Dans les années 1970, les médias annonçaient un refroidissement climatique global
« La prévision est difficile surtout lorsqu’elle concerne l’avenir »
Le refroidissement en cours du climat mondial alarme les experts agronomes de tous les États. Car il menace les zones tempérées d’une baisse nette des récoltes, peut-être aussi de catastrophes agricoles et donc d’une famine sans précédent. Remède possible : faire fondre l’Arctique.
Sciences et Vie- N°681 (juin 1974)
Newsweek a aussi annoncé une catastrophe climatique imminente, dans un article de 1975 intitulé « The cooling world ».
Le texte intégral de l’article de Sciences & Vie a été publié par le site Transpol’Air. À l’époque le GIEC n’existait pas, et les climatologues étaient appelés climatologistes.
Nous en reproduisons ci-dessous quelques morceaux choisis.
Extraits de l’article d’Alexandre DOROZYNSKI (texte et images) intitulé « Le climat de la terre est en train de changer » paru dans le N°681 du magazine Science et Vie de juin 1974 (les intertitres sont de la rédaction du site des climato-réalistes).
[…] le refroidissement progressif de la température depuis quelques années, l’augmentation des surfaces d’enneigement dans l’hémisphère nord, ne sont pas des coïncidences, ni des « accidents de parcours » qui interrompent de façon transitoire la stabilité du climat mondial. Les experts de la climatologie, réunis le mois derniers à San Francisco, pensent que ces phénomènes reflètent une tendance actuelle de modification fondamentale du climat.
[…] avec une inquiétude qui veut éviter l’alarmisme, la plupart des climatologistes…s’accordent pour constater que les circonstances actuelles pourraient présager une disette imminente, voire une famine, sur une vaste échelle.
Un accroissement spectaculaire de l’étendue de la banquise arctique
L’événement climatique primordial, était que pendant les trois dernières années (de 1971 à 1973), les zones de neige et glace se sont considérablement plus étendues que durant les sept années antérieures. Et toujours plus tôt, chaque année.
[…] en 1971, cette surface augmentait de 4 millions de km carrés ; il suffirait de sept augmentations de la même importance pour que nous nous retrouvions avec une couverture de neige et de glace aussi importante qu’elle l’était lors de la dernière période glaciaire.
Cette variation est d’autant plus importante qu’elle se manifeste par une diminution du montant total d’énergie solaire absorbée par la terre. En effet….un terrain couvert de neige ou une surface de glace perd par réflexion environ 80% de l’énergie incidente. Et il y a, pour ainsi dire, un « effet boule de neige » plus il y a de neige, plus il fait froid, plus il tombe de neige.
L’hémisphère nord, où la surface des terres émergées est bien plus importante que dans l’hémisphère sud, est particulièrement sensib1e à ces variations. Dans cet hémisphère, la surface totale couverte de neige ou de glace était de 32,9 millions de km carrés en 1968 ; elle a passé brusquement à 36,9 millions en 1971, et a oscillé depuis lors entre 36,7 et 37,5 millions de km carrés.
[…] les extrêmes anomalies climatiques qui ont été observées depuis deux ou trois ans sont reliées à cette perte d’absorption d’énergie solaire. Ces anomalies, selon l’Organisation Météorologique Mondiale, étaient nombreuses : grande activité cyclonique sur 1’Atlantique Nord et L’Europe occidentale; basse pression atmosphérique dans les tropiques et les sub-tropiques; températures anormalement basses dans certaines régions ; fortes précipitations en Asie de L’Est et le long du Pacifique, et en Amérique du Nord ; sécheresse ailleurs, notamment en Afrique occidentale.
Le courant-jet qui se déplace vers le sud
[…] depuis quelques années, la ceinture circumpolaire Nord s’est rapprochée de l’Equateur d’un millier de kilomètres. Les vents nouveaux sont donc descendus d’autant et ils ont, de la sorte, érigé un front contre les moussons dans des régions où celles-ci étaient indispensables à la survie d’immenses populations. Par ailleurs, en affectant le régime des pluies et en faisant descendre la ceinture des hautes pressions ils ont rendu le climat plus instable et en général plus froid.
Une possibilité, suggérée il y a quelques années, est de faire fondre une partie de la couche de glace, épaisse de 2 à 3 m, sur l’océan Arctique. Un océan « ouvert » tempérerait le climat arctique, provoquant dans ces régions une augmentation de température de 10 à 15 °C.
L’un des moyens suggérés pour faire fondre cette masse de glace est de répandre à sa surface des particules sombres (de la suie, par exemple) pour augmenter l’absorption de la radiation solaire. On pourrait envisager également une série d’explosions thermonucléaires « propres » pour rompre la glace et faire remonter vers la surface des eaux plus chaudes.
