Guerre en Ukraine : avons-nous encore peur de la bombe ? - Par Alexis Feertchak
Depuis un an, l’armée russe patine en Ukraine. Si elle n’arrive plus à avancer, elle parvient toutefois à se maintenir et à conserver une puissance de feu et de pression, ce que peu d’armées au monde sont capables de faire. Surtout, elle dispose de l’arme nucléaire ; menace qu’elle fait peser depuis les débuts de l’opération en Ukraine.
L’issue de la guerre en Ukraine est toujours inconnue, mais les faiblesses de l’appareil militaire russe sont déjà apparues au grand jour. Des missiles hypersoniques Kinjal, tant vantés par Vladimir Poutine lors de son discours de 2018 sur les armes « invincibles » de la Russie, ont été interceptés dans le ciel ukrainien par des batteries de Patriot américains. Les chars flambants neufs paradant sur la place Rouge ont fait long feu. Désormais, les Russes sortent de leur réserve d’antiques T-54, T-55 et T-62, les deux chiffres se rapportant à l’année d’entrée en service de ces modèles… Tout ce qui est excessif étant insignifiant, il serait réducteur de parler d’une armée Potemkine. La Russie réussit malgré tout à maintenir dans la durée une puissance de feu colossale et a su s’adapter à certains endroits au cours de la guerre, par exemple dans l’usage des drones. Hormis les États-Unis, ou peut-être la Chine, aucun autre pays n’aurait les ressources militaires suffisantes pour tenir depuis plus d’un an un tel conflit, qui consomme plus de 10 000 obus chaque jour.