vendredi 28 août 2015

Migrants: 6 idées pour éviter la honte et le chaos


Soixante et onze morts en Autriche dans un camion, deux cents disparus suite au chavirage d’une embarcation au large des côtes libyennes, des actes xénophobes signalés en Allemagne, des  comportements très limites des forces de l’ordre hongroise… c’est le triste bilan d’une journée comme les autres chez les migrants. Il y a quelques jours j’écrivais un article : « tout cela pourrait bien mal finir… ». J’espère me tromper. En tout cas, cela commence bien mal !

Et que font nos dirigeants ? Quelles sont leurs propositions ? Le président Hollande est tellement silencieux qu’on se demande s’il est rentré de vacances. Le premier ministre doit gérer Emmanuel Macron et ses déclarations libérales. Le  parti socialiste, en pleine université d’été, voit ses cadres occupés à sauver leurs mandats. Les Verts explosent. L’extrême-gauche se divisent à nouveau (le Front de gauche est mort). L’extrême-droite est engluée dans une affaire familiale sordide. Le centre droit est muet. Seul, Xavier Bertrand, pour Les Républicains, fait des propositions innovantes, pratiques, réalistes, concrètes et efficaces.

Plus que jamais, les Européens doivent se réunir et mener une politique d’immigration commune.

Il faut distinguer les différents flux migratoires auxquels nous sommes confrontés car les réponses sont différentes. Des migrants qui viennent de l’ouest de l’Afrique via l’Espagne ou du nord via l’Italie (Lybie, Tchad…), ou du Moyen-Orient via la Grèce (Syrie, Afghanistan, Irak…). Des migrants qui fuient la guerre, qui fuient la misère économique, qui fuient la répression.

Que faut-il faire ?
XAVIER BERTRAND

Tout d’abord, prendre en charge les migrants qui sont entrés en Europe. Il faut ouvrir des centres d’accueil, sous l’administration de l’ONU, qui permettront de protéger ces populations et d’étudier les différentes demandes d’asile. Les migrants « politique » sont appelés à bénéficier du droit d’asile et à pouvoir séjourner légalement en Europe. Les migrants des pays en guerre resteront dans ces centres avant d’être renvoyés chez eux une fois la paix revenue.

Ensuite, informer les populations locales, candidates à l’immigration, que l’Europe n’est plus cette « Eden » distribuant, comme une manne, prestations sociales et travail. Pour cela, toutes les ambassades européennes doivent pouvoir recevoir, étudier et valider (ou invalider) les demandes d’asile. Un refus « sur place » évitera, à une partie de ces candidats, de se voir refoulée aux frontières.

MICHEL ROCARD
De même, l’Europe doit imposer des quotas d’accueil pour chaque membre de la Communauté européenne. Car pour paraphraser Michel Rocard « [l’Europe] ne peut pas accueillir toute la misère du monde mais [chaque pays européen] doit en prendre sa part. » Les quotas seront définis en fonction de facteurs tels que la volumétrie de la population, la superficie du pays, la richesse et sa capacité à créer de l’emploi. Les capacités professionnelles du migrant seront étudiées afin de  « l’affecter » dans le pays où cette qualification manque le plus.
JEAN LOUIS BORLOO

L’Europe, ses états membres, doivent mettre en place un « plan Marshall » d’investissements économiques massifs en Afrique (projet de Jean-Louis Borloo d’électrifier le continent) afin de lutter contre la misère extrême de ces pays.

Dans les pays en guerre, seule la paix arrêtera ce flux migratoire. Au moment où j’écris ces lignes, je ne sais pas s’il faut ou non imposer la paix par la force armée. Toujours est-il qu’il faut cesser les embargos de toutes sortes (sauf livraison d’armes et poursuivre le contrôle des mouvements financiers) notamment commerciaux qui ne sanctionnent que les populations.
Enfin, le traité Schengen doit être renégocié afin de permettre à chaque pays de reprendre le contrôle de leurs frontières. Un accord de solidarité financière et militaire doit être passé entre les états de l’union européenne afin d’accompagner les pays ayant des côtes méditerranéennes (Espagne, France mais surtout Italie et la Grèce). Cet accompagnement passe notamment par la mise en place d’un blocus maritime aux larges de la Libye afin d’intercepter en pleine mer ces embarcations de la mort.

N'oublions pas.