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Mathieu Bock-Côté : «Relire “Le terrorisme intellectuel”»


La France, dit-on, est le pays de la liberté. Dans le domaine des idées, cela reste à démontrer. Car sur la scène politique, culturelle et médiatique, tout se passe comme si un petit milieu détenait la vérité. En 1950, les élites exaltaient Staline. En 1960, elles assuraient que la décolonisation apporterait le bonheur outre-mer. En 1965, elles s'enflammaient pour Mao ou Fidel Castro. En 1968, elles rêvaient d'abolir toute contrainte sociale. En 1975, elles saluaient la victoire du communisme en Indochine. En 1981, elles croyaient quitter la nuit pour la lumière. En 1985, elles proclamaient que la France devait accueillir les déshérités de la terre entière. Dans les années 1990, ces mêmes élites affirmaient que le temps des nations, des familles et des religions était terminé. Pendant cinquante ans, les esprits réfractaires à ce discours ont été discrédités, et les faits qui contredisaient l'idéologie dominante ont été passés sous silence. C'est cela, le terrorisme intellectuel. Pratiquant l'amalgame, le procès d'intention et la chasse aux sorcières, cette mécanique totalitaire fait obstacle à tout vrai débat sur les questions qui engagent l'avenir.
Il y a quelques années à peine, une étrange rumeur circulait dans les rédactions parisiennes: la droite aurait remporté la bataille des idées. Elle serait désormais hégémonique et tous devraient s’en inquiéter. Il n’en était évidemment rien: le progressisme demeure la référence obligée dans le système médiatique. C’est lui qui détermine les paramètres de la réflexion collective autorisée. Ce discours alarmé recouvrait toutefois une réalité indéniable: nous avons assisté depuis un temps à l’apparition d’une critique de plus en plus affirmée de l’empire du politiquement correct. Structurellement minoritaires, condamnés à toujours justifier leur existence, soupçonnés des pires sentiments, les intellectuels qui s’y associent ont néanmoins conquis un espace significatif.
On ne saurait faire semblant que ce n’est rien. Des idées qui nous semblent aujourd’hui courantes étaient condamnées aux marges les plus infréquentables. De ce point de vue, la relecture du Terrorisme intellectuel (Éditions Perrin), un remarquable essai de Jean Sévillia, paru en février 2000, et dont on devrait célébrer les 20 ans ces jours-ci, permet de revenir aux premiers moments de ce qu’on appellera aujourd’hui la dissidence conservatrice. Le journaliste et historien racontait au fil des modes idéologiques l’emprise d’une caste intellectuelle sur le débat public. Retraçant ses délires successifs avecune documentation abondante, il notait très justement la persistancede l’intelligentsia dans l’erreur, s’expliquant essentiellement par sa fascination pour l’utopie. Toujours à la recherche d’une société nouvelle, purgée du mal, elle s’en veut à l’avant-garde et fantasme d’en finir avec ceux qu’elle voit commedes ennemis de l’humanité.
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