Jérôme Bascher et Éric Delbecque : Comment instaurer un véritable patriotisme économique ?


La crise liée au Covid-19 a montré les limites de la mondialisation. À rebours des dogmes européens sur le bénéfice pour le consommateur des échanges comme seul prisme de lecture, certains découvrent que les théories de la concurrence pure et parfaite révèlent des pratiques ni pures, ni parfaites.

Il ne saurait s’agir de fermer les frontières. Il s’agit en vérité de recouvrer une souveraineté par des libres échanges choisis, maîtrisés, équilibrés. Certains naïfs estiment que notre nécessaire souveraineté consiste à pouvoir produire sur le territoire national le triptyque médicaments, vêtements, nourriture. Consommer local et circuits courts voilà la nouvelle doxa… qui oublie par exemple l’énergie qui n’est pas toute renouvelable! La vieille autarcie des années 1930 est habillée aujourd’hui d’habits verts, rouges ou noirs… Il convient, de façon plus nuancée et plus efficace, de retrouver de la liberté stratégique, qui ne se confond pas avec une totale autonomie mais avec une authentique indépendance, c’est-à-dire avec la capacité à refuser les dépendances fabriquant mécaniquement de l’insécurité nationale.