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Friedrich Hayek

Le propre des auteurs classiques, dit-on parfois, c’est que tout le monde les connaît, que tout le monde les cite mais que… personne ne les lit.


Epistémologie


Son refus de la planification est également enrichi et étayé par ses réflexions psychologiques sur l'ordre sensoriel. D'après Friedrich Hayek, la perception du monde que capte chaque individu est nécessairement idiosyncrasique. Chaque individu ne peut pas saisir la réalité dans toute sa complexité, il la perçoit en fonction des circonstances de temps et de lieu. De ce fait, comment des gouvernants pourraient-ils légitimement et scientifiquement intervenir dans les choix économiques des individus ?


Contre les constructivistes de gauche et de droite, le philosophe et économiste a livré un combat qui se situe également sur le plan juridique et institutionnel. A la suite d'Adam Ferguson et des autres auteurs phares des Lumières écossaises, Hayek a montré sa préférence pour des instances "résultant de l'action des hommes, mais non de leurs desseins". Selon lui, la meilleure garantie pour la préservation de la liberté et le maintien d'une société civilisée réside dans la défense d'un ordre spontané qui permet "la mise en ordre de l'inconnu", et n'émanant pas d'un cerveau planificateur - sans pour autant se confondre avec une sorte d'organisme naturel. Hayek s'inscrit donc dans une logique évolutionniste, qu'il oppose au constructivisme socialiste et conservateur. C'est aussi pourquoi il considère que l'ordre juridique ne peut découler du droit public, mais ne peut être que la forme évolutive prise par le droit privé dans son continuel processus d'essais et d'erreurs.


Economie


Ses thèses sur le malinvestissement et le rôle du crédit dans le développement des crises économiques s'opposent au keynésianisme : il cherche à montrer comment les politiques keynésiennes de croissance économique, basées sur l'utilisation du budget public et des agrégats, produisent sur le long terme à la fois inflation, stagnation économique et chômage (telle la stagflation des années 1970).


Développant la théorie des fluctuations économiques (vision « autrichienne » des cycles) déjà esquissée par Ludwig von Mises, il soutient que les crises économiques sont provoquées par les politiques monétaires expansionnistes des banques centrales et que la seule façon d'en sortir est de laisser jouer les forces du marché. L'économie se trouve comparée dans cette théorie à la nature, son fonctionnement repose alors sur des lois, comme dans les sciences dures. La meilleure solution pour Hayek sera donc de laisser l'économie suivre sa tendance naturelle qui fonctionne parfaitement seule.


Il s'oppose aux intellectuels socialistes ou constructivistes, qui croient que l'on peut refaire le monde à partir d'un projet de société théorique. Plus généralement, il combat toutes les idées affirmant qu'il est possible et souhaitable d'agir sur l'économie au nom de l'intérêt général, dont il récuse l'existence (cf. Droit, législation et liberté, vol. II). Il cherche à expliquer notamment comment l'intervention étatique dans le marché ne génère qu'inflation, chômage, récession ou dépression.


Friedrich Hayek a eu une influence considérable sur de nombreux économistes et chercheurs en sciences sociales, comme par exemple Israel Kirzner. En France, il est représenté par l'école libérale aixoise (Jacques Garello, Jean-Pierre Centi, Gérard Bramoullé) et l'école libérale parisienne (Pascal Salin, Henri Lepage, Bertrand Lemennicier). A Montpellier, le regretté professeur de Droit, Christian Mouly présenta son apport scientifique.


Politique


Comme la plupart des libéraux depuis Tocqueville, Hayek considère que la démocratie est un moyen, et non une fin en soi : « Que dans le monde occidental, le suffrage universel des adultes soit considéré comme le meilleur arrangement, ne prouve pas que ce soit requis par un principe fondamental » (dans Constitution de la liberté). Elle a uniquement l'avantage de permettre l'alternance politique sans violence. Elle se doit cependant d'éviter la démagogie et l'atteinte aux droits individuels qui résulterait d'un débordement inconsidéré de la démocratie hors du champ restreint où elle doit s'appliquer.


Définissant ce qui sépare le régime démocratique du libéralisme, il note :


Le libéralisme exige que tout pouvoir - et donc aussi celui de la majorité - soit soumis à des limites. La démocratie conduit au contraire à considérer l'opinion de la majorité comme la seule limite aux pouvoirs gouvernementaux. La différence entre les deux principes apparaît avec évidence si l'on envisage ce à quoi ils s'opposent respectivement : le gouvernement autoritaire pour la démocratie, le totalitarisme pour le libéralisme.


Il ajoute que la démocratie couplée à l'étatisme, tend à devenir totalitaire. Il considère que les citoyens des sociétés occidentales ont cessé d'être autonomes en devenant dépendants des bienveillances de l'État. Il est néanmoins à noter que Hayek ne s'est jamais considéré comme un chantre de l'État minimal. Tout critique qu'il fut envers les politiques interventionnistes, il estimait que l'État était habilité à contrôler les poids et mesures, à lever des impôts, à garantir la construction et l'entretien des routes, etc. De même, il était favorable à un revenu minimum !


