mardi 16 mai 2017

Couple MACRON / PHILIPPE : ne confondons pas Consensus et Compromission.


©Laurent SAILLY, pour Méchant Réac ! ®

C'est fait ! Le premier ministre est de droite... pour l'instant.

Tout le monde  se réjouit de la nomination de M. Edouard Philippe, maire du Havre, par notre nouveau Chef de l'Etat. Tout le monde ? En tout cas tous ceux qui espèrent devenir Ministre (tel Mme Nathalie Kiosciusco-Morizet, M. Estrosi, M. Bruno Le Maire, M. Le Drian...) ou qui espère ne pas voir contre eux des candidats aux législatives (M. Valls entre autres).


Détruire n'est pas construire. M. Macron, jouant sur la médiocrité de notre classe politique, a réussi à convaincre les Français qu'il fallait en finir avec la droite et la gauche.


Quel est le but du président Macron ? Construire un nouveau monde pour le bien de tous ? Ou détruire le sien pour son simple intérêt ? Sa victoire à la présidentielle a détruit la gauche de gouvernement. M. Macron veut faire des législatives, l'outil de destruction massive de la droite gouvernementale. Ne cherche-t-il pas, comme tout bon joueur d'échecs, à sacrifier quelques pièces (quelques sièges à l'Assemblée nationale), pour s'assurer une majorité suffisante pour obtenir l'autorisation de gouverner par ordonnance ?


Ce brouillage des orientations politiques de nos dirigeants est accentué par plusieurs facteurs. D’abord par une formation stéréotypée de nos élites (tous formés sur le même modèle, ils n’ont quasiment aucune notion d’économie d’entreprise et n’ont qu’une réponse générale : la dépense publique). Ensuite, la professionnalisation de la vie politique amène nos dirigeants à raisonner en termes d’échéances électorales tout en ayant absorber les nécessités de l’alternance (sorte de périodes de mise en jachère de leurs idées). Enfin, et elle découle de la précédente, l’impossibilité de mettre en œuvre les programmes pour lesquels ils ont été élus, assemblage de promesses électorales irréalistes. Il faut quand bien avouer que le corps électoral n’a que les représentants qu’il mérite.


Le tropisme des idées a évolué vers une pluralité d’orientation où l’axe « droite-gauche » conserve sa valeur de simplification du débat politique (ce qui est fondamental dans une démocratie). Car ce qui est en cause, ce ne sont pas les idées, mais ceux qui les portent.


Je crains que nous soyons en train de confondre consensus et compromission.

Attendons et voyons.

N'oublions pas.