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Jean Sévillia : “La dictature de la pensée n’a rien perdu de sa force”




Valeurs actuelles. Voilà vingt ans, vous faisiez paraître le Terrorisme intellectuel . Pouvez-vous nous raconter la genèse de cet ouvrage ?

Jean Sévilla.
 J'avais idée, au départ, d'écrire une histoire des intellectuels de droite. Mais en 1997, François-Xavier de Vivie, qui dirigeait alors les éditions Perrin et avait publié mes premiers livres, m'a proposé d'inverser le sujet et m'a suggéré un titre : le Terrorisme intellectuel . Nous avions souvent parlé ensemble de ce phénomène apparu dans les années d'après-guerre, lorsque les communistes dominaient les milieux intellectuels, phénomène qui consiste à délégitimer son adversaire en lui collant une étiquette et une image infamantes plutôt que de discuter ses arguments.

Le communisme sous sa forme stalinienne a passé, mais le phénomène s'est poursuivi alors que d'autres idéologies avaient successivement pris le relais : tiers-mondisme, libéralisme libertaire, droit-de-l'hommisme, antifascisme, antiracisme, multiculturalisme, ethnodifférentialisme, etc. À la fin des années 1990, il en résultait une doxa hégémonique dans le monde culturel et médiatique, doxa dont la force était telle que la classe politique dite de droite pliait devant ses oukases. À l'époque, beaucoup d'articles dénonçaient ce qu'on appelait “la pensée unique”, autre nom du politiquement correct, et maints ouvrages étaient disponibles sur un aspect particulier du phénomène, par exemple le complexe de culpabilité de l'homme blanc analysé par Pascal Bruckner, le persistant philomarxisme de l'intelligentsia occidentale disséqué par Jean-François Revel, l'interdit jeté sur la comparaison entre communisme et nazisme fustigé par Alain Besançon, ou encore la désinformation expliquée par Vladimir Volkoff.
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La France, dit-on, est le pays de la liberté. Dans le domaine des idées, cela reste à démontrer. Car sur la scène politique, culturelle et médiatique, tout se passe comme si un petit milieu détenait la vérité. En 1950, les élites exaltaient Staline. En 1960, elles assuraient que la décolonisation apporterait le bonheur outre-mer. En 1965, elles s'enflammaient pour Mao ou Fidel Castro. En 1968, elles rêvaient d'abolir toute contrainte sociale. En 1975, elles saluaient la victoire du communisme en Indochine. En 1981, elles croyaient quitter la nuit pour la lumière. En 1985, elles proclamaient que la France devait accueillir les déshérités de la terre entière. Dans les années 1990, ces mêmes élites affirmaient que le temps des nations, des familles et des religions était terminé. Pendant cinquante ans, les esprits réfractaires à ce discours ont été discrédités, et les faits qui contredisaient l'idéologie dominante ont été passés sous silence. C'est cela, le terrorisme intellectuel. Pratiquant l'amalgame, le procès d'intention et la chasse aux sorcières, cette mécanique totalitaire fait obstacle à tout vrai débat sur les questions qui engagent l'avenir.

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