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La Méchante Semaine n° 2020-31 du 27 juillet au 2 août 2020


Cette Méchante Semaine est dédiée à Gisèle Halimi.

Pour une semaine à cheval sur les deux mois d'été, les sujet n'ont pas manqués : hypocrisie(s) écologiste(s), éthique et bioéthique, une rentrée chaude, la démocratie augmentée, l'histoire en accusation, l'ensauvagement de la société, l'"affaire" Christophe Girard, et enfin, le hastag #NousNeNousRendronsJamais !

Méchant Réac a sélectionné les textes des auteurs suivants : Elizabeth Montfort, Maxime Tadonnet, Philippe Bilger, Agnès Verdier-Molinié, Bruno Dary, Roland Hureaux, Ferghane Azihari, Alain Finkielkraut, Sonia Mabrouk, Luc Ferry, Alain Madelin, Arnaud Benedetti, Bertrand Cavallier, Alain Bauer, Jacques Garello, Edouard Husson, Christophe Boutin, François-Xavier Bellamy, Eric Zemmour, Loris Chavanette, Patrice Gueniffey, Nicolas Baverez, Julia de Funès, Peggy Sastre, Thomas Chatterton Williams, Guillaume Jeanson, Caroline Fourest, et votre serviteur, Laurent Sailly. 

Le concept de la culpabilité par accusation, exposée par Philippe Bilger, a été mis en lumière par le grand avocat et juriste américain Alan Dershowitz. Chaque jour qui passe démontre sa pertinence et les ravages que crée cette dérive dans une France qui est devenue le lieu d'un immense contentieux sauvage, spontané et arrogant.

Cette Méchante Semaine est dédiée à Gisèle Halimi

Avocate et grande figure du féminisme, Gisèle Halimi est morte le 28 juillet à l’âge de 93 ans. Sonia Mabrouk lui rend hommage. Aux yeux de la journaliste, Gisèle Halimi restera comme l’une des gardiennes d’une aspiration à l’universalité, la défenseure d’une culture qui forme le socle de toute civilisation. Quant à la question du voile, il est un signe de ségrégation et d’infériorisation des femmes et cela relève plus largement des droits de l’Homme, indissociables de la défense de la dignité de la femme.

Hypocrisie(s) écologiste(s)

Selon Ferghane Azihari, la fin des terrasses chauffées a pour but de punir l'individu, plutôt que de combattre le réchauffement climatique. Le millénarisme vert exige que l'humanité expie sa faute originelle : la recherche du confort. Le climat n'est ici que l'alibi du despotisme doux que Tocqueville assimilait au cancer des démocraties. Dans le pays qui pèse moins d'un pour cent des émissions totales de CO2, l'appel à la contrition ne relève que de l'étalage de vertu. Il est indifférent aux conséquences quasi nulles de ces restrictions sur le climat.

La question des conditions d’élevage et d’abattage semble être la seule vraie question pour qui se soucie réellement du bien-être animal selon Luc Ferry. La quasi-totalité des médicaments qu’on trouve aujourd’hui dans le commerce ont été testés sur des animaux. Or refuser de les utiliser pour se soigner est suicidaire, et s’agissant des enfants, un tel refus relève de la maltraitance et tombe sous le coup de la loi.

Ethique et bioéthique 

Pour Roland Hureaux, les défenseurs du projet de loi bioéthique vont à l’encontre de l’héritage des Lumières. L’historien estime que ce projet de loi doit être combattu au nom du droit naturel et des principes universels. Les lumières avaient trois maîtres mots : la raison, la nature, la liberté. Les philosophes des Lumières croyaient au droit naturel. Où est le bon sens quand on permet à la Sécurité sociale en détresse financière de rembourser à hauteur de 20 000 € la PMA d’une femme en bonne santé apte à concevoir naturellement ?

Alors que la crise sanitaire a révélé les faiblesses de notre système de santé et que la priorité devrait être à la relance, l’examen en plein été du projet de loi bioéthique ne peut qu’être un choix idéologique, estime le philosophe et député européen François-Xavier Bellamy. Pourtant, ce texte mériterait un débat plus approfondi, tant il ouvre des possibilités vertigineuses, préparant l’arrivée de certaines formes d’eugénisme et même de gestation pour autrui.

