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Clitocratiquement correct, le féminisme selon Caroline De Haas



Méchant Réac ! ® a 3 ans. 


Méchant Réac ! ® vous propose de revenir sur des évènements ou des personnalités qui ont fait l’actualité depuis août 2015. Aujourd’hui, le néo-féminisme représenté par Caroline De Hass.




Sexisme ordinaire, violences physiques ou psychologiques, pressions sociales, le sort des femmes dans notre pays est en régressions et les conquêtes issues de l’après mai 1968 semblent remise en cause. Les Français, toujours en première ligne pour défendre leurs acquis sociaux (35 heures, Congés payés, Sécurité sociale…) se mobilisent peu pour la cause de leurs épouses, de leurs mères, de leurs filles.

Même les féministes de hauts rangs se perdent dans leurs combats. Elles mobilisent contre une campagne de publicité de la nouvelle Twingo (Renault - « le Twingo Nail Polish ») où la marque au losange propose aux femmes des vernis assortis à la carrosserie afin de réparer soi-même ses erreurs de conduite, ou contre le « manspreading » cette attitude (et habitude) vulgaire et sans gêne de certains hommes à s’assoir les jambes écartées (notamment dans les transports publics).

Pourtant les sujets ne manquent pas : l’équité salariale (et non l’égalité, l’équité appelant à rémunérer au même niveau deux collaborateurs ayant des mérites identiques), les « frotteurs » des transports en commun (caractéristique qui ne doit pas se limiter au métro parisien), la situation de plus en plus dégradée des femmes et des jeunes filles contraintes dans leur tenue vestimentaire par la mode (« porn fashion ») ou la religion (essentiellement musulmane), les violences faites aux femmes et le viol entre conjoints. Et ce sans compter sur la libération de la parole de la femme qui n’est qu’un leurre. L’anonymat des #MeToo ou #BalanceTonPorc, ne sont que des miroirs aux alouettes, consacrés par des femmes dont le rang social, intellectuel et médiatique permet d’accéder aux tribunes des journaux parisiens. Pour un Weinstein démasqué à Hollywood combien de sous-chefs de bureau exercent-ils leur domination (harcèlement moral ou sexuel) sur des femmes (ou des hommes) en état de précarité économique et sociale.

Le retour de bâton, le « Backlash », phénomène de retour en arrière à chaque avancée du droit des femmes décrit par Susan Faludi, a commencé – l’auteur (sans « e » ni « autrice » comme j’ai pu le lire) américaine (l’adjectif s’accorde avec le genre) a obtenu le prix Pulitzer pour cette étude. Déjà dans les bureaux on entend les premières blagues comme « Je ne te fais pas la bise, j’ai peur que tu portes plainte » ou encore, « Je baise ce soir, j’ai ma capote et un exemplaire du contrat ». Pis, l’adage même hérité de la « révolution sexuelle » des années 1970 selon lequel « mon corps m’appartient » est attaqué par les extrémistes de tout bord qui remettent en cause l’I.V.G., la contraception, la P.M.A...


Certainement pas, Caroline De Haas et compagnie, regroupées au sein de « Osez le féminisme » (qui va dénoncer mon article à Facebook pour me faire censurer). Celles-ci ferraillent à l’ancienne, à la classique, en chiennes de garde. Au-delà des combats classiques,  elles s’opposent à la présence des « grip girls » lors des GP motos, militent contre les défilés de Miss, veulent faire interdire le porno, encouragent le lynchage médiatique plutôt que la condamnation judiciaire. Ce qui tendrait à classer ces trentenaires dans le camp des puritaines, plutôt Sophie Agacinski que Elisabeth Badinter, plutôt Caroline Autain que Céline Pina.

En mai 2011, Caroline De Haas fait ses débuts médiatiques en s'exprimant sur l'affaire Dominique Strauss-Kahn, déclarant que « la manière dont cette saga a été commentée en France par les médias et les figures politiques met en lumière un sexisme débridé, dont nous connaissions l'existence. » En 2013, en réaction à la publication d'une pétition, signée par « 343 salauds », qui défend la liberté d'utiliser les services de prostituées, elle crée le site 343 connards, qui permet d'envoyer des tweets à tous les signataires de cette pétition. En 2014, elle co-fonde également un site, Macholand, destiné à permettre aux internautes de dénoncer le machisme ambiant dans les médias ou leur environnement quotidien.

Nouvel An 2016 à Cologne : « Allez déverser votre merde raciste ailleurs ».

On se souvient tous des violences sexuelles dont ont été victimes de jeunes allemandes à Cologne lors de la soirée de la saint Sylvestre perpétrées par des groupes d’hommes ivres, «d’apparence arabe ou maghrébine», selon les témoins. On se souvient des déclarations odieuses de Caroline DE HAAS qui ans un tweet niait les faits et invitaient les victimes à « aller déverser [leur] merde raciste ailleurs ». On se souvient de la levée de boucliers de la presse niant ou minimisant les faits. Guidés par la dictature islamo-gauchiste, tous ces "intellectuels" avaient remisé au grenier la protection de la femme pour ne pas nuire à la cause immigrationniste.

