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Le courrier des stratèges

Afghanistan : Apocalypse now - Par le Colonel (er) Gilles LEMAIRE

Tous les observateurs s’accordent pour décrire l’irruption inattendue des talibans dans Kaboul, capitale non défendue, comme une grave défaite de l’Amérique et de l’occident. Cet événement met un terme dans un chaos indescriptible à une guerre de vingt ans qui opposa la plus puissante armée du monde à quelques dizaines de milliers de combattants en sandales ne disposant essentiellement que d’armes légères. Patience et longueur de temps d’une foi obscurantiste ont eu raison de la supposée force de la démocratie.


Les questions restent nombreuses et les explications plus encore.

La première tient au choix inconséquent de quitter l’Afghanistan, sans conditions fiables, exercé par une Amérique toute puissante, choix arrêté sans concerter ses alliés embarqués dans l’aventure.

Plusieurs raisons sont invoquées, tout d’abord le coût exorbitant d’une guerre qui ne semble jamais devoir finir, tant sur le plan économique que celui des pertes humaines. Il y a enfin celui d’un nécessaire recentrage de la puissance américaine vers l’Asie devant l’irrésistible montée de la Chine

La raison économique semble évidente au regard des chiffres invoqués. On jette en pâture les chiffres de 2 000 milliards dépensés en vingt ans, de 82 milliards d’aide militaire dispensés à l’armée nationale laborieusement mise sur pied et bien naturellement des pertes américaines sur le théâtre, pertes qui sont bien inférieures, observons-le, à celles du Vietnam[i].
Le facteur économique domine depuis toujours la politique étrangère et la stratégie de l’Amérique. Les américains sont attentifs aux dollars dépensés, à l’image du « Greedy »[ii] Oncle Picsou. Ainsi en a-t-il été en 1917, lorsque le pays s’est rendu compte qu’il avait trop prêté aux alliés pour les laisser perdre la guerre. Ils sont alors arrivés en Europe pas tout à fait comme alliés mais comme « puissance associée ».
La même motivation produit le même résultat lors du deuxième conflit mondial où l’on ne s’est pas engagé immédiatement mais où l’on a dispensé la loi « prêt-bail » pour soutenir les alliés, cette loi les rendant à terme redevables. Cet embrasement prévisible résultait du refus de ratifier les termes du traité de Versailles que leur Président américain avait pourtant régenté en se drapant des forces de la morale du nouveau monde échappant aux turpitudes de l’ancien.
Après 1945, l’armée soviétique de l’oncle Joe est sur l’Elbe, prolifique, mais l’on se dépêche de rembarquer les boys[iii]. Sur la sollicitation pressante des deux membres de l’Entente cordiale, France et Angleterre, réanimée d’urgence devant cette nouvelle vacuité[iv], il faudra enfin revenir pour signer le traité de l’Atlantique Nord en 1949. La reconstruction du monde assure alors la prééminence américaine en matière économique grâce aux accords de Bretton Woods qui instituaient le dollar comme monnaie de réserve internationale. Le décrochage du dollar par rapport à l’or le 15 août 1971, et même la crise des subprimes de 2008, ménagent cette primauté qui autorise les Etats-Unis à user de la planche à billets de manière inconsidérée. Le pays paye ainsi son budget militaire qui est le plus élevé dans le monde[v] tandis que sa dette ne cesse d’augmenter[vi] menaçant ainsi à terme le bon fonctionnement du système financier international devenu instable et toujours en sursis de la crise à venir.

Le « gendarme du monde » démissionne mais son argument budgétaire est peu crédible. L’Amérique prétend avoir trop dépensé. Cependant, il faut relativiser les chiffres et les mettre en relation avec le train de vie ordinaire du budget américain. A titre de comparaison, le plan de relance du président Biden voté en mars dernier se monte à 1900 milliards de dollars, chiffre comparable au chiffre sus-évoqué pour l’intervention afghane mais portant sur les mois à venir et non sur deux décennies. Incontestablement l’Amérique a mal géré et contrôlé ces dépenses. On reste par exemple stupéfait devant l’annonce de l’existence tout au long du conflit des unités « passe-volant » afghanes au su de l’administration américaine. On peut se demander si le terme de corruption dont on afflige le faible gouvernement afghan ne doit s’appliquer qu’à celui-ci[vii].

A l’exception certes essentielle de la Guerre froide, l’Amérique semble avoir perdu toutes les guerres depuis 1945. La guerre de Corée s’est terminée sur un pat diplomatique, la longue guerre du Vietnam traumatise encore la mémoire du pays, et après le 11 septembre suivi de l’invasion de l’Afghanistan, les interventions terminées sans gloire en Irak et en Syrie. Quelles que soient les considérations concernant l’aptitude de l’appareil militaire américain à mener les conflits de faible intensité - il y a beaucoup à dire, en effet, à propos des défaillances opérationnelles – il faut bien considérer que c’est la stratégie générale qui est en cause.

Est ainsi évoqué le nécessaire recentrage vers l’Asie où monte la menace Chinoise.

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