Le projet de loi bioéthique, qui ouvre la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, revient cette semaine à l'Assemblée nationale. Comment sommes-nous arrivés à l'absence de tout discours critique de raison sur certaines évolutions sociétales ? Tout discours conservateur est-il définitivement voué à l’indifférence ou pire à la dénonciation ? Des réponses apportées par Christophe Boutin.

Avec le projet de loi bioéthique autorisant la PMA pour les femmes seules et les couples de femmes, ce n’est plus l’exception qui confirme la règle, mais la règle qui s’aligne sur l’exception, analyse le général Bruno Dary. Notre société vit en permanence sous le signe de l’instantanéité et de l’émotion. Après l’impact de la médiatisation, viendra celui de la législation. De nouvelles mesures s’appliqueront à tous alors qu’à l’origine, une seule personne ou un seul groupe était en cause.

Le hastag «#SupprimeLePère» et les propositions contenues dans le projet de loi bioéthique en disent long sur la chasse au père qui est en train de se dérouler, s’inquiète Elizabeth Montfort, de l’Institut Thomas More. On ne peut réduire le père à une «figure». Il faut tenir compte du droit de tout enfant à avoir un père et une mère dans la mesure du possible. On ne peut supprimer le père au nom de l’égalité. Certes, les aléas de la vie peuvent priver un enfant de son père mais celui-ci n’a pas été rayé de la famille a priori. On ne peut accepter une filiation bancale en supprimant le père. Retenir l’amour comme seul critère légitimant le recours à la PMA est un argument irresponsable.

Une deuxième vague épidémique à la rentrée : de covid ou de licenciements et faillites ?

Une dynamique de la peur, dévastatrice, frappe le pays. Elle installe la défiance de tous envers tous et renforce la paralysie de l’État, alimentant une dynamique déflationniste explique Nicolas Baverez. Il se profile à partir de septembre un mur des faillites et du chômage en raison de la suppression de plus d’un million d’emplois d’ici à la mi-2020. La France constitue de ce point de vue une exception parmi les pays développés, y compris méditerranéens qui, à l’image de l’Italie, de l’Espagne ou de la Grèce, ont ouvert leurs frontières et relancé l’activité grâce à une stratégie sanitaire efficace et claire. La priorité n’est pas de cultiver la peur en brandissant la menace d’une deuxième vague et d’un reconfinement général, mais de mettre en place une stratégie cohérente permettant d’assurer la continuité de la vie de la nation face à une épidémie qui va durer.

Les milliards débloqués par le fonds de relance européen ne suffiront pas à sauver les entreprises françaises d’un tsunami de licenciements : seul un assouplissement du Code du travail et des règles de négociation salariale permettra de sauvegarder l’emploi, estime la directrice de l’Ifrap*, Agnès Verdier-Molinié.

Bas les masques

Désormais obligatoire, le port du masque est pourtant moins affaire de droit que de morale, remarque la philosophe Julia de Funès. Et pour cause : le respect de cette consigne de bon sens est devenu un gage d’altruisme et de responsabilité, au point que les récalcitrants sont pointés du doigt par les nouvelles ligues de vertu. Quand la justice se retourne en morale, la « bonté despotique » n’est pas loin. Nous assistons progressivement à la satanisation de tous ceux qui n’entrent pas de bon cœur au bal masqué. Le pouvoir devient plus anonyme, plus fonctionnel, il se désindividualise au fil des mois. Il perd en fascination des esprits ce qu’il gagne en pénétration dans les vies.

Que se cache-t-il derrière la « démocratie augmentée » ?

Jacques Garello relève 3 problèmes soulevés par une définition courante (et nocive) de la démocratie.

La Convention citoyenne pour le climat concurrence le pouvoir du Parlement en le mettant en face d’un fait accompli s’inquiète Christophe Boutin : des normes toutes prêtes, pré-rédigées, et que les parlementaires n'auraient plus qu'à valider en s'inclinant devant ce qu'on présente comme étant la volonté populaire…

Le monde d’après…

Un collectif d’élus et de citoyens plaide dans une tribune* au Figaro pour redynamiser les villes moyennes, en remède à la fracture qui sépare les zones rurales des grandes métropoles. Travailler pour que ces villes d’équilibre bénéficient demain des mêmes avantages que ceux des grandes villes d’aujourd’hui est un défi prometteur. Les villes d’équilibre sont celles grâce auxquelles la réconciliation s’opère entre la ruralité et les métropoles.