L’influence du magnétisme terrestre sur le vent solaire
Certains chercheurs (dont le Pr. King, des laboratoires Appleton, en Angleterre) ont tenté d’établir une relation de cause à effet entre le champ magnétique et le climat. L ‘hypothèse la plus courante est que le magnétisme terrestre influerait sur le vent solaire, cette pluie de radiations qui provoque des altérations au niveau des diverses couches de l’atmosphère. Ces corrélations, selon King, sont tellement nombreuses qu’elles devraient faire l’objet de recherches dans une science nouvelle qu’il propose d’appeler la « magnéto météorologie ».
Rappelons aussi que c’est en 1968 qu’est sorti le livre de Paul Ehrlich, « The population Bomb », qui expliquait que l’humanité allait mourir de faim : « Au cours des années 1970, des centaines de millions d’êtres humains vont mourir de faim […] D’ici à 1985, l’humanité entrera dans une ère de pénurie des ressources et de pauvreté croissante. »
Comme le disait Pierre Dac, « La prévision est difficile surtout lorsqu’elle concerne l’avenir ».
C’est Newsweek qui annonce cette catastrophe, dans un article de 1975. Le refroidissement climatique est causé par l’homme et, en 2000, le monde connaîtra un nouvel âge glaciaire. Il y a urgence à agir, et cette lourde tâche revient aux hommes politiques. Mais on doute de leur volonté de créer de nouvelles taxes et de nouveaux impôts pour éviter le pire. « Les climatologues sont pessimistes quant à la volonté des leaders politiques de prendre des décisions permettant de contrebalancer les changements climatiques, voire d’en ralentir les effets. Ils admettent néanmoins que l’une des plus audacieuses solutions proposées, tel que faire fondre la calotte glaciaire en la recouvrant de suie noire ou encore détourner les fleuves de l’Arctique peuvent créer de bien plus grands problèmes. »
Le très sérieux Time avait déjà alerté ses lecteurs sur le refroidissement à venir. C’était en 1972. Il mentionnait des scientifiques qui constataient un accroissement de la calotte glaciaire et une diminution des températures depuis 1940. Il y a un refroidissement global, disait-il, et nous sommes à la veille d’un nouvel âge glaciaire. La preuve : entre 1945 et 1970, les températures n’ont cessé de baisser. De quoi effrayer les lecteurs. Cinq ans plus tard, Time réitérait ses propos avec une couverture-choc « Le Grand Froid » (The Big Freeze). En photo, un homme en passe-montagne rouge, tel un lanceur d’alerte, transi de froid et de glace. Si la Guerre froide connaissait un dégel, le monde lui se refroidissait. Il fallait bien trouver un nouvel ennemi. Journalistes et scientifiques étaient mains dans la main pour alerter sur cet imminent refroidissement. En 1977, un groupe de scientifiques regroupés sous le nom d’Impact Team publia La conspiration climatique. La venue du nouvel âge glaciaire. La couverture annonce même que le livre contient deux rapports de la CIA sur le sujet. On ignorait que les enquêteurs de la CIA étaient aussi des climatologues avertis.
En 1978, c’est le Los Angeles Times qui publie un article annonçant le refroidissement dans les trente années à venir. Décidément, l’an 2000 s’annonce bien sombre, entre crise climatique, guerre nucléaire et invasions extraterrestres. À défaut de rigueur scientifique, les Américains témoignent de leur grande imagination pour inventer des scénarios catastrophes.
Aucune catastrophe n’est venue. De quoi refroidir les prédictions alarmistes qui, pourtant, reviennent toujours.
En ce milieu d’été, la France connait un nouvel épisode caniculaire. La peur du réchauffement climatique est agitée partout et les prévisions les plus catastrophiques encombrent les écrans de télévision. Rares sont les scientifiques spécialisés à qui l’on donne la parole et les voix discordantes, pourtant très nombreuses, ne sont pas médiatisées.
Dans les années 1970, les mêmes médias évoquaient le refroidissement climatique à venir. Leur erreur devrait inciter à la prudence et à la modestie quant aux prévisions faites pour le futur. Cet article fut publié dans le numéro de janvier 2016, dans la rubrique « Boule de cristal ». Il nous rappelle que l’homme est souvent petit face à des événements qui le dépassent.
C’est aussi une invitation au débat rationnel et au dialogue alors que, très souvent, le débat public tombe dans l’hystérie et les attaques. On refuse d’entendre la position des autres, de comprendre les arguments différents ; on s’arrête à des titres et des slogans sans aller au fond des sujets. Ce manque de tolérance et d’ouverture empêche toute réflexion saine et rationnelle, alors que sur des sujets aussi importants que l’environnement et la protection des générations futures, la science, la compréhension et l’analyse rationnelle devraient primer.