Lire aussi "La Stampa" Et  "Der Spiegel".

Mai 2017, quartier Chapelle-Pajol à Paris : « On pourrait élargir les trottoirs ».

En mai 2017, la parution d’un article du Parisien, sur le harcèlement de rue contre les femmes du quartier Chapelle-Pajol, à Paris, éveille la créativité de Caroline De Haas. L’ex-conseillère de Najat Vallaud-Belkacem au ministère des Droits des Femmes, considérait que le problème du harcèlement de rue relève surtout de l’aménagement urbain. "On pourrait élargir les trottoirs pour qu'il y ait plus de place et qu'il n'y ait pas de cohue dans ces endroits-là". Car selon elle, c'est très clair: l'aménagement urbain est en partie responsable du harcèlement de rue. Par contre avoir recours à la responsabilité des parents dans l’éducation de leurs fils, il n’en est pas fait mention. Mieux vaut élargir les trottoirs que les esprits.

Février 2018 : « Un homme sur deux ou trois est un agresseur »

Déclaration signée Caroline De Haas. On ne sait toujours pas quelle étude a permis d’établir ce taux. Pour cela, elle se fonde sur… l’intuition féminine. Selon une étude de l'Ifop de février 2018, 43 % des femmes interrogées affirmaient avoir été victimes d'attouchements sexuels, et 12 % avoir subi un viol. Caroline De Haas poursuit son raisonnement mathématique sur BFM TV: « Une femme sur deux a été victime de viol, d'agression ou de harcèlement, indique-t-elle. Dans l'immense majorité des cas, c'est par quelqu'un de son entourage. Vous connaissez donc des dizaines de victimes. Réfléchissez: si vous connaissez des victimes et que l'immense majorité des agresseurs sont de leur entourage, c'est que vous connaissez aussi des agresseurs. ». « Réfléchissez… au Figaro, vous en avez bien, des agresseurs ? interroge-t-elle. Le harcèlement sexuel, c'est une femme sur cinq. Donc y en a forcément aussi au Figaro. Et vous avez fait quoi ? » « Ce que je trouve le plus intéressant, c'est à quel point le fait de dire que nous connaissons un agresseur, voire plusieurs, nous dérange ! insiste-t-elle. C'est peut-être le signe qu'on a touché juste ! ». A aujourd’hui je n’ai toujours pas compris le raisonnement…


Depuis l'affaire Weinstein, Caroline de Haas reçoit « quantité de témoignages. Ils concernent « des responsables politiques de tous bords », assure-t-elle. Mais à l'organisation étudiante Unef, dont plusieurs anciens dirigeants sont accusés d'agressions sexuelles et de viols, celle qui fut secrétaire générale de 2006 à 2009 n'avait jamais rencontré aucun abuseur…

« J’ai reçu depuis des mois des informations et des témoignages qui concernent des responsables politiques. De tous bords. A de très hauts niveaux de responsabilités. (...) Contrairement à ce que la société semble penser, les femmes victimes parlent. Le problème, c’est que souvent personne ne les entend. Je ne suis ni journaliste, ni juge. Je ne peux enquêter ou juger. Je suis militante féministe. Je peux accueillir la parole des femmes victimes et les orienter. C’est ce que j’essaye de faire. C’’est ce que je ferai à nouveau si d’autres femmes victimes de ministres ou responsables politiques viennent me voir", écrit-elle sur son blog hébergé par Mediapart.

En janvier, le ministre Gérald Darmanin est accusé de viol par une certaine Sophie Spatzl. C'est Caroline De Haas qui l'a convaincue de porter à nouveau plainte, neuf ans après les faits présumés, et alors qu’une première plainte avait été classée sans suite. « J'aurais dû dire merde à cette femme, qui venait me voir avec un dossier de 40 pages, parce qu'elle accusait un responsable politique ? s'insurge-t-elle. Si une victime me demande s'il faut porter plainte, je réponds toujours: “Je ne sais pas, c'est à votre avocat de vous accompagner.” Je n'ai pas porté plainte pour le viol que j'ai subi (pendant ses années étudiantes, NDLR). Je serais bien en peine de conseiller quelqu'une (sic) là-dessus.» Elle ne conseille personne, mais charge des amies avocates féministes de défendre l'accusation, pendant qu'elle-même en fait la promotion dans les médias… Elle oublie de préciser que Mme Spatz est également dotée d’un casier judiciaire orné d’une condamnation correctionnelle pour « harcèlement et chantage » et exerçait, au moment des faits, le métier de « call-girl », prostituée en bon français. Depuis, la plainte contre Gérald Darmanin a une nouvelle fois été rejetée par la justice… aucune trace de Caroline De Haas dans les médias pour s’excuser.