Pour l'ancien ministre de l'économie de Jacques Chirac, Alain Madelin, la reconstruction de l'économie française passe par la mise en musique du principe de subsidiarité. Le passeport pour le monde d’après, c’est la redistribution des pouvoirs.

Déboulonnage de statues : osez Joséphine !

Des activistes ont déboulonné les deux statues de Joséphine de Beauharnais, la première épouse de Napoléon, à Fort-de-France en Martinique. Selon l’historien Loris Chavanette, ces méthodes révèlent une profonde méprise historique et une confiscation du débat démocratique. La statue de Joséphine à Fort-de-France était jusque-là maculée de sang pour marquer l’humiliation de cette figure prestigieuse de l’histoire de France. Espérons que le débat qui s’ouvre sur la colonisation et la guerre d’Algérie, apporte un peu de hauteur de vue sur les événements.

Notre histoire est notre bien indivisible, et nul n’est responsable, au demeurant, des « fautes » de ses ancêtres crie, de colère, l’historien Patrice Gueniffey.

Derrière la vague de déboulonnage de statues se cachent un racisme anti-Blancs et la haine de la civilisation occidentale, coupable de tous les maux. Vous aussi, signez l'appel d'Alain Finkielkraut et dites NON au déboulonnage de notre histoire ! La France est actuellement traversée par une crise très grave qui voit certains s’en prendre aux signes visibles de notre histoire – en particulier aux statues – et militent pour leur disparition violente de l’espace public. L’affaire n’est pas nouvelle, mais cette importation du politiquement correct américain en France semble absolument désastreuse. Nous risquons de nous lancer dans un processus qui n’aura pas de fin, qui ne pourra pas en avoir. C’est Colbert aujourd’hui, ce sera Jules Ferry demain, parce qu’il disait que le devoir des races supérieures était de « civiliser les races inférieures ». Il faut relire l’Histoire dans son contexte et ne pas projeter dans le passé nos obsessions présentes.

Comme un américain en France

L'écrivain américain Thomas Chatterton Williams, qui vit à Paris, évoque les différences entre la France et les États-Unis sur la perception des Noirs. Pour l’auteur, un groupe de Parisiens de gauche peut être bien moins divers qu'un groupe de conservateurs américains. Le mouvement antiraciste est une espèce de religion séculaire, où les Blancs doivent confesser un péché originel. Il y a peu d'endroits où il fait aussi bon être américain qu'en France.

George Floyd et Adama Traoré sont frères de race et de destin, tous deux victimes du racisme blanc, cette guerre raciale importée d’Amérique par nos élites et nos banlieues. Les races n’existent pas, mais les racistes existent quand même constate Eric Zemmour. Nous payons aujourd’hui – et paierons plus encore demain – un tel aveuglement habillé dans les ­oripeaux de l’humanisme et de la générosité.

Jean Castex contre l’ensauvagement

Inconnu du grand public, le nouveau Premier ministre coche toutes les cases qui manquent au chef de l'État.
Jean Castex a quelque chose de l'“imam caché” de la droite pour Arnaud Benedetti qui voit dans le nouveau premier ministre, la voiture-balai de l’impensé du macronisme.

Accompagné de Gérald Darmanin et d’Eric Dupond-Moretti, le Premier ministre Jean Castex s'est rendu samedi 25 juillet à Nice, où il a annoncé des mesures de "proximité" pour "faire cesser les violences du quotidien". Pour Guillaume Jeanson, il y a là beaucoup de communication et peu de mesures nouvelles.

Dramatique de devoir évoquer une reconquête de certains territoires sur le territoire national mais on en est là ! Philippe Bilger s’interroge sur les intentions sécuritaires du gouvernement Castex : sursaut français ou feu de paille niçois ?

Ensauvagement au palais de justice de Paris

Un brigadier-chef, Amar Benmohamed, a dénoncé, dans le cadre d'un article pour Street Press, le comportement de certains de ses collègues au "dépôt" du tribunal de grande instance de Paris. Il dit avoir été témoin de propos racistes et de cas de maltraitance. Une enquête a été ouverte.

Pour Bertrand Cavallier et Alain Bauer, il y a non-assistance à police en danger : formation et encadrement, les deux énormes problèmes qui plombent les forces de l’ordre françaises.