Pour éviter la dérive totalitaire inhérente à la démocratie illimitée, Hayek propose un système baptisé « démarchie ». A côté d'une assemblée parlementaire uniquement chargée d'exécuter les vœux de la population (mais restreinte à la représentation des personnes ne dépendant pas de l'État), il juge indispensable d'instituer une sorte de Sénat, qui détiendrait l'exclusivité de la fonction législative (celle-ci étant réservée à l'élaboration de règles de conduite générales). Cette Chambre haute serait composée de "nomothètes" âgés de 45 à 60 ans, dont un quinzième serait renouvelable annuellement. Par ailleurs, une Cour constitutionnelle composée d'anciens membres de l'Assemblée législative couronnerait cette architecture institutionnelle.


Institutions


Friedrich Hayek s'est inspiré de l'approche de Carl Menger en ce qui concerne les institutions, mais à la différence de dernier, il n'établit pas la même classification claire (Institution pragmatique vs institution organique). Friedrich Hayek distingua les organisations (taxis) et les ordres spontanés (cosmos). Les organisations sont des institutions qui présentent une planification explicite et consciente pour atteindre les objectifs de quelqu'un (ou d'un groupe). Les institutions, dont l'axe est orienté vers un ordre spontané, comportent des règles "abstraites" indépendamment de l'objectif de quelqu'un, en plus de permettre aux individus d'atteindre leurs objectifs. Ainsi, la distinction de Friedrich Hayek entre les organisations et les institutions ne concerne pas l'origine de leur fondation. Friedrich Hayek s'interroge si une institution existe pour servir les intérêts spécifiques d'une personne ou d'un petit groupe, ou si elle existe pour servir les intérêts d'une multitude de personnes. Par conséquent, sa recherche s'appuie plutôt sur la structure interne des organisations ou, plus précisément, sur la nature dynamique des systèmes de règles "de conduite" (comportement des individus) qui existent ou qui émergent au sein des institutions.


Éthique


L'éthique semble étrangement absente de la pensée de Hayek, tout du moins si on tient compte de l'importance qu'elle revêt pour d'autres libéraux ou libertariens (Kant, Rothbard, Hoppe, etc.). La raison en est que Hayek refuse une approche constructiviste et fait davantage confiance à la "morale traditionnelle". Pour lui, l'éthique ne peut être une création intellectuelle, c'est le produit catallactique d'une évolution culturelle. Pour cette raison, les règles de conduite que la "morale traditionnelle" incorpore sont économiquement les plus efficaces.


Comment les hommes en viennent-ils à emprunter la route de la servitude ?
Pourquoi la liberté est-elle une fin et la démocratie un moyen ?
Pourquoi le socialisme résulte-t-il d’une confiance démesurée dans les pouvoirs de la raison ?
Qu’est-ce qu’un ordre spontané selon Hayek ?
Pourquoi le droit précède-t-il la législation ?
Pourquoi la « justice sociale » est-elle une notion frauduleuse et nocive ?
Pourquoi la doctrine de la souveraineté est-elle une superstition collectiviste ?
Pourquoi les salaires ne doivent pas dépendre du mérite ?
Pourquoi le libéralisme s’oppose-t-il au conservatisme ?
Pourquoi les gens confondent-ils toujours entre l’intérêt collectif et l’intérêt général ?
Pourquoi le socialisme est-il une régression vers la morale tribale ?


La route de la servitude

En décembre 1943 Hayek écrit à Londres un ouvrage qui porte ce titre. En 1945, ce livre lui vaudra la célébrité :

une version résumée publiée par la Sélection du Reader’s Digest sera diffusée à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde entier. La raison du succès est simple : avant même la fin de la guerre, Hayek avait eu la lucidité de voir que Hitler et Staline ont mené le même combat contre la liberté, et au nom de la même idéologie socialiste. Mais il a dénoncé aussi la dérive socialiste de l’Occident, en particulier du New Deal de Roosevelt. Ainsi Hayek sera-t-il désormais reconnu comme l’artisan de la « révolution néo-libérale » qui balaiera le socialisme keynésien et inspirera Reagan et Thatcher.

Comment éviter les crises ?

Pourtant l’analyse politique n’est que l’une des dimensions de l’œuvre d’Hayek. Economiste autrichien, il avait participé aux côtés de Mises à la critique scientifique de la planification. Sa théorie des cycles (1931, qui lui vaudra le Nobel en 1974) incrimine les manipulations monétaires des Etats dans la naissance et le traitement des crises. Elle a été largement validée par les faits, y compris dans les mois récents. Les Etats font pression sur les banques centrales pour abaisser les taux d’intérêt. Keynes n’a-t-il pas expliqué que doper le crédit était la seule façon d’éviter le chômage ? Ainsi les banques et les financiers trouvent-ils sur le marché monétaire de l’argent à bon marché qui leur permet d’accorder davantage de crédits, y compris des crédits douteux. L’écart se creuse entre le taux d’intérêt « monétaire », et le taux d’intérêt « réel », celui que rapporte l’investissement réalisé avec le crédit. On débouche alors sur le « surinvestissement » (1932) ou le « malinvestissement » (1948) dans des entreprises et des emplois sans lendemain.

