrès alimentaire aussi bien que technique. La grande pauvreté est passée de plus de 40% de la population mondiale dans les années 1980 à moins de 10% en cette fin des années 2010 grâce à la croissance qu’a suscitée l’ouverture du commerce au niveau international.

Le célèbre économiste libéral, Pascal Salin, explique pourquoi l’endettement public est injustifié. Il y a dans la dette publique une différence essentielle avec le comportement individuel, à savoir que ceux qui décident d’emprunter ne sont pas personnellement responsables du remboursement, note-t-il. L’achat d’actifs de fonds propres par l’Etat revient à rendre propriétaire de ces fonds une institution irresponsable puisque ceux qui prennent des décisions ne supportent pas eux-mêmes les conséquences de ces décisions, contrairement à ce qui se passe avec les propriétaires privés de fonds propres.

Affirmer que les travailleurs étrangers assument les emplois dont les Français ne veulent pas est une appréciation beaucoup trop catégorique, estime Maxime Tandonnet. La politique migratoire ne peut pas se réduire à la seule question économique affirme Maxime Tandonnet, pour qui augmenter l’immigration de travail en période de chômage massif serait malvenu. Une immigration permanente destinée à pourvoir des emplois saisonnier reviendrait à accroître le chômage de masse une fois la saison passée.

Onfray, Zemmour

La nouvelle revue de Michel Onfray a été accusée par certains de séduire un public d' « extrême droite ». Pour l’essayiste Gilles-William Goldnadel, l’emploi intempestif de cette épithète la vide de son sens. Le simple fait de regarder avec inquiétude le phénomène migratoire illégal donne la certitude de pouvoir postuler à l’étiquetage « extrême droite ». L’extrême-gauche utilise trop souvent l’imprécation plutôt que le raisonnement.

Anne-Sophie Chazaud et Frédéric Mas reviennent sur le débat entre Zemmour et Onfray, pourfendeurs ET promoteurs de postures idéologiques, ce vendredi 29 mai, dans l’émission Face-à-Face sur CNEWS.

Mémoire : George Orwell

Mort il y a soixante-dix ans, l'auteur de 1984 reste un irremplaçable analyste des totalitarismes d'hier, d'aujourd'hui et de demain, qui nous donne les clés pour comprendre l'empire du politiquement correct, mais aussi pour nous en défendre, analyse Matthieu Bock-Côté.

À force de ne résister à rien, la droite intériorise les exigences de la gauche, et se justifie au nom de la modernité et du pragmatisme, selon Mathieu Bock-Côté dans son article : « Le fantasme progressiste de la cité-État ». Orwell l’avait bien vu, qui contrôle le sens des mots domine ensuite la vie de l’esprit.

Laurent Sailly, directeur de la publication

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