dimanche 5 juin 2016

Merci Monsieur le proviseur !

Il y a des rencontres, des échanges de quelques secondes, qui vous amènent à repenser le monde ou en tout cas à vous interroger sur la vision que vous en avez. Cette rencontre je l'ai fait cette semaine.

A l'occasion de mon activité professionnelle, j'ai conversé quelques minutes avec le proviseur d'un lycée de la banlieue parisienne. Nous parlions de l'avenir. Et j'ai été étonné par la lueur d'espoir qui brillait dans les yeux de cet homme d'une soixantaine d'année. Depuis qu'il exerçait, il avait vu passer trois générations de lycéens (dont la mienne). Des trois générations il garde le même souvenir ému, la même ambition humaniste, la même bienveillance.

Il était loin mon "éducation nationale bashing". Ma vision de réac me poussait alors à le provoquer et à lui objecter que la génération à venir n'avait plus de valeur et que celle qui avait précédé la mienne n'avait pas su les protéger. Au lieu de me contredire, il acquiesça dans mon sens. Par une observation simple (mais efficace) il me demanda: "est-ce à la génération de vos parents ou à celle de vos enfants de construit l'avenir de notre pays ?".

Il venait de me mettre face à mes responsabilités. Chaque génération est tributaire de l'héritage de la précédente. Pour le meilleur comme pour le pire. La génération de mes parents n'est pas exsangue de reproches mais n'est pas responsable de tous les maux. Et on ne peut reprocher à la génération à venir des faits qu'ils n'ont pas encore commis. Ma génération est aujourd'hui au pouvoir. Elle doit gérer l'héritage transmis d'une part et faciliter sa transmission à la génération à venir.

Alors je reste viscéralement un "méchant réac" mais plus éclairé.

Merci Monsieur le Proviseur !