Laurent Sailly s’interroge : l’État de droit existe-t-il dans les bas-fonds du palais de justice de Paris ? Cela en dit long sur des dysfonctionnement de la justice.

« Affaire » Christophe Girard et les progressistes

Christophe Girard, l'adjoint chargé de la culture à la mairie de Paris, vient d'être poussé à la démission par des féministes et des écologistes. Cette crise laisse-t-elle présager des tensions pour l'avenir de la gauche en vue des élections présidentielles en 2022 ? Pour Edouard Husson et Arnaud Benedetti, les guérillos de la justice sociale pourrait bien être les pires ennemis de la gauche.

La pancarte "Bienvenue à Pédoland" brandie par des manifestantes devant la mairie de Paris pour demander la démission de Christophe Girard a révulsé l'essayiste, Caroline Fourest. Celle-ci connaît trop bien la mécanique de l'indignation politique et médiatique qui a conduit à la démission de l’adjoint à la culture de la maire de Paris, mis en cause pour ses liens passés avec l'écrivain Gabriel Matzneff. Elle a disséqué le phénomène dans son dernier ouvrage, Génération offensée (éd. Grasset). "On fait passer des témoins pour des accusés, des abus de faiblesse pour des viols, et même parfois des innocents pour des coupables", s'indigne-t-elle.

Des élus écologistes ont obtenu la démission de l’adjoint à la Culture à la Mairie de Paris, Christophe Girard. Les propos de l’une d’elles, Alice Coffin, ont été exhumés à cette occasion : elle déclarait en 2018 que « ne pas avoir un mari, ça m’expose plutôt à ne pas être violée ». Selon Peggy Sastre, ces propos relèvent moins du militantisme que de la haine aveugle. Dans la logique des militants d’extrême gauche, les hommes étant considérés comme dominants et les femmes comme dominées, cette haine aveugle se voit parfois justifiée. Politiquement, ce qui est très dangereux, c’est que ces militantes féministes ne sont pas des stratèges cyniques, ce sont des fanatiques.

Le cas d'Alice Coffin, militante et professeur de journalisme à l'Institut Catholique de Paris, est l'un des derniers exemples de l'aliénation idéologique selon Edouard Husson. Le danger ne vient pas des militants radicaux eux-mêmes mais de ceux qui leur ouvrent les portes.

Loin d’être anecdotique, la démission de Christophe Girard, adjoint à la Culture d’Anne Hidalgo, illustre à merveille la terreur politique et médiatique que font régner les féministes, analyse le spécialiste de la communication politique Arnaud Benedetti. À la culture de l’argumentation se substitue celle de la provocation et de la diabolisation. La bataille culturelle, base avancée du combat idéologique.

#NousNeNousRendronsJamais

La nouvelle équipe gouvernementale est assimilée à l’ère Sarkozy. Pourtant, selon Maxime Tandonnet, la droite est loin de pouvoir trouver son compte dans les priorités politiques de l’exécutif. Sur les sujets de société, les engagements de l’équipe actuelle sont aux antipodes de ceux qui prévalaient sous la droite au pouvoir. L’idée selon laquelle tout est équivalent à tout nourrit le désintérêt, la méfiance et le dégoût envers la politique.

M. C., le nouveau Premier ministre est paraît-il, de l’avis unanime, un homme exceptionnel, charmant et de toute confiance, ayant servi à l’Elysée sous NS. Quant à M. D., la copie conforme de NS au ministère de l’Intérieur, son sosie nous dit-on aussi. Alors, pourquoi s’entêter, bêtement, à conserver une mentalité et un esprit d’opposant ? Pourquoi, ne pas déposer les armes et se rendre, une fois pour toute ? Pour une raison toute simple, idiote, absurde, totalement ringarde. Le sentiment que la politique n’est pas seulement une affaire de combinaisons et de copinage, de postures, de gourous et de jeux de rôle. Qu’elle est autre chose qu’un théâtre d’ombres, un spectacle narcissique. Que l’essentiel ne relève pas du grand guignol politico-médiatique. Qu’il est ailleurs, dans les convictions et le sens du bien commun. Rien, sur le fond, ne justifie la moindre concession, la moindre indulgence, le moindre ralliement.

Laurent Sailly, directeur de la publication
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