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Réconcilier le peuple et les élites autour de la nation


Ni droite, ni gauche ? Le monde de l'après-communisme n'est compréhensible que si on lui applique les manichéismes passés. C'est du nouvel ordre politique, entre libéralisme et populisme, que dévoile et retranscrit ici le reporter d'idées le plus pénétrant de sa génération.
Faut-il avoir peur des " démocraties illibérales " ? Emmanuel Macron est-il le héraut d'un avenir progressiste, ou le dernier samouraï d'un modèle à bout de souffle ? Et si l'âge des populismes, loin d'être une époque de désagrégation, était au contraire un moment de reconstruction ?
C'est à ces questions que tente de répondre Alexandre Devecchio en nous faisant voyager à travers le " nouveau monde populiste " : de l'Amérique de Donald Trump à la Grande-Bretagne de Boris Johnson, en passant par la France de Marine Le Pen et l'Italie de Matteo Salvini, jusqu'à la Hongrie de Viktor Orbán. Contestant le parallélisme entre les années 1930 et notre époque, il revient sur les étapes au cours desquelles, depuis la fin du communisme, les nations se sont vu retirer leurs prérogatives par des organisations supranationales, à commencer par l'Union européenne. Derrière la colère des peuples surgissent des notions politiques que l'on croyait révolues : retour des frontières, demande de protection, contestation du modèle économique dominant. Plus qu'une révolte et moins qu'une révolution : c'est une recomposition à l'oeuvre.
Un ouvrage magistral pour comprendre l'avènement d'une époque radicalement nouvelle.



Intervention d'Alexandre Devecchio, journaliste au Figaro, animateur du FigaroVox, auteur de Recomposition (Éditions du Cerf, 2019), lors du colloque "Quelle recomposition politique pour la France ?" du mardi 3 décembre 2019.


Je prendrai peut-être le problème autrement dans la mesure où je crois qu’on ne peut pas isoler la France du reste du monde. Ce que l’on constate en France, on le constate partout. C’est pourquoi mon livre s’intitule Recomposition, le nouveau monde populiste [1]. Je crois que nous sommes face à un phénomène global.

Trente ans exactement après la chute du Mur de Berlin (9 novembre 1989), nous sommes à l’heure des conséquences, non de la chute du Mur, qui était un événement heureux, mais du modèle qui a été choisi par les élites à cette période-là. En 1992, dans La fin de l’histoire et le dernier des hommes [2], Francis Fukuyama explique que la politique va disparaître, que la nation va disparaître et que la technocratie et le marché vont gouverner seuls un monde pacifié dans le vivre-ensemble planétaire. Trente ans plus tard, nous constatons que le scénario ne s’est pas réalisé comme prévu.

On avait promis plus de prospérité, notamment en Europe. Maastricht a été le laboratoire de ce nouveau monde globalisé dont ce traité devait être la quintessence. On nous avait promis au moment de Maastricht une prospérité économique, un multiculturalisme heureux. Il s’est passé exactement le contraire. Nous assistons à une paupérisation des classes moyennes et populaires. Aux États-Unis, l’espérance de vie des ouvriers blancs diminue. Les niveaux de vie ont stagné globalement. L’ouverture des frontières et le « mélange » des populations n’ont pas débouché sur plus d’ouverture mais au contraire sur des tensions communautaires. Il faut ajouter à la fracture sociale une fracture culturelle. Enfin, nous nous trouvons face à une crise de la démocratie avec un pouvoir qui, devenant supranational, s’est éloigné des citoyens. Et demain, dans ce modèle fondé en grande partie sur le libre-échange, nous pourrions affronter une crise écologique.

Donc, au bout de trente ans, les classes moyennes qui devaient être les grandes bénéficiaires de ce modèle et qui en font le bilan, se rendent compte que non seulement elles n’en ont pas bénéficié mais qu’elles en ont été les grandes perdantes. D’où un mouvement global de révolte des classes populaires et moyennes dans toutes les démocraties occidentales. On l’a vu en France avec les Gilets jaunes ; on l’a vu en Grande-Bretagne avec le Brexit ; aux États-Unis avec l’élection de Donald Trump ; on l’a vu en Italie avec la percée de Salvini ; on le voit même en Allemagne avec l’AfD.

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