mercredi 2 décembre 2015

Quelles sont les responsabilités de la France dans l'émergence de Daesh ?



La diplomatie française est responsable de la progression de Daesh en Syrie et en Irak à plusieurs niveaux depuis 2012 (avant Daesh n'existe pas, inutile d'essayer de mettre l'affaire sur le dos du président Sarkozy) :

1. d'abord comme alliée, pour des raisons économiques, du Qatar et de l'Arabie Saoudite, principaux financiers de Daesh;
2. ensuite, en ne dénonçant pas le double jeu du président turc;
3. en ayant voulu tenir tête, pour des raisons idéologiques, à la Russie qui avait la bonne lecture de la situation régionale;
4. enfin, en rompant les relations avec la Syrie de Bachar El-Assad et en soutenant un réseau d'opposants syriens qui se révèlera non fiable.

Rappel des faits

Afin de déstabiliser le régime irakien de Saddam Hussein dans les années 90, les américains vont marginaliser la minorité sunnite, alors au pouvoir, au profit des chiites. Le gouverneur américain à Bagdad, Paul Brenner donne alors l’ordre de licencier tous les militaires sunnites. Des dizaines de milliers de soldats expérimentés, pétris de haines et de revanches, vont être récupérés avec armes et bagages, par des satellites d’al-Qaïda.

A partir de 2012, dans ce chaos irakien, émergent Daesh  et Al Nostra (restée proche d’Al Qaïda).
Les Saoudiens, musulmans sunnites, vont favoriser le Djihad afin de freiner le développement de l’axe chiite (Iran-Irak). D’autant plus que l’Iran chiite veut construire un pipeline qui déboucherait en Méditerranée via l’Irak et la Syrie. Ce pipeline remettrait en cause la suprématie des deux monarchies sunnites saoudienne (pétrole) et qatari (gaz). Elles vont alors chercher à déstabiliser la Syrie de Bachar El Assad en finançant les différents mouvements djihadistes, afin d’instaurer un régime religieux sévère.

Dans le même temps, la France, représentée par son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, soutient les rebelles de l’Armée Syrienne Libre, considérée comme une solution de rechange à Bachar El Assad.

Alors on livre des armes, des canons, des lance-roquettes, des missiles antichars… sans trop savoir dans quelles mains elles tombent ! Car les rebelles de l’ASL ne représentent rien en Syrie et beaucoup de ces armes vont être récupérées par Al Nostra.

Mais l’Etat islamique devient trop puissant et s’approche dangereusement des frontières de la monarchie saoudienne qui lui coupe les vivres à partir de 2013. Pourtant, il semblerait que l’Arabie Saoudite continue d’acheter, avec la complicité de la Turquie, le pétrole provenant de Daech.
Comment expliquer l’aveuglement du ministre des affaires étrangères si ce n’est pour satisfaire deux importants clients de la France (l’Arabie Saoudite et le Qatar) ?  L’Arabie Saoudite nous a débarrassé des deux frégates initialement construite pour la Russie et le Qatar a signé avec François Hollande l’achat de 24 Rafales en 2015 !

Comment expliquer la position de la France vis-à-vis de la Turquie au point d'avoir soutenu le 15 octobre de cette année la nécessité de "revigorer le processus d'adhésion" de la Turquie à l'Union européenne ?
Comment expliquer les défaillances des services de renseignement français si ce n’est par la volonté de François Hollande de jouer (une nouvelle fois) les gros bras au niveau international ? La situation géopolitique de la Syrie nous interdisait de rompre les échanges avec l’espionnage syrien.
Quel rôle direct ou indirect ont joué les monarchies du Golfe dans les attentats du 13 novembre ? Quelle responsabilité tient la Turquie dans le financement de Daech et en facilitant les allées et venues des apprentis terroristes entre la Syrie et l’Europe ?
Il est temps de dénoncer, de concert avec notre allié russe, l’implication de ces trois pays dans le développement des organisations terroristes se réclamant de Daech. Ne pas le faire rendrait (rend déjà car ces informations nous les connaissons depuis au moins 2014) la France coupable de haute trahison !

N'oublions pas.