Franck Ferrand : "La présence des chrétiens au Liban est un symbole de la vivacité de l’Église d’Orient"


La double explosion du 4 août dernier à Beyrouth a plongé le Liban dans une profonde crise sociale, économique, sanitaire et politique. Une dizaine d’églises ont été ravagées, dont la grande cathédrale maronite Saint-Georges. Alors que les chrétiens sont tentés par l’exil, l’historien Franck Ferrand appelle à les soutenir « à la fois sur le plan matériel, mais aussi patrimonial ».

Aleteia : Quatre mois après le drame, quels sont les besoins les plus urgents de la population ?
Franck Ferrand :

Ce sont des besoins de tous ordres. Nous ne pouvons bien sûr pas subvenir à tout. L’AED s’intéresse particulièrement au sort des chrétiens et les aide à parer au plus pressé. C’est un soutien à la fois matériel – il y a des secours à apporter dans tous les domaines -, mais aussi sur un plan plus patrimonial, puisqu’il s’agit de les aider à reconstruire leurs églises, à rendre leurs lieux de cultes à leur destination. Je pense bien entendu tout particulièrement à la cathédrale Saint-Georges de Beyrouth, qui a été soufflée par l’explosion.

Pourquoi la restauration de cette magnifique cathédrale maronite, construite en 1755, est-elle prioritaire ?

Il s’agit d’un côté d’un lieu de culte essentiel, d’un élément majeur de la vie quotidienne des chrétiens libanais. C’est aussi un symbole. En soufflant cette cathédrale, ces vitraux, en emportant ces portes, en la mettant dans l’état dans lequel elle se trouve aujourd’hui, c’est la tête même de l’Église maronite qui se trouve atteinte. Ce symbole est essentiel pour eux et il faut toujours commencer par ce qu’il y a de symbolique. Le symbole, c’est ce qui réunit et ce qui rassemble.