mardi 8 décembre 2015

Tous divisés dans l'union, les impostures de la posture du "tout sauf Le Pen"

Quel étrange spectacle que l'entre-deux tours auquel nous assistons ?

D'abord un premier ministre qui annonce à la télévision, dans un numéro d'acrobate, pour qui il faut voter ! Cela donne un peu près ce discours: dans la majorité des cas, les électeurs de gauche sont appelés à voter pour la liste d'union de la gauche pour battre la liste d'union de la droite et le Front national. Dans d'autre cas, il faut voter pour la liste d'union de la droite pour battre le FN. Enfin, dans un cas il faut voter pour la liste d'union de la droite pour battre le FN mais aussi battre la liste de gauche qui se maintient.

Ensuite, il faut intégrer l'alchimie qui a conduit à la création de ces listes d'union. Car toutes les listes, de droite comme de gauche sont unies mais pas ensembles. Ainsi, la gauche est unie mais seulement pour le deuxième tour. Pourquoi ? Parce que les différentes composantes de la liste ne s'entendent pas pour gouverner ensemble. La droite est, par contre unie dès le premier tour mais l'union risque d'exploser dès le deuxième tour parce que les différents leaders ne voudront pas gouverner conjointement ! Il ne faut pas oublier qu'une des listes de gauche n'est pas unie et donc une partie s'est unie pour voter pour la liste unie de la droite.

Enfin, au sein de chaque composante de ces listes, les membres ne sont pas d'accord entre eux.
Ainsi, à gauche, au sein du parti socialiste tous ne sont pas d'accord sur la politique économique à mener (du libéral Macron à l'état providence de Montebourg); au niveau des écologistes (EELV) il y a autant d'avis que d'individu; à l'extrême gauche, Mélenchon, leader du parti de gauche ne supporte pas le premier secrétaire du parti communiste (alors qu'ils étaient unis dans le Front de gauche).
A droite, on trouve Les Républicains de Nicolas Sarkozy, l'UDI et le Nouveau Centre. Les Républicains sont eux-mêmes composés de plusieurs mouvements qui vont de la France droite à la Droite forte. Il faut retenir que la France droite est plus proche du Nouveau Centre (lui-même proche de la tendance Macron du parti socialiste) que de la France forte proche du Front National. Il ne faut pas oublier l'UDI qui est elle aussi composée de plusieurs tendances. On y trouve le Nouveau Centre (dont on a déjà parlé), mais aussi des mouvements comme le Parti Radical proche de la France droite. Le top du top étant la Gauche moderne qui est plus à gauche que les libéraux de gauche du parti socialiste mais quand même à droite parce que composante de l'UDI qui est au centre.

Bref, vous comprendrez que ce n'est pas comme ça que l'on redorera le blason de la politique française. Ces transactions (magouilles en vocabulaire frontiste) renforcent le socle du parti de
Marine Le Pen.

N'oublions pas.