Comment éviter les crises ? En 1978 Hayek donne sa solution (héritée de la théorie de Carl Menger) : se passer de banques centrales, et revenir à un système de banques privées et concurrentes.

Ordre créé et ordre spontané

Dans la Constitution de la Liberté (1960), Hayek se fait politologue et juriste pour démontrer l’importance des institutions pour l’émergence et la solidité d’une société de libertés. Ces règles sociales fournissent une information sur la façon dont devraient se conduire les gens dans leurs rapports aux autres, elles diminuent l’incertitude inévitable qui pèse sur les comportements, et permettent d’établir la confiance entre membres de la « grande société » (Popper). Il a notamment insisté sur le rôle des institutions juridiques, et en premier lieu du droit de propriété.

Mais comment naissent et évoluent les institutions, et le droit en particulier ? Le premier des trois volumes de Droit Législation et Liberté (de 1976 à 1979) établit la différence entre deux types d’ordre social. Un ordre créé est conçu et imposé par un homme, un groupe, ou une assemblée élue. Il est le pur produit de leur volonté de construire une société parfaite selon leurs plans. Par contraste un ordre spontané est celui qui épouse une évolution sociale permanente. Il n’est établi par personne, et par tout le monde à la fois. C’est en quoi il est spontané : il n’a pas d’origine précise, il est façonné par l’expérience des relations entre les hommes, à travers un processus permanent d’essais et d’erreurs. On a parlé de « darwinisme social » à ce propos.

La présomption fatale du constructivisme

La supériorité de l’ordre spontané tient à la complexité des sociétés modernes. Elles ne peuvent s’accommoder de la centralisation, car une organisation centrale ne peut saisir ni traiter toute l’information nécessaire. Les hommes ont une grande capacité à s’auto-organiser entre eux, et par contraste vouloir construire une société parfaite et imposer des règles sociales « par en haut » constitue une « présomption fatale ». C’est justement cette présomption qui domine le socialisme, et conduit à l’extension de l’Etat : sa législation n’a plus rien à voir avec le droit, elle s’abrite derrière des concepts vides de sens comme l’intérêt général, la souveraineté ou la justice sociale. Par exemple la justice sociale, dont personne ne sait rien, a pour effet immanquable de détruire la propriété et la liberté, et d’avancer sur la route de la servitude.



La route de la servitude
Publié en 1944, ce manifeste libéral dénonçant les totalitarismes du XXe siècle connaîtra un succès considérable. Selon Friedrich A. Hayek il n’'y a pas de différence de nature entre hitlérisme et stalinisme et il n’'y a qu’'une simple différence de degré entre la social-démocratie, le socialisme et le communisme, car toutes ces idéologies portent en elles une menace envers les libertés individuelles et publiques. « Si nous voulons construire un monde meilleur, nous devons trouver le courage de prendre un départ nouveau même si cela signifie reculer pour mieux sauter » conclut-il. Il nous faut donc abandonner « la route de la servitude », dénoncée dans l'’ouvrage et s'’engager sur celle de la liberté.
Droit, législation et liberté
Classique des sciences sociales et politiques du XXe siècle, cet ouvrage est considéré comme la « Bible » du libéralisme moderne et est commenté, à ce titre, dans le monde entier. Fondé sur une épistémologie originale mettant l'accent sur le caractère limité et dispersé des connaissances humaines, il développe les notions ' « ordre spontané de société » de « catallaxie » (économie d'échange) et de « démarchie » (terme équivalent à démocratie libérale). Ses trois parties traitent respectivement du droit, de l'économie et des institutions politiques. Il est édité en français en un volume unique dont la traduction a été entièrement revue et préfacée par Philippe Nemo.
Pour une vraie concurrence des monnaies
Comment garantir la stabilité monétaire ? Friedrich A. Hayek propose une réponse radicalement nouvelle à cette question. Selon lui, le contrôle par l'État de l'émission monétaire conduit à des crises économiques récurrentes. En 1976, Hayek défend au contraire, parallèlement aux monnaies nationales, l'émission de monnaies privées concurrentes. Des banques privées émettraient alors des monnaies distinctes et seraient incitées à stabiliser leur valeur, permettant sur le temps long une inflation bien inférieure à celle que nous connaissons depuis plusieurs décennies. L'ouvrage est écrit peu de temps après que les États-Unis ont rompu tout lien entre le dollar et l'or en 1971, laissant place au système monétaire contemporain fondé uniquement sur des monnaies-papier inconvertibles.
Pour Hayek, la réforme monétaire est urgente, car ce qui est en jeu n'est pas une question d'ordre purement technique, mais « le futur de la civilisation » : la création monétaire par les banques centrales sape le bon fonctionnement du marché et nourrit la croissance de l'État. L'avenir de la société libre est donc lié à celui du système monétaire.

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