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Nicolas Baverez : «Reconstruction économique et paix civile»


L’épidémie de Covid-19 n’accouche pas d’un nouveau monde, elle accélère les grandes transformations du XXIe siècle: la désintégration de l’Occident, l’ambition hégémonique de la Chine, la restructuration de la mondialisation en blocs régionaux, la révolution numérique. Elle renforce également la polarisation entre individus, entreprises, nations et continents.

La France figure parmi les principaux perdants. Elle est entrée dans cette crise très affaiblie: alors qu’elle peinait à surmonter les conséquences du krach de 2008, elle a été durement touchée par la vague des attentats djihadistes, par le mouvement des «gilets jaunes» puis par les grèves contre le projet de réforme des retraites. Elle se trouve aujourd’hui déclassée, cumulant la pire récession du monde développé avec une baisse de 12 % du PIB, le retour d’un chômage de masse touchant plus de 12 % de la population active et une dette publique culminant à 121 % du PIB à la fin de 2020.

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Il ne s’agit plus de réformer, mais de reconstruire notre économie. Or cette reconstruction est rendue impossible par l’explosion de la haine sociale, la décomposition de l’État, la remise en cause des institutions et des valeurs de la République. Les forces qui minent la société explosent avec le déconfinement. La dynamique de ressentiment et de violence qui fut libérée par la jacquerie des «gilets jaunes» redouble d’intensité, renouant avec le rituel des saccages en marge des manifestations. Les affrontements communautaires s’ajoutent aux guerres entre gangs liées au trafic de drogue, comme on le voit à Dijon ou à Nice. Les dérives identitaires et la perversion de l’antiracisme débouchent sur une entreprise totalitaire de réécriture de l’histoire et sur la négation des principes républicains, au premier rang desquels l’égalité et la fraternité.

Il ne suffit pas de réassurer l’économie en soutenant les entreprises et les revenus. Il est essentiel de garantir la paix civile qui constitue, avec la défense de la souveraineté de la nation, la responsabilité première de l’État. Or celui-ci se trouve, comme l’armée française en juin 1940 face aux chars de Guderian, paralysé par la médiocrité de son commandement, par sa défaillance stratégique et par son carcan bureaucratique.

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