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Guillaume Perrault: «Le désarmement moral des Européens face à Erdogan»

Voilà une situation comme on en vit sans doute rarement dans l’histoire:
le chef d’État d’une puissance étrangère, Erdogan, qui insulte et menace les 27 pays de l’Union européenne, met ses menaces à exécution, et ne suscite de leur part, à ce jour, ni blâme fermement formulé, ni riposte diplomatique, ni sanctions commerciales. Comment, en Europe, l’homme de la rue n’éprouverait-il pas un sentiment d’humiliation devant un spectacle aussi stupéfiant?
L’idée d’engager un bras de fer, un conflit diplomatique avec un État étranger hostile semble devenue indicible et, partant, impensable pour les institutions européennes et les chefs d’État et de gouvernement de l’ouest de l’Europe.
On sait pourtant depuis l’Antiquité grecque que la confrontation est inhérente aux rapports entre États. Un corps politique, une cité se définit notamment par sa capacité à nommer ses ennemis et à les distinguer de ses alliés. Machiavel, dans Le Prince, recommandait d’être plutôt craint qu’aimé, choix «beaucoup plus sûr». Désirer être aimé, c’est se placer dans la dépendance d’autrui ; vouloir être craint, c’est placer les autres dans sa dépendance, expliquait le Florentin. En outre, «la crainte est maintenue par la peur du châtiment, qui ne vous abandonne jamais», à la différence de l’amour, plus aléatoire (chapitre XVII). Or dans le Discours sur la première décade de Tite-Live, Machiavel étend le même raisonnement aux relations entre États.
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