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« La nouvelle censure emprunte le visage du progressisme »

Michel Erman s'interroge sur la liberté dans le monde contemporain : aujourd'hui Vladimir Nabokov pourrait-il publier Lolita ? Serge Gainsbourg chanter avec sa fille Lemon incest ? Pierre Desproges balancer sur les ondes des propos ironiquement sacrilèges ? Il est sérieusement permis d'en douter ! 

En apparence, nous aimons la liberté, particulièrement en France, mais nous la délaissons en nous laissant souvent enfermer dans des carcans.
Nous avons sans doute l'impression de mener notre vie comme nous l'entendons et de poursuivre des buts rationnels mais ne serions-nous pas sous la dépendance de nouveaux pouvoirs qui se sont installés sans que l'on s'en rende compte et qui nous poussent à une forme de servitude volontaire ? Selon moi, on en dénombre quatre : le contrôle de la parole dans l'espace public et son influence sur les mœurs (qu'il ne s'agit plus de libérer comme en 68 !), l'emprise des big data à l'ère digitale (instrument de sécurisation mais aussi de contrôle), le nouveau pouvoir de la science sur les corps, ses réalités et ses fantasmes (le transhumanisme) et, enfin, les accès de religiosité qui ont tendance à substituer les inclinations théologiques au droit. Devant ces quatre pouvoirs nous abdiquons souvent notre conscience, c'est-à-dire notre liberté de jugement, au profit de ces directeurs de conscience que sont le conformisme et le besoin de croire. Or la liberté ne s'use que si l'on n'en sert pas...


FIGAROVOX.- De l’annulation d’une conférence de Sylviane Agacinski à Bordeaux jusqu’à l’indignation après une «plaisanterie» d’Alain Finkielkraut, en passant par les innombrables pression des réseaux sociaux, que pensez-vous du climat actuel? Est-il exagéré de dire que nous assistons à l’émergence de «nouveaux visages de la censure», comme l’a titré Charlie Hebdo?
Michel ERMAN.- Nous vivons un moment de crise dans le rapport à l’altérité, donc de crise du pluralisme. La mode actuelle est à la diabolisation des opinions et des jugements quand des susceptibilités se sentent blessées au sujet des identités sociales, culturelles, religieuses ou sexuelles dont elles revendiquent le caractère absolu. Elles oublient qu’une identité ne saurait être idéalisée et figée - une telle conception mène inexorablement au rejet d’autrui - et qu’elle ne se définit qu’en relation dans une reconnaissance mutuelle, et ouverte sur une humanité partagée. Aujourd’hui, la revendication des différences bannit trop souvent la différence. S’ensuit bien sûr un refus de la confrontation des idées et des opinions et une mise en cause de cette liberté fondamentale qu’est la liberté d’expression, voire de création. Tout cela ne témoigne pas d’une très bonne santé démocratique. Ajoutons que cette nouvelle forme de censure emprunte le visage du progressisme prêché par des ligues de vertu, au nom de revendications identitaires faisant de leurs auteurs des victimes. C’est là un signe parmi d’autres de la crise que connaît la gauche sociale démocrate en renouant avec ses vieux démons, sectaires voire totalitaires, venus de la gauche marxiste.
Cinquante ans après mai 68 et la libération sexuelle, assiste-t-on à un retour du bâton de la libération sexuelle, visible notamment à travers le mouvement «Me Too»?
Je partage, bien sûr, la dénonciation de la violence exercée à l’encontre des femmes portée par MeToo mais force est de reconnaître que certaines revendications néo-féministes ont un aspect liberticide.
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