Ivan Rioufol: «L’État divise davantage la France morcelée»
L’ingéniosité de la bureaucratie ne s’applique qu’à compliquer la vie des dissidents à l’Ordre sanitaire. Un fiché S est moins contrarié dans son quotidien qu’un anti-passe. La menace islamiste mobilise moins que la menace sanitaire.
Un nouveau séparatisme fracture la nation: il oppose les partisans de la sécurité sanitaire à tout prix à ceux, minoritaires, qui voient dans cette panique disproportionnée une névrose collective. Or l’État, qui dit vouloir lutter contre le séparatisme islamiste et sa contre-société, ne fait rien pour rétablir prioritairement ce lien intime entre Français, qu’il a contribué à rompre jusque dans des familles. Le 12 juillet, annonçant son plan anti-Covid, Emmanuel Macron promettait de «rester unis, sereins et déterminés». En réalité, l’hystérie hygiéniste a atteint le mental de la société. Le Pouvoir défend légitimement ses mesures de protection contre le virus, approuvées majoritairement par l’opinion. Néanmoins, en excluant le débat, le gouvernement attise l’expression d’une contestation populaire qu’il espère lassante et répulsive. Cette perversion abîme le fragile «vivre ensemble».