vendredi 29 janvier 2016

Bande de salauds

Cinq questions pour comprendre l'affaire Jacqueline Sauvage
Dans un article paru mercredi, j'expliquais pourquoi, selon moi, il n'était juridiquement pas possible de gracier et encore moins d'acquitter Jacqueline Sauvage. La justice n'est pas toujours juste. Car en la personne de Jacqueline Sauvage nous avons bien une victime et, en la personne de Norbert Marot, son compagnon, nous avons bien un salaud.Juste retour des choses. A elle seule, Jacqueline Sauvage devenait la vengeresse des 134 femmes mortes sous les coups de leurs conjoints en France en 2015. Je n'ai aucune compassion pour Norbert Marot, mais s'il faut élargir la présomption de légitime défense, il ne faut pas tomber dans l'extrême, le permis de tuer.

Au-delà du cas de Jacqueline Sauvage et de la réponse pénale à apporter, c'est un véritable examen de conscience que les hommes doivent réaliser dans leurs relations de tous les jours avec les femmes.

Car en ce début de XXIème siècle, combien d'épouses, de concubines, de "petites amies", combien de femmes supportent chaque jour la violence de leur conjoint. Cette violence a d'ailleurs plusieurs visages: physique (de la claque au passage à tabac), sexuelle (du geste déplacé non consenti au viol), psychologique (de la réflexion mesquine au harcèlement moral). Cette violence peut être systématique ou simplement occasionnelle. Elles ont toutes un point commun, elles sont inexcusables.

Hors la sphère familiale, la violence envers les femmes se manifeste au travail (de la remarque sexiste au harcèlement sexuel) comme dans les lieux publics (du regard insistant au frottement corporel).

Je ne fais pas acte ici de féminisme mais simplement d'humanité.

Le féminisme je le laisse à ces associations qui se sont accaparées le terrain de la défense des droits de la femme. Croyant bien faire, elles se trompent souvent de combats et sombrent parfois dans l'androphobie. Toujours elles interdisent aux hommes d'exprimer leur vision des choses si celle-ci sort de la doxa érigée en dogme.

Ainsi, le cas de Jacqueline Sauvage est un mauvais choix. Attention, je ne dis pas un mauvais combat mais bien un mauvais choix. Car meurtre il y a. Le meurtre, en droit, s'est donné volontairement la mort à un être humain sans préméditation. Il n'y a pas meurtre si la légitime défense est reconnue. Or un des éléments constants de la légitime défense est la concomitance de la riposte avec l'agression. A partir du moment où l'agression a cessé, il n'y a plus légitime défense C'est le cas dans notre affaire. "Dura lex sed lex". Les deux cours d'assises ne pouvaient, au risque de créer un permis de tuer, ne pas condamner Jacqueline Sauvage. Une peine inférieure à dix ans aurait permis d'adapter la peine. Egale à dix ans, la condamnée doit exécuter au moins la moitié de la peine prononcée.

L'avocat général, en charge de défendre les intérêts de la société, a insisté lors des débats sur le caractère meurtrier de l'acte. Pourquoi ? Par misogynie ?  Par sévérité ? Je crois qu'il a choisi cette position pour que s'applique la loi telle qu'elle existe dans notre droit et ouvrir ainsi le débat de société que nous connaissons. C'est une façon de dire au législateur (et très directement au président de la République contraint de se prononcer sur le droit de grâce) que la réglementation de la légitime défense doit être adaptée s'il ne veut pas être dans quelques semaines ou mois confronté au même cas d'espèces.

Plus judicieux aurait été pour ces associations de s'engouffrer dans ce qui devrait devenir le scandale des prochains mois. Il y avait en effet une sacré bande de salauds ce soir de la saint  Sylvestre à Cologne (766 plaintes déposées pour attouchements, brutalités, et viols ayant abouti à l'arrestation de dizaines d'hommes majoritairement maghrébins ou de migrants demandeurs d'asiles). Mais les féministes françaises vont rester terriblement silencieuses, niant les faits, méprisant les victimes, accusant les uns et les autres de racismes. Majoritairement d'extrême-gauche, les féministes françaises ont adoptés les  "priorités de l'extrême gauche. C'est à peu près ce qui se passait il y a 40 ans, du temps des staliniens. "Ne dites pas ceci ou cela, car vous feriez le jeu du fascisme", nous répétait-on à l'envi. Aujourd'hui ça n'a pas changé : ces femmes sont d'abord politiques, avant d'être féministes. et à chaque fois, elles vous renvoient à la figure que, si les jeunes portent le niqab, c'est parce qu'elles le veulent bien. Et que, si vous prétendez critiquer ceci, c'est une attaque de leur pratique religieuse... Donc c'est fini, on n'en parle plus. C'est devenu un sujet tabou."

Les salauds n'ont pas de classe sociale, de nationalité, de religion. Ne pas dénoncer toutes les violences dont on a connaissance nous rend coupable.

N'oublions pas.