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Jean-Philippe Delsol : Egalité des chances, ce que le passé (ou l'étranger) nous apprend sur ce qui marche vraiment



Atlantico.fr : En quoi le regard que l’on porte sur l’égalité des chance impacte l’égalité elle-même ?

Jean-Philippe Delsol :
Bien sûr il faut être attentif à ceux qui n’ont pas leur autonomie, enfants ou adultes handicapés notamment, auxquels la collectivité doit faciliter l’expression de leurs droits. Chaque être humain a, en tant que tel, un droit à l’existence et un droit à être secouru dans les circonstances où malgré lui il en a une nécessité. Ce sont les cas rares où des droits créances se justifient, des droits sur les autres, sur la communauté, pour autant que le créancier n’abuse pas de ses débiteurs. C’est ce que traduit l’égalité des chances offerte à ceux qui n’ont pas les moyens physiques ou mentaux, et financiers, pour leur permettre d’accéder au niveau des autres. Mais l’égalité des chances est à manier avec d’infinies précautions tant elle recèle de nombreux pièges :

  • L’égalité des chances peut nuire à ceux auxquels elle bénéficierait trop longtemps au point de les infantiliser. C’est pourquoi, par exemple, elle ne devrait être étendue qu’avec beaucoup de précaution et de réserve aux étudiants capables de gérer leur avenir, car il n’est pas anormal que ceux qui ont la chance de pouvoir faire des études fassent des efforts pour y accéder en empruntant ou en travaillant un peu pour payer leurs études qui leur permettront de gagner leur vie mieux que les autres qui n’ont pas eu cette chance.
  • Elle est souvent illusoire car elle fait croire qu’il suffit de plus de moyens et d’argent pour assurer l’égalité de tout avec tous en tout. Mais la nature humaine est diverse comme les capacités et les talents. Ceux qui malgré l’aide qu’on leur accorde ont du mal à réussir leurs examens auront donc toujours tendance à penser qu’on ne leur a pas donné assez et ils militeront pour une politique du « toujours plus » d’argent public ruineuse pour toute la société. Mais surtout ils seront déçus de ne pas obtenir ce qu’on leur avait promis et ils seront aigris.
  • Ils le seront plus encore quand l’égalité des chances aura conduit à une politique de discrimination dite « positive » qui conduit à donner des diplômes au rabais à des gens qui dans la vraie vie seront disqualifiés et gonflés de ressentiment. Une telle politique donnant plus de droits à certaines minorités raciales ou sexuelles ou à certaines catégories plus pauvres de façon à imposer l’égalité promet une égalité factice, artificielle et dès lors méprisée
  • L’égalité des chances à l’école conduit inexorablement depuis des décennies à une égalité par le bas et à l’abandon du suivi des enfants livrés à eux-mêmes en dehors des heures de cours souvent de plus en plus rares. La perversité est à son comble chez ceux qui veulent étendre cette égalité par le bas à toute la société en accordant à tous un revenu dit universel, comme une manne tombant du ciel étatique, en leur faisant croire que le travail n’est pas une nécessité.

L’égalité des chances fait toujours courir le risque que la société soit toute entière déresponsabilisée, comme l’est une grande partie de la France d’aujourd’hui qui ne paye plus elle-même ses cotisations de sécurité sociale, de retraite et d’assurance chômage, pas plus que l’école de ses enfants ou l’Ephad de ses parents. Elle enfonce insensiblement les gens dans un collectivisme doux qui les enchaine plus qu’il les libère. A vouloir faire le bien des hommes à leur place, l’Etat dévore ceux qu’il nourrit, il détruit l’homme dont l’être est par essence dans la liberté de découvrir et devenir ce à quoi il est appelé, dans une liberté qu’il doit acquérir par lui-même, à défaut de quoi elle ne serait plus sa liberté et ne lui permettrait plus d’être lui-même. Pour que tous aient les mêmes chances, il faudrait changer l’homme lui-même, réduire tous les hommes à des clones.

Lorsqu’elle est étendue au-delà du cercle étroit de ceux qui peuvent y prétendre au regard de leur incapacité, l’égalité des chances produit des artistes médiocres et des étudiants moyens, elle dévalorise le travail et le risque. Il vaudrait mieux lui substituer les mille et une facilités qui pourraient permettre à ceux qui sont sans diplômes et/ou sans travail de se lancer dans une activité, leur garantir les droits d’ouvrir une boutique sans avoir tout de suite à payer des tributs à l’Etat, aux caisses sociales ou aux collectivités locales, des droits de créer des spectacles et de les présenter au public sans avoir à respecter trop de règlements inutiles.

L’Etat pour sa part a une vraie vocation à assurer à tous une égalité en droit et à garantir, pour ce faire, la sécurité de tous. Cela profitera plus aux pauvres tant il est évident que les zones de non droit sont plus préjudiciables à ceux qui y vivent ou les côtoient qu’aux habitants du 7ème arrondissement de Paris, ce très chic quartier où le Haut Conseil pour l’Egalité a implanté ses locaux ! L’Etat a pour mission de mettre en place l’environnement qui permet à tous ceux qui le veulent de grimper l’escalier social qui n’est jamais facile mais que ceux qui s’y aventurent aujourd’hui doivent monter avec les sacs de plomb sur le dos que sont autant de règlementations, d’interdictions, de limitations et cet égalitarisme de papier qui désapprend l’effort et le travail au risque d’accroître la pauvreté. En allant au-delà de ses missions et toujours plus loin, l’Etat dénature ses missions et les exerce mal ; pire, en outrepassant son rôle, il ampute chaque citoyen capable de créer ses chances, de s’élever par lui-même.


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