Début février, c'est Nicolas Hulot qui est mis en accusation. Qu'importe si la plainte pour viol est classée sans suite, et la rumeur de harcèlement sexuel, démentie. Caroline De Haas a ses sources: des « amies » qui ont « entendu des victimes ». Combien ? lui demande-t-on sur France Info. « Ben j'en sais rien puisque je les connais pas, les victimes ! rétorque-t-elle, confondante de naïveté. Comme j'ai trois histoires qui me remontent, si ça se trouve, ça concerne la même personne…» Devant le tollé, l'activiste se plaint sur Twitter: «Tu as des infos sur des faits de violences sexuelles. Tu en parles pas, on te reproche d'avoir couvert des faits. Tu en parles, on te reproche de rendre publics des faits. Dans 100 % des cas, c'est perdant.»

Le juteux commerce féminisme de Caroline de Haas

En 2013, elle quitte ses fonctions de conseillère auprès de la ministre du Droit des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, pour fonder Egaé, une entreprise de conseil et de formation en matière d'égalité femmes-hommes. L'objectif est de « percuter l'illusion de l'égalité », ce « sentiment que les progrès ont été tellement importants ces dernières années que nous serions presque arrivés à l'égalité ». Au programme, par exemple, en 2018, l'élaboration « d'un diagnostic sur le genre dans les pratiques organisationnelles » d'une ONG ou « un large plan de sensibilisation sur le harcèlement moral et sexuel à la Fondation santé des étudiant·e·s de France ». Et ce, «en partant de la réalité professionnelle des individu·e·s».

Fin 2017, elle critique le manque de moyens du plan gouvernemental contre les violences faites aux femmes (420 millions d'euros en 2018). La journaliste Eugénie Bastié relève alors que l'entreprise de Caroline de Haas est spécialisée dans la formation des entreprises, des syndicats ou encore des collectivités locales en matière d'égalité femmes-hommes, estimant que « son business repose principalement sur l'argent public, raison pour laquelle elle réclame aujourd'hui une augmentation du budget ».

Heureusement, le féminisme intelligent existe

Sur le blog Vu du droit, Me Florence Rault, voit en Caroline De Haas  «une des grandes prêtresses du néo-féminisme agressif », s'indigne de « débordements ahurissants »: elle « a organisé avec l'affaire Darmanin une manipulation détestable, méritant peut-être que le parquet examine de plus près son rôle dans le dépôt de la plainte, désormais classée sans suite, dénonce l'avocate. Il est préoccupant qu'elle ajoute à ses activités lucratives le coaching d'éventuelles plaignantes. Et qu'elle les fasse prendre en main par des “avocates amies”, dans un but dont on peut craindre qu'il ne soit pas de faire advenir la vérité judiciaire, mais de permettre un lynchage médiatico-politique ».

Pour l'essayiste Peggy Sastre, ces « théories paranoïaques du complot patriarcal » sont « vraiment contre-productives ». « Au lieu de continuer la marche émancipatoire du féminisme historique, s'afflige-t-elle, les discours victimaires, avec leurs agresseurs tapis dans l'ombre, considèrent les femmes comme toujours vulnérables. Alors que les violences contre les femmes diminuent depuis l'après-guerre ! »

Un marteau est un marteau que vous vous en serviez pour accrocher un tableau de maître ou pour exploser le crâne de votre voisin. Les réseaux sociaux et leur exacerbation de la pensée tribale fonctionnent de la même manière que vous cherchiez à débusquer l'adresse personnelle d'un individu vu dans une manifestation néo-nazie ou celle d'une journaliste féministe. Et quand Caroline De Haas crée un site permettant d'insulter à la chaîne les signataires d'un texte qui lui déplaît, elle use au final de la même technique que ceux et celles qui la traitent de tous les noms sur les réseaux sociaux. Et lui préférer, par exemple, ce que proposait Ariane Mnouchkine dans une récente interview au Monde: «J’aimerais, j’avoue, que nous arrivions à avoir des assemblées où la confiance serait telle qu’on pourrait converser. Où l’on s’écouterait vraiment, où on ne se jugerait pas avant même le complément d’objet direct, où l’on ne serait pas en train de préparer la réponse pendant que l’autre parle, où l’on admettrait qu’il faut parfois un silence, après, pour réfléchir à ce que l’autre vient de dire. Converser, cela voulait dire: vivre ensemble. Dans les débats, c’est le contraire: les gens sont plus divisés à la fin qu’ils ne l’étaient au début. On a perdu l’art de se parler, aujourd’hui. On ne se persuade plus, on s’ostracise immédiatement. Et ça, c’est dangereux, dans une société. Et triste ».

Tout n’est pas perdu. Il convient d’être vigilant et je vous invite à lire les interventions courageuses de Céline PINA (www.celinepina.fr) ou d’écouter les colères saines de Zohra Bitan aux Grandes Gueules RMC.


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