Cet été, redécouvrez Raymond Aron : le philosophe de l'Histoire

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Témoin direct de la prise du pouvoir par Hitler, Aron s'est forgé une conviction : il a toujours défendu l'idée d'un pluralisme des interprétations historiques.

La philosophie de Raymond Aron, qui est pour l'essentiel une réflexion sur l'histoire et les sociétés humaines, a son origine dans des questions dont la première formulation date d'un séjour en Allemagne au début des années 1930. Assistant de français de 1930 à 1933 à l'université de Cologne, où il assiste - expérience fondatrice de sa pensée politique - à la montée du nazisme et à l'arrivée de Hitler au pouvoir, Aron découvre la phénoménologie de Husserl et Heidegger (auteurs auxquels, à son retour à Paris, il initiera Sartre)
Né à Paris en 1905, Raymond Aron, agrégé de philosophie, docteur ès lettres, a apporté son concours à différents journaux. Il a contribué au développement de la sociologie et des sciences politiques. Professeur à l'Institut d'études politiques de Paris (1945-1954) et à l'E.N.A. (1945-1947), il devient titulaire de la chaire de sociologie de la Faculté de lettres de Paris (1955-1967), directeur d'études à la VIᵉ section de l'École pratique des hautes études (1960-1978) et professeur au Collège de France (chaire de sociologie de la civilisation moderne) de 1970 à 1978. Raymond Aron est décédé à Paris le 17 octobre 1983. 
ainsi que la philosophie de l'histoire et la sociologie allemandes, qu'il introduira en France. Et c'est là, comme il le rapporte dans ses Mémoires, que, en quête d' «un objet de réflexion qui intéressât à la fois le cœur et l'esprit, qui requît la volonté de rigueur scientifique et, en même temps, [l'] engageât tout entier dans [sa] recherche», il décide, «un jour sur les bords du Rhin», de se consacrer à l'examen de «la condition historique du citoyen ou de l'homme lui-même».

L'introduction à la philosophie de l'histoire, qui constitue la thèse de doctorat qu'il soutient en 1938, contient déjà l'essentiel des idées qui seront développées dans les travaux ultérieurs. Aron y entreprend une «critique de la raison historique» inspirée de l'interrogation kantienne sur les conditions de possibilité et les limites de la connaissance scientifique et se demande: «Une science historique universellement valable est-elle possible?» La question ainsi posée est celle des limites de l'objectivité historique.

Aron se propose de montrer qu' «il n'existe pas une réalité historique, toute faite avant la science, qu'il conviendrait simplement de reproduire avec fidélité» et défend l'idée d'un irréductible pluralisme des interprétations historiques. «Il faut, juge-t-il, rendre au passé l'incertitude de l'avenir.» S'il reconnaît à Marx, dont il est un lecteur extrêmement attentif, le mérite d'avoir compris que l'économie jouait un rôle essentiel dans l'histoire des sociétés modernes, Aron estime qu'on ne saurait toutefois généraliser cette explication en l'appliquant à toutes les périodes de l'histoire et récuse l'idée d'un premier moteur unique du développement historique. Plus généralement, il s'inscrit en faux contre l'affirmation d'un déterminisme historique, selon lequel l'histoire obéirait à des lois inéluctables analogues à celles qui régissent la marche des planètes.

Individualisme, libéralisme et réforme

Il fait sienne la distinction du philosophe allemand Dilthey entre l'explication, mode de connaissance propre aux sciences de la nature dans leur recherche des causes des phénomènes, et la compréhension qui, ayant pour objet les raisons ou les motifs, est de rigueur dans le domaine des sciences humaines, où comprendre les événements historiques, les institutions ou les sociétés implique que l'on ressaisisse l'intention et le sens des actions humaines. Contre la sociologie positiviste héritée de Durkheim, Aron prend ainsi le parti de la sociologie compréhensive de Max Weber qu'il contribue à faire connaître dans notre pays et chez qui il dira avoir trouvé ce qu'il cherchait: «Un homme qui avait à la fois l'expérience de l'histoire, la compréhension de la politique, la volonté de la vérité, et au point d'arrivée, la décision et l'action.» Héritier de l' «individualisme méthodologique» de Weber, autrement dit convaincu que les phénomènes sociaux sont la conséquence rationnelle d'actions individuelles, Raymond Aron, tant dans son travail sociologique que dans ses analyses historiques ou politiques, accorde une place centrale aux agents et à leurs décisions. 

Cet accent mis sur le rôle des individus va de pair chez lui avec un libéralisme nourri de la lecture de Tocqueville, dont on lui doit dans une large mesure la redécouverte. Adversaire des fanatismes en tout genre, même lorsqu'ils sont animés des meilleures intentions, convaincu que le choix en politique n'est jamais entre le bien et le mal, mais entre des biens ou des maux plus ou moins grands et que la société ne peut elle-même être améliorée que par fragments et jamais de manière globale, Raymond Aron est, en politique, le théoricien par excellence du réformisme.


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