Pour en finir avec la lâcheté de nos hommes politiques

© Laurent SAILLY pour Méchant Réac ! ®

Maxime Tandonnet dans « Mon blog personnel » déplore dans un billet en date du 22 octobre (« Le chaos et l’espérance ») que la « France dite d’en haut, dirigeante, médiatique, politique, se montre profondément désemparée, pataugeant dans une apparence d’impuissance. Non qu’elle ne dispose pas des moyens d’action, mais elle est empêtrée dans une lâcheté sans nom qui l’empêche d’esquisser le moindre geste. » Le 13 octobre, dans « Ma pensée politique la plus sincère… », l’ex-conseiller de Nicolas Sarkozy relève « la médiocrité ambiante » de la classe politique dans son ensemble. Le 21 octobre, Ivan Rioufol nous expliquait combien « la politique de l’apaisement est une lâcheté » constatant que « l’autorité de l’Etat (…) se délite chaque fois un peu plus, sa tolérance affichée ressemblant trop souvent à une faiblesse. »


Il faut bien l’avouer, la pauvreté des débats et l’absence de réformes de fonds gangrènent la vie politique. L’opposition n’est pas en reste, la plupart de ses soi-disant leaders se contentant d’aboyer avec la meute.
Comment expliquer cet immobilisme général ?


Je distingue plusieurs facteurs :
-       La mégalomanie de notre classe politique qui se rêvent tous en président de la République.
-       Le raccourcissement du temps politique lié au quinquennat renouvelable et aux primaires.


Il faut dire que la mégalomanie est devenue la règle essentielle du caractère de nos hommes politiques ! De la droite à la gauche, tous les candidats à la présidentielle ou à la primaire (pour les partis qui en organisent) sont persuadés d’être élus et de faire un bon président de la République.


Tout à changer en 2002 lorsque Jean-Marie Le Pen s’est retrouvé au 2ème tour. De ce jour-là, tous les seconds couteaux de la politique se sont demandés : « pourquoi pas moi ? » Ce sentiment a été renouvelé en 2012 avec l’élections de François Hollande (qui ne s’attendait même pas à être candidat d’où l’impréparation de sa magistrature). Avant cette date, une grande majorité des candidats à la présidentielle savaient qu’ils n’avaient aucune chance d’être élus mais se présentait pour faire valoir une opinion, une idée, une idéologie.


Le quinquennat renouvelable et les primaires sont les deux sous-facteurs du raccourcissement de la vie politique.


Le quinquennat renouvelable place le président en fonction à « penser » sa réélection très tôt dans l’exécution de son mandat et raccourcit d’autant la « période de grâce » (tout doit se jouer dans les trois à cinq premiers mois estiment plusieurs commentateurs de la vie politique).


Ce temps est en plus accélérer par l’organisation de primaires. Jusqu’avant les primaires, les candidats se déclaraient une bonne année avant les élections ; le président attendait lui le dernier moment soit 4 à 5 mois avant le premier tour (même si sa « campagne » débutait réellement 2 ou 3 mois avant cette déclaration). Aujourd’hui, pour contrer l’organisation de primaires dans sa famille politique, le président Hollande est obligé de se dévoiler comme candidat à sa propre succession alors qu’il reste encore près d’un tiers du mandat à réaliser ! L’opposition n’est pas mieux lotie. Son champion doit être élu au moins 1 an avant la présidentielle (comme avant) mais il faut ajouter 6 à 8 mois de campagne supplémentaire.


Contre la mégalomanie, on ne peut pas grand-chose si ce n’est un accompagnement psychiatrique. La suppression de l’usine à mégalo qu’est l’ENA pourtant participerait grandement à cet effet.


Contre le raccourcissement de la vie politique, il existe des solutions :
- Rallonger le mandat du président de la République (fourchette de 7 à 10 ans) et interdire son renouvellement afin de libérer le titulaire de la pression de sa réélection.
- Supprimer purement et simplement les primaires qui ne correspondent pas aux pratiques démocratiques de notre pays.

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